DU BORE CRISTALLISÉ OU DIAMANT DE BORE
Je crois devoir donner dans ce chapitre les propriétés et le mode de préparation d’une matière très-curieuse, et, selon moi, susceptible de certaines applications. Elle s’obtient aujourd’hui exclusivement avec l’aluminium, de sorte que sa place se trouve toute marquée à la suite des applications de l’ aluminium.
Le chapitre qu’on va lire est extrait du travail que M. Wohler et moi nous avons récemment publié sur cette matière dans les Annales de Chimie et de Physique.
L’acide borique est une matière très-commune qui entre dans la composition du borax et qu’on retire en quantité considérable des lagoni de la Toscane. Le radical de l’acide borique est le bore, tout à fait comparable au charbon par ses propriétés physiques. Il affecte trois formes distinctes : dans l’une il est l’analogue du charbon de bois; dans la seconde, il ressemble au graphite ou plombagine, enfin dans la troisième, il est l’analogue du diamant.
On prépare cette troisième forme du bore, qui est au iiore amorphe ce que le diamant est au charbon commun, en faisant réagir l’aluminium sur l’acide borique : on met dans un creuset de charbon de cornues 8o grammes d’aluminium en gros morceaux et loo grammes d’acide borique fondu en fragments. Le creuset de charbon est introduit avec de la brasque dans un creuset de plombagine de bonne qualité, et le tout est mis dans un fourneau
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a vent qui puisse fondre facilement le nickel pur. On maintient la température à son maximum pendant cinq heures environ, en ayant bien soin d’enlever avec un ringard toutes les scories qui embarrassent la grille. Après le refroidissement on casse le creuset, et on y trouve deux couches distinctes : l’une vitreuse, composée d’acide borique et d’alumine; l’autre métallique, caverneuse, gris de fer, hérissée de cristaux que l’on reconnaît facilement à leur éclat : c’est de l’aluminium imprégné de cristaux de bore dans toute sa masse. Toute la partie métallique est traitée par une lessive de soude moyennement concentrée et bouillante qui dissout l’aluminium, puis par l’acide chlorhydrique qui enlève le fer, enfin par un mélange d’acide fluorique et d’acide nitrique pour extraire les traces de silicium que la soude aurait pu laisser mélangé avec le bore.
Cependant le bore n’est pas encore pur; il contient à l’état de mélange des plaques d’alumine que l’on peut enlever mécaniquement dans la plupart des cas, sinon il faut employer le procédé suivant, qui est applicable aux plaques d’alumine pénétrées de cristaux de bore, et dont on veut extraire ces cristaux, qui sont quelquefois fort beaux. Il arrive souvent que la digestion un peu prolongée avec de l’acide fluorhydrique provoque la dissolution de l’alumine : quand il n’en est pas ainsi, on fond le bore mélangé d’alumine avec de l’acide phosphorique vitreux en maintenant au rouge le creuset de porcelaine où se fait l’opération. Il faut une température très-élevée pour que le bore adamantin décompose l’acide phosphorique, et on est averti alors par le dégagement d’un peu d’hydrogène dont la flamme est colorée par le phosphore. On extrait du creuset le mélange que l’on vient de préparer pendant qu’il est encore chaud et fondu, sansceladl faudrait cas-