II. —— TRAITEMENT EN GÉNÉRAL
Lorsque les douleurs ont fait leur apparition, nôtre thérapeutique va être dominée par la préoccupation de soulager le patient.
C'est donc la phase hyperalgique qui est la pas essentielle au point de vue thérapeutique. ‘
Nous verrons ensuite la conduite à tenir dans la phase post-algique, suivant que nous nous trouverons en présence des troubles trophiques de l’alvéolite prolifératrice ou des manifestations infectieuses de l’alvéolite une rée.
A. — Phase hyperalgique.
Avant l'introduction des modes d’action basés sur des conceptions pathogéniques modernes, le traitemént de l’alvéolite aiguë est resté purement symptomatique. Il y a donc deux catégories de traitements à envisager.
— les traitements pathogéniques qui feront lPobjet d’une étude finale; | |
— les traitements symptomatiques.
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Ils ont pour but de supprimer la douleur, et utilisent à cet effet :
Le médicaments :
— soit pose leurs propriétés analgésiques propres,
— soit pour leur action antiseptique, supprimant ainsi l'irritation due à l'infection,
— $oit pour leur pouvoir vaso-dilatateur qui détermine un effet antialgique;
des agents physiques
qui agissent soit par eux-mêmes, soit en mobilisant des médicaments sédatifs.
Nous classerons donc ces traitements symptomatiques
en traitements médicaux et traitements physiothérapiques.
1° Traitements médicaux.
a) Traitement général.
On peut agir sur l’état général souvent déprimé du ‘malade par l'usage de la caféine, maïs ce mode de traitement vise surtout à lutter contre la douleur :
— dans les formes avec névrite, on pourra avoir recours aux opiacés : la morphine sera administrée le plus souvent par voie rectale, sous forme de suppositoires; | « — dans lès formes insomniques, on fera appel aux barbituriques et particulièrement à l’allonal;
— dans les formes moyennes, on utilisera les propriétés des analgésiques habituels : nous préférons pour notre part les associations de l’antipyrine et de la phénacétine avec la caféine, à l’acide acétylsalicylique.
b) Traitement local.
Il est dominé par un double but : lutter contre la douleur, et contre l'infection locale.
Il s'inspire d’un principe absolu : ne jamais irriter la plaie.
On aura donc recours avant tout à de grands lavages au sérum physiologique tiède. On écouvillonnera délicatement l’alvéole pour le débarrasser des masses gangréneuses.
L’infection sera combattue par un antiseptique doux tel le bleu de méthylène, l’Eugénol.
On luttera contre la douleur par un anesthésique à action durable — car insoluble dans l’eau — le scuroforme. En pratique, voici comment nous procédons : nous préparons une pâte Eugénol-scuroforme de consistance assez ferme, que nous placons dans l’alvéole désinfecté. Cette méthode a l’avantage d’associer les propriétés analgésiques du scuroforme, à l’action sédative et antiseptique de l’'Eugénol. Certains auteurs préconisent la solution de scuroforme dans l'huile d’olive ou « huile scuroformée ». Plus récemment, on a introduit la pulvérisation locale de sulfamides en poudre.
Le traitement médical par injections locales a pour but de provoquer une vaso-dilatation active au niveau des tissus périalvéolaires ischémiés. L’agent vaso-dilatateur utilisé est l’histamine. Cette amine, dérivée de l’histidine, est un produit de métabolisme cellulaire.
On peut :
— Soit en provoquer l’apparition dans les tissus, par injection de 1 cc. d’eau distillée suivant la méthode préconisée par notre Maître Fleury et M. Géré.
= DO injecter le mélange histamine-histidine suivant la technique de MM. Cadenat et Boisnière. Ces auteurs pratiquent l'injection de 1 cc. intradermique, sur le pourtour de l’alvéole, du mélange :
Bichlorhydrate d’histamine 0 g Monochlorhydrate d’histidine.. 0 g. 04 LEGO ICO ANUS ARR EL 1
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2° Traitements physiothérapiques. ‘
Les douleurs d’alvéolite aiguë étant considérées par certains auteurs comme des névralgies symptomatiques du trijumeau, ceux-ci ont songé à utiliser les propriétés de l’aconitine sur les névrites de la Ve paire. -
On a donc utilisé l’ionisation à l’aconitine au niveau de l’alvéole.
On a également proposé d'employer les effets sédatifs de la radiothérapie locale et des courants à haute fréquence,
D’autres auteurs enfin cherchent à provoquer la vasodilatation locale par la diathermie. L’ozone localement a été également préconisé.
Toutes ces méthodes, pour intéressantes qu’elles puissent être entre des mains expérimentées, ont le défaut d’exiger des appareillages spéciaux. Elles restent d’autre part purement symptomatiques, et sônt largement dépassées par les méthodes modernes qui, en plus de leur efficacité, ont l’avantage de n’utiliser qu’une technique extrêmement simple.
B. — Phase post-algique.
Nous avons vu, en étudiant l’anatomie pathologique de l’alvéolite aiguë, que, malgré l’intervenition d’une thérapeutique de la douleur, les troubles trophiques d’alvéolite prolifératrice font inéluctablement leur apparition. Certes, ces manifestations anatomiques peuvent être d’intensité réduite, et ne s'accompagner, pour le malade, que d’une gêne très minime : l’alvéole reste longtemps béant, tapissé de bourgeons cicatriciels congestionnés; l'os nécrosé doit s’éliminer. La meilleure attitude à prendre pendant cette période est l’expectative : il faut savoir attendre la mobilisation spontanée des séquestres et se contenter de les cueillir au moment de leur expulsion en maintenant une antiseptie locale rigoureuse.
Si, faute de soins appropriés, ou malgré ces soins,
rant une sensation douloureuse.
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nous avons eu un passage à la suppuration, laisser le foyer formé se collecter. Envisager alors, et seulement dans ce cas, une intervention radicale pour éviter le passage à la chronicité. Car ces formes suppurées prennent souvent un caractèrd silencieux et torpide, gagnent en profondeur, et réalisent le tableau des ostéites péridentaires chroniques, dont nous avons rapporté la description de M. Schneider au chapitre « Définition ». Donc, dans les alvéolites suppurées, c’est le traitement chirurgical qui sera utilisé : nous pratiquerons le curettage de l’alvéole suivi de méchage à la gaze iodoformée pour assurer la désinfection complète des lésions.