‹ De l'aluminiumChapitre 45 sur 47 · DU BOUE CBISTALLISE OU DIAMAÎST DE BOUE · texte numérisé non relu

DU BOUE CBISTALLISE OU DIAMAÎST DE BOUE

Carbone

Aluminium . . .

lîore

Si l’on parvient à produire des cristaux de celte substance un peu gros et non inaclés, a coup sùr elle pourra être employée en joaillerie. Cette variété a été obtenue en cristaux si nets et si réllécliissants, que ses angles ont pu être déterminés avec présision : la forme cristalline du bore est le prisme droit à base carrée dont les paramètres, calculés avec l’inclinaison des faces de l’octaèdre le plus développé du cristal, sont dans le rapport de i pour les axes horizontaux, à 0,678 pour Taxe vertical. Les formes que l’on y trouve appartiennent a deux octaèdres (iii), (221) appuyés sur les arêtes de la base, les faces (jio) du prisme et (100) d’un second prisme dont les faces sont tangentes aux arêtes du premier. Les angles de ces faces permettent de considérer le bore comme entièrement isomorphe avec l’étain. Nous devons cette remarque à M. Sella (i). Voici les angles (jue nous avons trouvés ( angles de normales] :

D’après nous

I lO sur 221 3i”2()'

221 sur III H)'’ 36'

i.es faces adjacentes de l’octaèdre III 77®5o'

Les faces alternatives ô3‘’

Les laces des deux prismes adjacentes 100 sur 100. . . 46”

Les faces alternatives 90''

Calcule. D’ap. M. Sella.

(i) Pendant que nous faisions nos mesures, M. de Senarmont a reru de M. Sella, l’habile professeur de Turin, une lettre dont nous donnons ici un extrait :

« M. Govi, qui va à Florence comme professeur de Pliysiipie, avait avec

CILUM i'iU': DiXiKiMi:.

(]es angles n|)[)avlienneiit, avec les mènies valeurs, â tons les crisiaiix (jiielle que soit leur couleur, depuis le grenat foncé jusqu’au jaune de miel presque ineoloreîîl. — La plus dure de toutes les variétés de bore, plus dure incontestablement que la première , s’obtient eit épuisant à plusieurs reprises raction de l’acide borique en grand excès sur raluminium et a une température telle, que tout l’acide borique soit volatilisé très-rapidement. C’est ainsi que pour obtenir i a 2 grammes de cette matière, il faut volatiliser en vases clos dans les appareils de charbon de cornues convenablement adaptés à l’expérience, 20 a 3o grammes d’acide borique, chauffés chaque fois pendant deux a trois heures. 11 resle alors dans le creuset une masse caverneuse, rouge cliocolat clair, tout a fait semblable a cette variété de diamant qu’on appelle le boort, hérissé de cristaux de bore d’un très-grand éclat. On enlève le fer et un peu d’aluniinium au moyen de la soude et de l’acide chlorhydri- (|ue ; malheureusement l’alumine, ou plutôt le corindon dont le l)ore est imprégné, résiste a tous les agents de dissolution qui n’attaquent pas le bore.

On remarquera, à ce propos, que l’alumine, en présence du chlore et du charbon que contient le l)ore, et

lui du bore de MM. Woliler et Deville. J’ai mesuré trois petits cristaux oscillant entre ^ et ^ de millimètre. Je trouve que ces cristaux appartiennent au prisme à base carrée. Cola est fort curieux, car il n’y a (jue l’étain qui ne soit pas cubique ou rhomboédrique parmi les métaux dont on connaît la cristallisation. Mais ce qui est plus remarquable, c’est que le bore est complètement isomorphe avec l’étain. En effet, je trouve dans les angles de M. Miller, en changeant un peu sa notation, (pic les cristaux d’étain se composent, de mèmequ’ici, des formes (100) (100) (‘2*2 1) et (]ue îio sur Ti\ = 3i'’'2G'. Seulement la face la i)his développée des cristaux (l’étain mampie ici, et son symbole serait (33'2) en le rapjiorlant à ci'lui du l»ore. »

DU i;OKE CRISTALLISE OU DIAMAKT DE ROUE.

peut-être du bore lui-même, donne de l’oxyde de carbone et du chlorure d’aluminium, ee qui empêche qu’on néglige la présence de l’alumine dans l’analyse du bore par le chlore. Il faut mettre un soin extrême à séparer, avant toute analyse, l’alumine du bore, parmi triage des cristaux au microscope pour échapper à toute cause d’erreur. La troisième variété de bore paraît au microscope entièrement composée de petits cristaux; a l’œil nu, on en aperçoit aussi de très-nets et de très-distincts, quoique excessivement petits et échappant à la mesure; ce sont eux cependant qui paraissent se rapprocher le plus, du moins approximativement, de la forme octaédrique. La dureté de cette matière est telle, que, d’après M. Guillot, elle ne le cède nullement au diamant, et, après son emploi, on la retrouve avec le même degré de finesse qu’auparavant. Elle s’écrase également avec une difficulté extrême, présentant, sous ce rapport, les analogies les plus grandes avec cette variété de diamant que les lapidaires appellent le hoort.

Avant de quitter les propriétés du bore, nous devons insister sur la manière dont il faut interpréter les analyses dont les résultats sont consignés plus haut. D’abord le carbone qifon y rencontre doit être évidemment considéré comme étant à l’état de diamant. Car, d’après toutes nos analyses, plus la quantité de charbon y est forte, plus la transparence paraît augmenter; et l’on sait que quelques millièmes de carbone noir, et peut-être moins encore, suffisent pour colorer d’une teinte très-foncée les verres dans lesquels on ne peut pas supposer le charbon combiné avec la matière qu’il colore; on est de plus obligé d’admettre que le carbone a cristallisé avec le bore donl il ne possède pas la forme.

Celle hypothèse n’a rien de conirairc' aux faits (|iu‘ l’on

Î72 . CllAPlTllE DIXIÈME,

observe dans eerlaiiis cas, ou l’on voit une inalière, dont la proportion est dominante, imposer sa forme a des substances avec lesquelles elle a une certaine analogie de propriétés chimiques. La présence de l’alumine dans les amphiboles en est un exemple. D’ailleurs rien ne dit que le diamant, comme un grand nombre de corps dans la nature, n’est pas lui-même dimorphe et susceptible, dans des circonstances encore inconnues, de prendre la forme du bore. Le soufre sélénié, qu’on peut obtenir artificiellement avec des dissolutions de sélénium et de soufre dans le sulfure de carbone, en est une preuve. Le soufre entraîne, lorsqu’on opère avec certaines précautions, des quantités nécessairement très-petites de sélénium, à cause de la faible solubilité de celui-ci; mais la présence du sélénium, qui pourtant n’a aucun rapport de forme avec le soufre, peut être démontrée très-facilement par l’analyse qualitative dans le soufre sélénié, dont les angles qui ont été mesurés sont identiques à ceux que M. Mitscberlicli a assignés au soufre octaédrique.

D’ailleurs les conditions d’isomorpliie des corps simples et de leur entraînement mutuel par la cristallisation ont besoin d’être étudiées expérimentalement sur le petit nombre de ces corps (jui sont assez rapprochés dans les classifications de la science, pour que leurs combinaisons n'obéissent pas à la loi des équivalents, c’est-a-dire })our que leur contact ne donne lieu qu’a une dissolution. Dans ce cas le carbone, le bore et le silicium (i), qui sont si rapprochés, peuvent se dissoudre mutuellement sans se combiner autrement (d coexister dans le bore cristal-

(i) Xüus (lisons le sitieiuiii, (juoiqu’il ne soit pas mentionné dans les analyses de bore (pii sont citées dans ce Mémoire, parce que dans plusieurs circonslances sa présence y a été signalée.

DU BOlîE CfUSTALLISÉ OU DIAMAINT DE BOUE. I 7:)

lise saus que la forme de eelui-ci soit changée. Le contraire a lieu lorsque rargenl, qui est si voisin du plomh, est dissous dans le plomb. On sait (et la méthode de séparation des deux métaux par cristallisation est fondée sur ce fait) que le plomh cristallise sans entraîner des quantités sensibles d’argent. ïl se sépare comme un sel anhydre d’une dissolution aqueuse à l’état de saturation.

Ces observations s’appliquent à l’aluminium , dont la présence dans le bore en quantités très-variables (depuis O jusqu’à i3 pour loo) n’indique jamais une combinaison; car la formule Al Br^ exigerait déjà près de 20 pour 100 d’aluminium. Ce fait nouveau pourra servir, nous l’espérons , dans la détermination des conditions d’isomorphie des corps simples ; mais il peut donner un certain appui à l’opinion que l’un de nou& a déjà émise, et d’après laquelle l’aluminium devrait être placé dans la série du carbone et du bore au même titre que l’antimoine dans la série de l’azote et du phosphore. C/est là une application de la méthode parallélique qui a déjà rendu bien des services dans les sciences naturelles.

Toutes les variétés polymorphiques du bore peuvent être transformées les unes dans les autres par un procédé fort simple. On brasque un creuset de terre avec du bore amorphe, comme on le ferait avec du charbon de bois, et on y introduit un morceau d’aluminium. A une température élevée raluminium se charge de bore et le laisse cristalliser par le refroidissement. Quand on dissout ensuite. le métal au moyen de la soude et de l’acide chlorhydrique, on extrait d’abord du bore adamantoïde qui se rend aussitôt à la partie inférieure du vase où l’on opère, et du bore grapliitoide qui entre en suspension dans la liqueur avec la plus grande facilité. C’est un moyen de iransfoianer le bor(' d’nne origine

î74 chapitre dixième. — DU BORE CRISTALLISÉ, ETC.

(juelconque en bore cristallisé, qui jusqu’à présent n’a })u être obtenu directement qu’au moyen de l’acide borique I I) et de l’aluminium.

I l) Dans ces derniers temps le capitaine Caron et m.oi nous avons réussi à le préparerai! moyen du fluorure de bore et de l’aluminium.

COJ<CLL'.SION.

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