‹ De l'aluminiumChapitre 5 sur 47 · V.,... , . w. . . . . .*.-;;,,iVj · texte numérisé non relu

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l.cs métaux que les liomines emploient dans les pays eivilisés, pour les besoins ordinaires de la vie, sont en très-petit nombre; ils se partagent en deux groupes trèsdistincts et très-éloignés : les métaux précieux et les métaux communs : l’or et l’argent d’une part; de l’autre, le cuivre, l’étain, le fer, le plomb, et enfin, seulement depuis peu d’années, le zinc. Entre les métaux communs et les métaux précieux il n’existe aucune matière intermédiaire. Cette lacune, que l’on a essayé de combler au moyen de quelques alliages qui ont été successivement abandonnés à cause de leur prix et surtout a cause de leurs inconvénients, subsiste encore aujourd’hui de la manière la plus manifeste et souvent la plus gênante. Il y a quelques années, au moment où le hasard me faisait découvrir quelques-unes des propriétés si curieuses de l’aluminium , ma première pensée fut que j’avais mis la main sur ce métal intermédiaire dont la place serait faite dans les usages et les besoins des hommes, le jour où l’on connaîtrait le moyen de le faire sortir du laboratoire des chimistes pour le faire entrer dans l’industrie. Cette prévision, qui semble se réaliser chaque jour, et l’état actuel de l’industrie de l’aluminium donnent entièrement raison aux conclusions de mon premier Mémoire publié au commencement de i855 et que je désire citer textuellement:

« Des faits que contient ce Mémoire, je conclus ({ue

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» l’aluminium est un métal susceptible par ses propriétés » curieuses, par son inaltérabilité à l’air, à l’air souillé » d’hydrogène sulfuré, par sa résistance à l’action des » acides autres que l’acide chlorhydrique , par sa fusihi- » lité, par la beauté de sa couleur et ses propriétés pliy- » siques , pour lesquelles il est permis de le comparer à ï l’argent, de devenir un métal usuel. Sa densité, si fai- » ble, qu’elle égale a peine celle du verre, lui assure des 5 applications spéciales. Intermédiaire entre les métaux B communs et les métaux précieux par quelques-unes de B ses propriétés, il est supérieur aux premiers dans les » usages de la vie domestique par l’innocuité absolue de » ses combinaisons avec les acides peu énergiques, due » principalement a leur instabilité sous l’influence d’une * faible chaleur. Quand d’ailleurs on réfléchit que l’alu- » minium existe en proportion considérable dans les ar- » giles, que cette proportion peut aller jusqu’au quart de » leur poids dans quelques-unes des matières les plus » communes, on doit désirer que l’aluminium soit tôt ou » tard introduit dans l’industrie. Il suffira sans doute de B modifier fort peu les procédés que j’ai décrits pour les B rendre applicables a la production économique de l’alu- » minium. »

Je désire dans cet ouvrage faire connaître complètement où en est aujourd’hui la fabrication de l’ aluminium ; je désire aussi exposer les différentes méthodes qui ont été suivies, quoique quelques-^unes d’entre elles aient été abandonnées. Les fautes elles-mêmes seront utiles à connaître, parce qu’elles portent avec elles toujours un enseignement et quelquefois le germe d’améliorations nouvelles. Mais je désire avant tout que mes lecteurs soient mis au courant des beaux travaux de l’homme qui m’a précédé dans l’étude de cette question.

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lli$^toi*i<iiie. — (lirai avec plaisir (jiie je considère eonnne une forlune inespérée d’avoir pu faire quel(|U(‘s pas de plus dans une voie qu’a ouverte l’illustre successeur de Berzelius en Allemagne. Il fallait, en effet, que la question présentât des difficultés d’un ordre tout spécial pour qu’elle ne sortît pas épuisée des mains de M. Woliler ; et tout ce que j’ai vu de plus que lui, et c’est peut-être bien peu de chose, vient de ce que j’ai opéré sur des masses plus considérables de métal que les travaux de MM. Brunner, Mitscherlicb, Donny et Mareska, sur le potassium, m’ont seuls permis de me procurer.

C’est en 1827 que M. Wobler découvrit l’aluminium. Dans ce premier travail se trouve exposée la méthode mémorable qu’il employa et que nous n’avons fait encore aujourd’hui qu’agrandir et perfectionner. Dans un Mémoire plus complet, publié en i845, le métal fut étudié par M. Wobler avec une perfection inouïe et un mérite extraordinaire, quand on pense que, arrêté par des difficultés matérielles de toute sorte, par le prix élevé du potassium à cette époque, le chimiste ne pouvait se procurer qu’une poussière a peine métallique et des globules dont les plus gros avaient le volume d’une tête d’épingle. J’avoue volontiers que j’ai possédé pendant plus d’un an dans mon laboratoire des quantités considérables, pour l’époque, de cette poudre grise, qu’il ne m’a été possible de réunir en un culot que par le plus grand hasard et après des essais de toute espèce. Un peu de sodium, un peu de platine ou de silicium dont les propriétés étaient à peu près inconnues alors , un peu de chlorure d’aluminium , empêchaient d’une manière absolue que l’aluminium se comportât comme un métal ordinaire. Voici le passage de mon Mémoire 0(1 je fais allusion a ces faits :

« Si l’on prend de l’aluminium préparé suivant les

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