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Mais ce sont MM. Alajouunine et Thurel qui, en 1934, définirent cette nouvelle méthode dans leur communication à la Société de Neurologie de Paris, sur les « Al- é gies faciales post-traumatiques. Guérison par anesthésie du ganglion sphéno-palatin ». |
Les conceptions pathogéniques de ces auteurs sont : celles que nous avons minutieusement exposées à la lumière des travaux de Leriche. « Il s’agit, disent-ils, de troubles d’ordre réflexe (troubles physiopathiques de Babinski) ayant pour point de départ une épine irritative formée au niveau de la lésion. agissant sur le sympathique partout présent dans les différents tissus et le long du trijumeau (sympathique trigeminal).
« Pour décrire notre propre méthode, nous n’avons qu’à reproduire les indications fournies par les deux neurologistes : « L’anesthésie-du ganglion sphéno-palatin par les procédés habituels donne d’excellents résultats
« L'imprégnation du ganglion sphéno-palatin avec du liquide de Bonain ne peut être obtenue que si l’applieation est faite en regard du trou sphéno-palatin, situé en arrière du cornet moyen, et si le porte-coton imbibé de liquide est laissé longtemps en place, ou ce qui est mieux encore remplacé à plusieurs reprises.
« La certitude d’une bonne anesthésie est donnée par l'apparition d’une sensation d’engourdissement de la joue et du palais traduisant lPimprégnation du nerf maxillaire supérieur qui se irouve au voisinage immédiat du ganglion sphéno-palatin.
« Notre méthode diffère de celle des oto-rhino-larÿyngologistes par la durée de lapplication : une demi-heure à une heure. » ;
Les auteurs décrivent ensuite la méthode d’atteinte du ganglion sphéno-palatin par le canal palatin postérieur, « l'aiguille enfoncée à trois centimètres et demi de profondeur rencontre à coup sûr le ganglion sphénopalatin, et celui-ci ne peut échapper à linjection ». Et de conclure : « L’action de ces thérapeutiques ayant pour
but d’anesthésier le sympathique a une portée générale et s’adresse à toutes les sy L'pataleres quelle que soit leur étiologie. »
Pour bien comprendre la technique opératoire et le mode d’action de notre thérapeutique, il importe de faire
un bref rappel anatomique de la situation du ganglion
sphéno-palatin.
Ce ganglion — dit ganglion de Meckel — est appendu au nerf maxillaire supérieur à sa sortie du crâne par le trou grand rond. Il est situé dans la partie supérieure de la fosse ptérygo-maxillaire, où il constitue un véritable carrefour de l’innervation sensitive du massif maxillo-facial. | |
Suivant la conception classique, le ganglion sphénopalatin reçoit des branches afférentes et émet des branches efférentes. È
Les branches afférentes comprennent :
— des branches courtes : elles sont isolées et grêles, elles proviennent du tronc du nerf maxillaire supérieur auquel elles le rattachent;
— des branches longues : elles sont réunies en un seul tronc nervéux, plus volumineux —— Je nerf vidien. Ce nerf représente la juxtaposition de trois racines qui mettent le ganglion de Meckel en relation avec :
— Je facial : par le grand nerf pétreux superficiel,
— le glossopharyngien: par le nerf de Jacobson et le grand nerf pétreux profond,
— le sympathique: par une racine venant du plexus carotidien. LS
Pour les branches efférentes, nous citerons d’abord pour mémoire le nerf pharyngien de Bock qui ne pré-
sente pour nous qu’un intérêt relatif ainsi que les filets
orbitaires.
D'une toute autre importance sont les nerfs palatins et surtout le nerf sphéno-palatin. Ces nerfs vont assurer l’innervation sensitive de toute la paroi externe des fosses
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nasales, de la muqueuse des cornets, du voile et de la voûte du palais; inutile de préciser plus complètement leur distribution anatomique, car ce qui est capital, c’est qu’au point de vue sympathique ils constituent, autour du trou sphéno-palatin, une importante zone réflexogène sur laquelle nous allons agir directement. L'application est en effet faite au niveau du trou sphéno-palatin qui donne passage au nerf du même nom. Or, suivant les conceptions modernes, le ganglion sphéno-palatin — qui n’est pas un ganglion du type des ganglions rachidiens — « serait constitué par un amas de cellules nerveuses accolées au nerf sphéno-palatin ». Autrement dit, au point de vue pratique, l’anesthésie du ganglion sphénopalatin serait l’anesthésie du nerf sphéno-palatin.
C’est bien ce que nous réalisons par notre méthode.
La technique en est excessivement simple : munissons-nous de deux porte-coton d’une longueur de dix centimètres environ. Le coton est imprégné de mélange de Bonain. Grâce au spéculum nasi et en s’éclairant avec le miroir de Clar, nous introduisons l'instrument d’environ six centimètres en passant par le nerf moyen jusqu’au contact du sphénoïde.
Pour fournir une indication sur la profondeur à laquelle est situé le trou sphéno-palatin, disons qu’il est sensiblement sur une verticale passant immédiatement en arrière de la dent de sagesse supérieure.
Pour simplifier la méthode, on peut éviter de se servir du spéculum nasi. |
Il est, en effet, difficile de voir clair dans les fosses nasales d’un sujet installé sur un fauteuil dentaire : l'opérateur n’est pas placé dans la position favorable. On introduit le porte-coton dans la narine parallèlement au plan d’occlusion, on passe alors par le méat inférieur; puis, en l’enfonçant, on le dirige suivant une direction légèrement oblique en haut et en arrière. Une fois en
place, le porte-coton doit faire un angle d'environ quinze degrés avec le plan d’occlusion.
orifice des eellules ethmoidales sup corn. moyen
IN corne supéri \
Lou sphèno-pallin sys frontal:
sinus sphinodel {sm onifice dans lea fosses nacales)
ess at j)
. pLérygoïde ie Ÿ pr ) apoph. palaine
du maxill”-s0p"
orifice Fa sinus maileire ornel 1nf°
L'opération est répétée des deux côtés. Dans les quelques minutes qui suivent, le patient accuse des troubles subjectifs variés, et l’on observe un larmoiement plus ou moins abondant. A bout de cinq à dix minutes, le soulagement éprouvé est net : le malade se sent presque euphorique. Nous laissons le porte-coton en place de trente à quarante minutes.
La cessation des douleurs qui suit notre imprégnation du ganglion sphéno-palatin peut être définitive à la suite d’une application unique. Malheureusement, l'effet obtenu n’est pas toujours durable. Il faut alors répéter l’opération les jours suivants.
Nous devons signaler quelques incidents possibles : quelquefois, nous avons observé, chez les sympathicotoniques, des phénomènes nauséeux et des crises de suffocation. Une fQis une jeune femme émotive a présenté
une syncope après une quarantaine de minutes d’application. 1
Pour renforcer l'efficacité de la méthode dans le traitement des alvéolites consécutives à l'extraction d’une dent inférieure, il nous a semblé opportun d’associer à l’anesthésie du ganglion sphéno-palatin l’anesthésie tronculaire à l’Epine de Spix : en effet, le traumatisme des filets radiculaires sessiles sur le tronc du nerf dentaire ‘inférieur provoquent un ébranlement, une excitation de ce dernier qui retentissent secondairement sur le sympathique. | : à
Lvea donc avantage à anesthésier le nerf lui-même’ avant d’agir sur le sympathique. |
En pratique, voici comment nous procédons :
— Dans un premier temps, nous pratiquons l’anesthésie tronculaire et l’anesthésie du ganglion sphénopalatin. : SRE à
— Dans un second temps, nous profitons de l’insensibilisation obtenue, pour procéder au nettoyage de l’alvéole, et à Ja mise en place d’une pâte désinfectante et analgésiante.
Cette technique nous a donné des résultats très satisfaisants dans les cas de névralgies violentes: nous avons constaté une cessation des douleurs spontanées presque totale, même après la réapparition de la sensibilité.
En résumé, dans les alvéolites du maxillaire supérieur et dans les alvéolites moyennes du maxillaire inférieur, nous pratiquons la simple anesthésie du ganglion sphénopalatin. "
Dans les formes avec névrite du nerf maxillaire inférieur, NOUS avons recours à l’association des deux anesthésies portant sur le tronc nerveux et sur le sympathique.