INTRODUCTION
« Il n’est peut-être pas d’affections douloureuses en présence desquelles nous soyons plus désarmés que lorsque nous avons à traiter une alvéolite ou une névrite consécutive à une avulsion dentaire. Malgré tous les soins hygiéniques, antiseptiques et anesthésiques donnés à l’alvéole malgré tous les analgésiques possibles, nous voyons des. patients continuant à souffrir parfois. de façon atroce, et cela pendant des jours et quelquefois des semaines. -»
Ces lignes furent écrites, en 1922, par le D' Chompret et depuis vingt ans le problème que pose au praticien de l’Art Dentaire le traitement des alvéolites aiguës postopératoires n’a pas été résolu. EL pourtant, rien n’est plus pénible pour le spécialiste instruit et consciencieux que d’assister, impuissant, à une souffrance dont il se sent, malgré lui, responsable et qu’il se voit incapable de soulager.
Pour le malade, la position d’esprit est encore plus fàcheuse, car il accuse ouvertement l’opérateur des suites douloureuses de son extraction : Pour lui, la faute opératoire ne fait pas de doute. Cette idée de l'incapacité du praticien sera encore fortifiée, chez le malade, par la constatation de l’impuissance de l’homme de l’Art à porter remède à son mal.
Si dans leurs publications, et même dans les traités classiques, les auteurs n’accordent aux alvéolites postopératoires qu’un intérêt limité, il y a à ce fait une explication qui est une excuse : la gêne d’avouer leur igno-
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rance de l’étiologie de l'affection, et l'impuissance de leur Thérapeutique. A ur moment où notre spécialité évolue presque en galopant, il n’est pas d'exemple d’entités morbides plus embarrassantes, à genèse plus incertaine, à prophylaxie et à traitement moins bien établis, que les alvéolites aiguës consécutives aux extractions.
Le but de ce travail est donc essentiellement pratique : il vise à donner au praticien un moyen efficace d’agir sur le facteur douleur, qui domine le tableau clinique.
Nous n’avons pas la prétention d’apporten des notions entièrement nouvelles sur le sujet; mais nous avons simplement pour but de fixer les données essentielles du problème, de les éclairer de nos conceptions pathogéniques qui nous permettent à la fois de justifier la thérapeutique proposée, et de rattacher une question de notre pathologie spéciale aux grands problèmes de physio-pathologie générale.
Nous aurons ainsi réussi à atteindre un double but qui est l’idéal du médecin :
— soulager la souffrance du malade et le guérir,
.satisfaire la curiosité de l'esprit scientifique qui cherche une explication à tous les phénomènes qu’il observe pour les connaître et les dominer.