HISTORIQUE
L'étude pathologique des maxillaires est aussi vieille que la médecine.
Hippocrate s'exprime ainsi :
« À Oeniades, chez les frères Phœnix et André, un côté de la mâchoire se gonfla, ainsi que la partie de la lèvre attenant à la mâchoire et jusque vers l’œil. En examinant l’intérieur de la bouche, on n’apercevait rien, et au dehors il n’y avait pas de suppuration. Mais la mâchoire fut frappée d’une pourriture sèche et Phœnix mourut le septième jour. »
Il est en effet dans les traditions, pour une thèse de Médecine, de faire remonter l’historique de la question envisagée jusqu’à Hippocrate, en passant par Paracelse et Galien. Pour une thèse de Chirurgie, l’auteur se doit de sa couvrir de l’autorité d’Ambroise Paré.
Dans un travail qui intéresse une affection buccodentaire, il est juste d'évoquer le nom de Fauchard. Nous ne prétendons certes pas que ce génial précurseur de l’Art Dentaire Moderne ait consacré une étude aux alvéolites post-opératoires; maïs les affections alvéolaires, avec leurs processus de nécrose osseuse, ne lui étaient pas inconnues, comme en témoigne le passage suivant:
« L’humeur scorbutique, dit-il, entraîne non seulement la perte de l’alvéole, mais elle peut pénétrer plus avant. et produire la carie plus ou moins étendue des os maxillaires. » :
Quand on recherche des documents sur les alvéolites
post-opératoires, on s'aperçoit qu’il faut arriver à une époque tout à fait récente, pour voir les auteurs faire mention de cette complication des extractions dentaires.
I1 ne faut pas oublier, en effet, dans quelles conditions ct par qui ces extractions étaient pratiquées jusqu’à la fin du xix° siècle. L’avulsion dentaire, en tant qu’opération chirugicale, pourvue d’une technique rigoureuse, n'existait pas. L’ « arrachement » de la dent était opéré au moyen des instruments les plus brutaux. Les différentes « pinces » et « élévatoires » étaient maniés avec violence, par des gens qui ignoraient tout de l’anatomie et de la physiologie de l’articulation alvéolo-dentaire. Les délabrement osseux causés étaient souvent considérables, ainsi qu’en témoigne le récit suivant que nous rapportent John et Charles Tomes, dans leur itraité de Chirurgie dentaire écrit vers le milieu du siècle dernier :
« Le Gentleman, sujet de cette observation, avait eu le malheur de se briser la couronne d’une dent; dans une tentative faite pour extraire la racine à l’élévatoire, l’instrument glissa et détacha la tubérosité du maxillaire, avec une partie du plancher de l’antre et une portion de l'os sphénoïde... » Ce n’était déjà pas mal comme résultat! et pourtant les dégâts ne s’arrêtèrent pas là : « Dans les efforts que l’on tenta ensuite pour retirer la portion fracturée à l’aide d’une pince à racines, la dent et le crochet de l’apophyse ptérygoïde furent également séparés; des fibres des muscles ptérygoïdicns externe et interne vinrent aussi. »
On conçoit que, dans de telles conditions, l’observation des accidents infectieux et douloureux secondaires aux extractions, n’était pas limitée au cadre restreint de l’inflammation alvéolaire!
Et dans les « cas heureux », où l’extraction de la dent en cause ne s'était accompagnée ni de fracture de la racine, ni de destruction importante d’une portion de los maxillaire, le patient était très heureux d’en être quitte à si bon compte! Les douleurs consécutives, pour