IH — LA HOUILLE BLANCHE HORS DE FRANCE
Il ne sera donné que des notions sur les Etats exploitant activement leurs forces hydrauliques.
L'ESPAGNE. — Cet Etat est riche en énergie hydraulique (plus de 6.000.000 CV) dont à peine le quart est aménagé. Ces forces sont réparties en grande partie sur le pourtour de la Péninsule, où sont réunies à la fois les meilleures conditions de rendement technique (fortes hauteurs de chute et précipitations atmosphériques assez abondantes) et économiques (populations abondantes, riches gisements métallurgiques peu éloignés de la mer). <
Les usines sont réparties en Espagne en quatre groupes principaux :
a) La région pyrénéenne où les chutes les plus abondantes sont sur la rive droite de la Sègre. Des aménagements ont été également réalisés sur les cours supérieurs de la Garonne et de l'Ebre.
b) La côte de l'Atlantique, abrupte et arrosée de pluies abondantes, jette à la mer une foule de petits rios aux eaux violentes. On peut citer le Gandara et la Besaya, dans la province de Santander, et les affluents du Nalon dans celle des Asturies.
c) Le Jucar descendu de la bordure orientale du plateau castillan, quoique très irrégulier et souvent même dangereux par ses crues, n'en est pas moins une des rivières les mieux aménagées d'Espagne.
d) Sur le plateau, le Tage a été partiellement aménagé, ainsi que le Manzanarès, le Lozoya, la Guadiana. Le Douro, bien alimenté dans les paramos de Soria et par les affluents qu'il reçoit du Nord est un des fleuves de la Péninsule lbérique les plus riches en forces hydauliques. De grands travaux y sont projetés et à cet effet une convention a été conclue en 1928 entre l'Espagne et le Portugal concernant l'aménagement hydroélectrique de ce fleuve dans sa partie frontière entre les deux Etats.
L'ITALIE a activement aménagé ses forces hydrauliques. Ces forces se répartissent en deux groupes de très inégale importance :
a) La bordure alpine alimente, en montagne, des usines de haute chute et, en plaine, un certain nombre d'usines de basse chute. La plus grande partie de ces forces se trouve concentrée dans les vallées du Piémont, de la Lombardie et de la Vénétie.
Les rivières les mieux aménagées sont, en Piémont, la Maira, la Doire Ripaire et le Cenischia, la Doire Baltée, la Sesia ; en Lombardie, les affluents alpestres du P6, le Tessin, l'Adda, l’'Oglio et l’Adige ; en Vénétie, le Piave et ie cours inférieur de l’Adige. Il reste à aménager en grande partie le cours supérieur de l’Adige dans le Trentin.
b) L'Italie péninsulaire a des cours d’eau rapides, violents, et, en certaines saisons, très abondants. Mais leurs débits sont des plus inégaux. On est donc obligé de construire des barrages réservoirs, dont un très grand nombre se trouve dans l’Apennin Toscan, la Calabre, ainsi qu'en Sardaigne.
Les principales usines sont groupées, en Ligurie, sur la Roya et dans l’Apennin Toscan sur les Parma, Enza, Secchia, Reno qui descendent vers le PGô et sur les Magra et Serchio qui se dirigent vers la mer Tyrrhénienne.
L'Italie centrale a aménagé principalement les cours d'eau qui descendent du massif des Abruzzes, au régime régulier et aux grandes hauteurs de chute (Pescara, tributaire de l’Adriatique et son affluent le Bussi, le Velino et la Nera : le Farfa et l’Aniene, affluents du Tibre.
L'Italie méridionale, la Sicile et la Sardaigne sont moins bien partagées que l'Italie centrale. Les cours d’eau descendus des massifs de l’intérieur (Liri-Garigliano’ Volturno, Sele, Neto) sont activement exploités pour les besoins des villes de la côte.
SUISSE. — Le service fédéral des eaux évalue très modérément les forces disponibles à 4.000.000 CV, dont près des
trois quarts sont aménagés. C'est le plus fort prélèvement réalisé dans le monde.
Les usines suisses se répartissent en trois groupes :
| a) Le Jura possède un très grand nombre de petites usines installées pour les industries locales. Les plus importantes sont situées sur l'Orbe.
b) Le plateau. — On y a aménagé un grand nombre de cours d'eau descendus du front des Alpes comme l’Aa et la Glatt et surtout le Rhin, l’Aar, le Rhône (usine de Chancy-Pougny dont les 48.000 HP sont partagés entre la France et la Suisse).
c) Les usines de la région alpestre sont actionnées par de hautes chutes. Les plus puissantes sont sur l’Albula et la Landquart, affluents de droite du Rhin, sur la Linth et ses affluents, sur la Reuss, sur l’Aar, la Kander et la Jogne.
Plus au sud a été aménagé le cours supérieur du Rhône et de ses affluents : la Dranse, le Trient.
Dans le domaine de l’Adda on utilise le Poschiavino, descendu des lacs du Bernina.
AUTRICHE. — Depuis la guerre, l'Autriche, dépourvue de houille, a activement utilisé ses forces disponibles pour fournir l'énergie nécessaire à son industrie, d’ailleurs assez peu importante, à-ses services privés ou publics et à l'électrification très poussée de ses chemins de fer.
Les usines les plus importantes se répartissent : en Haute-Autriche, sur le Steyr et la Traun, venus des massifs de bordure, sur la Grosse Mühl descendue du Boehmer Wald, dans le Salsbourg et le Tyrol, sur la Salzach et l’Inn, en Styrie et en Carinthie sur la Mur, la Pôls et leurs affluents.
De grands travaux sont en cours d'exécution dans le Tyrol, sur l'Enns et la Drave et sur le Danube, entre Linz et Vienne.
ALLEMAGNE. — L'Allemagne, cependant riche en charbon, a entrepris d'utiliser ses ressources hydrauliques et ses
aménagements représentent sur des disponibilités médiocres (2.500.000 CV environ) un prélèvement supérieur à celui que la France a fait sur les siennes. Ses usines se groupent, à l'Ouest, sur le Rhin ; en Bavière, eur le Lech, l'Isar, la Leizach, l’Alz, l'Inn ; en Allemagne moyenne, sur la Murg le Neckar, la Wéser et ses affluents (Fulda, Eder, Diemel, Itter), sur les rivières silésiennes (Oder, Weistritz, Bober). Le canal en construction. Rhin-Danube fournira 250.000 CV.
SCANDINAVIE. — La péninsule scandinave est, avec les Alpes, la région de l'Europe la plus riche en forces hydrauliques.
Les hauteurs de chute, sauf dans la partie occidentale, sont, en général. faibles et les débits des rivières très inégaux. Mais la dureté des minéraux formant leur lit et les lacs innombrables, à toutes les altitudes, permettent aux débits de se maintenir aux époques de l'étiage.
La SUÈDE n'a en très grande partie que des usines de basse chute. Au nord du Cercle polaire, l'usine de Porjus sur le Lule elf est munie d’un dispositif spécial permettant d'envoyer un courant d’air chaud dans le bassin de mise en charge pour éviter. le gel de l’eau dans les conduites.
Les usines suédoises sont surtout nombreuses dars la dépression centrale s'étendant de Stockholm au Skagerack, région la plus riche et la plus peurlée du pays.
Mais les usines les plus puissantes se répartissent dans les quatre régions suivantes :
a) Le Norrland, avec l'usine de Porjus.
b) La Dalécarlie, dont la principale rivière est le Dal régularisé par le lac Silian.
c) À l'Ouest, le Goœtaelf, déversoir du lac Vener qui forme à Trollhattan une chute de 32 mètres de près de