‹ De l'alvéolite aiguë et des conceptions modernes de son traitementChapitre 19 sur 26 · III. —— TRAITEMENTS PATHOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

III. —— TRAITEMENTS PATHOGÉNIQUES

Le principe des traitements modernes découle de la pathogénie de l'affection.

Il faut agir, comme dit Leriche, « de façon à bloquer, à suspendre l'excitation ».

L'effet de ces traitements est double :

— D'abord, ils suppriment la première réponse du sympathique à l’éxcitation; c’est-à-dire la vaso-constriction locale. Cet effet est d’une importance capitale lorsque le traitement est appliqué dans les heures qui suivent l’intervention : en rétablissant la circulation normale, on évite les méfaits gu’entraine l’ischémie des tissus.

D'où lintérêt préventif de ces modes d’action à la phase préalgique.

— Ensuite, ils bloquent la seconde réponse du sympathique à l’irritation qui persiste; à savoir le réflexe contre lequel les centres nerveux répondent, en élabo-

D'où l’importance capitale de ces méthodes à la phase hyperalgique.

De toute façon, nous devons mettre lès traitements

modernes en œuvre aussi précocement que possible, que nous agisSions :

1° Soit sur le sympathique péri-artériel; c’est la méthode préconisée par M. Dechaume avec linfiltration novocainique péri-faciale; A

2° Soit sur le sympathique ganglionnaire; c'est ola technique mise au point par MM. Alajouanine et Thurel pour le « Traitement des algies faciales post-traumatiques » et appliquée par MM. Lattes et Mesnard au traitement des alvéolites aiguës.

MÉTHODE DE DECHAUME

C’est à cet auteur que revient le mérite d’avoir le premier appliqué les théories de Leriche sur la chirurgie de la douleur, à la pathogénie et au traitement de « la douleur après les extractions dentaires ». Dès 1937, M. Dechaume écrivait en parlant des douleurs post-opératoires : « Ces faits s’apparenteraient aux causalgies avec vaso-constriction. C’est pourquoi nous avions demandé au P:' Leriche comment, le cas échéant, nous pourrions agir sur le sympathique. I] nous avait conseillé l’injection d’une solution de novocaïine sans adrénaline autour de l’artère faciale dans son trajet prémasseterin. »

La technique adoptée est simple : elle consiste en injection de 2 ce de novocaïne à 2 % par voie souscutanée sur le trajet prémasseterin de l'artère faciale. Cette dernière, branche de la carotide externe, s’en détache au niveau où la face inférieure du ventre postérieur du digastrique croise la carotide. Elle gagne ensuite la région sous-maxillaire, longe un moment le bord inféro-interne du maïkillaire, se creusant une gouttière ou même un canal complet dans la glande sous-maxillaire, et vient émerger en avant du bord antérieur du muscle masseter. Elle va ensuite traverser toute la face

— prenant une direction nettement ascendante — jusqu’à l’angie interne de l'œil.

On voit qu’on a toute facilité, pour appliquer la technique de l’auteur, en repérant, par ses battements perceptibles sur le plan osseux au palper, l’artère à son croisement avec le bord inférieur du) maxillaire.

Les résultats sont bons; l’auteur nous dit : « L’heureux effet immédiat s'explique très simplement parce que cette injection provoque une vaso-dilatation : celleci supprime les phénomènes douloureux. Ultérieurement, comme elle augmente Ja circulation, elle améliore les défenses locales.

< Cette injection ne donne pas toujours un effet durable. Elle sera au besoin renouvelée les jours suivants. »

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