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AI\ALYSE DE L’ALUMINIUM DU COMMERCE

L’aluminium du commerce et ses alliages peuvent contenir les éléments suivants :

Chlore,

Fluor,

Silicium,

Aluminium,

Fer,

Sodium,

Zinc,

Cuivre,

Argent.

€!iiioi*e. — Pour doser le chlore qui se trouve dans raluminium, on dissout i a 2 grammes de métal dans la soude caustique et pure, on sature par de l’acide nitrique qu’on ne doit mettre qu’en très-léger excès, on filtre et on ajoute quelques gouttes de nitrate d’argent pour précipiter le chlore a l’état de chlorure d’argent que l’on pèse après un lavage prolongé.

Fluor. — On dissout encore l’aluminium dans la soude, puis on filtre (on a soin de n’employer que des quantités restreintes de réactifs, de soude en particulier), et l’on sature à peu près par de l’acide sulfurique pur : il faut avoir soin de laisser un très-léger excès d’alcali, sans séparer raluïnine qui se sépare au moment où on va

AJ^ALYSE DE L’aEUMIINIüM DU COMMEUCE. I 55 atteindre le point de saturation complète. On évapore le tout dans un creuset de platine, et lorsque la matière est sèche, on l’arrose avec de l’acide sulfurique pur et on chauffe en recouvrant le creuset avec une lame de verre couverte d’un vernis sur lequel on a tracé des lignes régulières avec une pointe de cuivre. Une plaque de quartz préparée de la même manière convient mieux, d’après les observations de M. Nicklès; on s’en servira si on en possède une. En chauffant le creuset de platine on dégagera des vapeurs d’eau mélangées d’acide fluorique qui viendront se condenser sur le verre ou le quartz et le graveront d’une manière visible si l’aluminium contient du fluor. On détachera le vernis restant avec un peu d’alcool et on cherchera s’il y a une trace sensible des dessins qui ont été faits sur le vernis. Quelquefois en couvrant le verre d’épreuve avec l’haleme d’un peu d’humidité, ces traces deviennent plus apparentes.

Silicium. — On attaque l’alum^ium par de l’acide chlorhydrique pur et on évapore à sec dans un vase de platine; il reste un mélange de silicium, de protoxyde de silicium et de silice (i) insolubles qu’on sépare par décantation ou par le filtre. Ce mélange de matières siliceuses est ensuite calciné avec le filtre dans un vase de platine taré et à une basse température. Souvent on voit une petite flamme se produire sur quelques points de la masse par suite de la production, aux dépens du protoxyde de silicium, d’un peu d’hydrogène silicié qui brûle (2). Le protoxyde de silicium alors a complètement

(1) L’évaporation dosa liqueur est indispensable pour rendre insoluble la ([uantité très-notable de silice qui reste dans la liqueur à cause de la présence de l’acide chlorhydrique.

('2) 11 y a ainsi une petite perte qu’on évite en mouillant la matière avec de l’ammoniaque avant de la calcinej-.

1 ^ eu A i ï l; E IN l<: U V 1 È M E .

disparu et on pèse le mélange de silice et de silicium. Cela faU, on le traite par un pcui d’acide fluorhydrique étendu qui dissout la silice et laisse le silicium qu’on lave avec soin. Une nouvelle pesée donne le poids du silicium restant et par suite le poids de la silice avec laquelle il était mélangé. On a ainsi tout ce qu’il faut pour calculer le silicium de la matière essayée.

^odiiina. — Les autres éléments se dosent avec la matière même qui reste après qu’on a séparé la silice et le silicium. On mêle cette liqueur avec un grand excès d’acide nitrique, et on évapore dans une capsule de porcelaine couverte par un entonnoir de verre, de manière à tout transformer en nitrates qu’on transporte dans une capsule de platine : on réduit à sec et l’on calcine légèrement sur le bain de sable, la capsule étant couverte, jusqu’à ce que d’abondantes vapeurs nitreuses se produisent sur tous les points de la masse. On laisse refroidir et on mouille la matière sèche avec une solution de nitrate d’ammoniaque additionnée d’ammoniaque. On chauffe jusqu’à ce que toute odeur d’ammoniaque ait disparu, et on reprend par l’eau et séparant par décantation toutes les matières solubles. On décante pour plus de précaution sur un filtre. On a ainsi une liqueur A qui contient le sodium provenant de l’aluminium, et un produit insoluble B, mélange d’alumine, de fer, etc.

A la liqueur A on ajoute une goutte d’oxalate d’ammoniaque qui quelquefois sépare une trace de chaux, indice de la présence de fluorure de calcium dans les scories dont peut être imprégné un mauvais métal.

On évapore ensuite dans une capsule de platine tarée, (‘I lorsqu’on n’a plus que du nitrate d’ammoniaque dans la capsule, on la recouvre d’un entonnoir et on cbaufl‘(‘ à 200 ou 3oo degrés pour décomposer le nilrate d’am-

ANALYSIl I)I: L ALUAIIINIUM DU COMMKUCi:. i 57 moniaque. Il reste alors du nitrate de soude qu’on mouille avee quelques gouttes d’eau sur lesquelles on inet quelques eristaux d’acide oxalique; on sèche, on calcine, et il reste du carbonate de soude qui doit être imprégné d’un peu de charbon provenant de la décomposition irrégulière de l’oxalate de soude. On le dissout dans l’eau, et cette dissolution doit être claire, sinon on la filtre; on la mélange alors avec un peu d’acide ehlorhydrique, on évapore à sec, on chauffe à 200 degrés et on pèse la soude il l’état de chlorure de sodium.

Fer, — he produit insoluble B, qui est un mélange d’alumine et de fer, est chauffé au rouge dans la capsule de platine qui le contient et transporté en tout ou en partie (1) dans une nacelle de platine (2) tarée, où on le pèse. On introduit cette nacelle dans un tube de porcelaine ou mieux de platine que traverse un courant d’hydrogène pur. Quand le tube est bien rouge, on remplace le courant d’hydrogène par de l’acide chlorhydrique gazeux qui transforme tout le fer en protochlorure de fer volatil sans toucher à l’alumine. A la fin de l’opération, au moment où le tube n’est plus rouge, on remplace de nouveau l’acide hydrochlorique par l’hydrogène. Enfin on retire la nacelle de platine, on la pèse de nouveau, et la différence de poids donne le sesquioxyde de fer mélangé avec l’alumine et par suite le fer provenant de l’aluminium.

AiumiiiiGSBGa. — Avec le poids de l’alumine restant

(1) Quand on ne traite ainsi qu’une portion de la matière, on en tient compte ensuite dans le calcul de l’analyse.

(2) Il est bon de faire toutes ces pesées, la nacelle étant enfermée dans une sorte d’étui fait avec un tube de verre fermé à la lampe à l’ime de ses extrémités et à l’autre par un bouchon de liège. La tare do cet étui est faite en mémo temps que la tare de la nacelle.

l58 eu A Pi THE NEUVIÈME.

dans la nacelle, on calcule facilement le poids de l’alii-

ininiuni eorrespondant.

Il ne faut pas du tout se fier à la couleur parfaitement blanche de l’alumine pour admettre qu’elle est dénuée de fer. L’expérience m’a appris qu’on serait souvept trompé de la manière la plus grossière.

L’aluminium du commerce contient rarement du sodium à l’état métallique. Quand cela existe, on s’en aperçoit facilement en comparant les poids qu’on obtient pour le sodium et pour le chlore dans les analyses. Quand il existe du sodium dans le métal, la quantité de chlore dosé est insuffisante pour saturer le sodium déterminé par l’analyse. Cependant cette assertion n’a de valeur absolue qu’ autant que l’aluminium ne renferme pas de fluor.

Voilà les procédés que j’ai employés pour analyser successivement au fur et à mesure de leur apparition les échantillons d’aluminium qui ont paru dans le commerce, surtout pour m’expliquer les réactions étranges que certains d’entre eux manifestaient. Mais aujourd’hui la fabrication de l’aluminium a fait d’assez grands progrès pour qu’on puisse le livrer au commerce absolument exempt de toutes les matières que je viens d’énumérer, à l’exception pourtant du silicium et du fer, qui ne doivent y exister qu’en faible proportion. Seulement il faut qu’il ait été préparé et purifié avec toutes les précautions que j’ai signalées dans le courant de cet ouvrage.

Les éléments que l’on fait entrer dans l’aluminium à l’état d’alliage peuvent s’en séparer par des proeédés très-simples que je donnerai ici sous la forme de méthode d’essais, et suffisamment exacts dans la plupart des cas.

Ziiie. — Pour extraire le zinc de l’aluminium, on le dissout dans l’acide chlorhydrique, on sature par l’am-

ANALY8K J)I<: i/ ALUxMlINIUM DU COMMRIICIi. l ;>()

iiioniaque, ce qui précipite de l’alumine et un peu de silice, on met un excès d’acide acétique et l’on filtre pour séparer tout ce qui reste insoluble, silice et silicium; puis on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré qui sépare du sulfure de zinc qu’on lave avec soin par de l’eau distillée saturée d’hydrogène sulfuré. On calcine le précipité dans un petit creuset de platine chauffé dans la moufle ou dans la flamme oxydante d’une lampe à double courant, et on pèse le zinc à l’état d’oxyde.

Cuivre. — On suit la même marche que pour le zinc. On dissout l’alliage dans l’acide chlorhydrique et un peu d’acide nitrique, on sursature par l’ammoniaque, ce qui détruit le protoxyde de silicium, et dans la liqueur acidulée de nouveau par l’acide chlorhydrique et filtrée, on précipite le cuivre par l’hydrogène sulfuré. Le sulfure de cuivre doit être lavé avec une dissolution d’hydrogène sulfuré, et le filtre étant grillé avec le sulfure de cuivre dans un petit creuset de platine, donne le cuivre que l’on pèse a l’état d’oxyde.

Ai'i^eitt. — On dissout l’aluminium dans de l’eau régale faible, on étend la liqueur et on la filtre pour en séparer la silice, le silicium, le protoxyde de silicium et enfin le chlorure d’argent insoluble qui restent sur le filtre qu’on lave avec le plus grand soin. On verse ensuite de l’ammoniaque concentrée sur la matière insoluble, et on en sépare ainsi le chlorure d’argent qu’on précipite en sursaturant la liqueur alcaline par de l’acide nitrique. Le précipité de chlorure d’argent, séparé par la décantation, est desséché à 200 ou 3oo degrés et pesé. On déduit de son poids la quantité d’argenttjue renfermait l’alliage.

cnAPrrnK T/IXièimp.

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