I. HISTORIQUE
L’ammoniaque est connuedepuis longtemps.£Ilaful ainsi nomm(kpar les arabes ; au dire des uns, à cause de son odeur ressemblant à cel le de la gomme ammoniaque; au dire des autres, ce nom lui vient d’une contrée de l’Afrique nommée Ammonie.
f es anciens chimistes confondaient ce corps avec le carbonate d'ammoniaque. Black les distingua. Un allemand, Kunckel, né vers 1612, en donna la préparation et son mode opératoire était précisément celui que nous employons aujourd’hui quand nous voulons obtenir l’ammoniaquedans nos laboratoires : c’est-à-dire qu’il employait le sel ammoniac et la chaux éteinte par l’eau.
Cependant les éléments constituants n’étaient pas isolés. Schéele, il est vrai, démontra la présence de l’azote, mais là se bornèrent ces observations. C’est h Priestley que nous devons la connaissancedesa composition. Appelant à son aide l’électricité, il put constater précisément qu’il y avait en ce corps de l’azote et de l’hydrogène.
Cette opinion fut corroborée par Berlhollet, et son analyse était tellement rigoureuse que les résultats obtenus coïncident à peu près avec ceux admis aujourd'hui.
L’analyse de l’ammoniaque était donc faite; mais en chimie on veut pouvoir refaire ce que l’on a ainsi défait; en un mot, on aime à ce que la synthèse viennent confirmer les faits établis par l’analyse.
Le docteur Austin obtint ce résultat. En effet, il observa qu’ayant mis du gaz azote en contact avec du fer humecté d’eau, il y avait production d’oxyde de fer et d’ammoniaque.
Azote et hydrogène telle était la composition reconnue de l’ammoniaque, lorsque Davy fit ses fameuses expériences sur les alcalis. Avec la pile il découvrait le potassium et le sodium, et il déclarait que la potasse et la soude étaient des combinaisons d’un métal avec l’oxygène
La proposition qu’énonçait Davy sur les alcalis fixes porta les savants de l’époque à s’occuper de nouveau de l’ammoniaque. Puisque la potasse et-la soude étaient reconnus des oxydes, pourquoi l’alcali volatil lui aussi ne serait-il pas un oxyde?
Constater la présence d’un métal et de l’oxygène tel fut le but vers lequel tendirent les travaux de Thénard, de Davy et de Berzelius.
Ils se mirent donc à étudier les effets de la pile sur l’ammoniaque et obtinrent avec les sels ammoniacaux un véritable amalgame.
Le mercure était en communication avec le pôle négatif de la pile et le sel avec le pôle positif. Aussitôt que l’action voltaïque se produisait, le mercure augmentait de volume et formait un solide mou semblable à l’amalgame mou du zinc.
Davy, lui, plaçait une combinaison liquide de mercure et de potassium dans une petite coupelle légèrement humectée de sel ammoniac, l’amalgame se forme, s’épaissit et prend un volume six à sept fois plus considérable.
Ainsi voilà une expérience capable de renverser les idées admises et voilà la trace d’un métal nouveau. Il fut en effet impossible d’isoler l’ammonium. Gay-Lussac et Thénard revinrent alors sur leur idée et pensèrent qu’il n’y avait pas réellement de métal, mais seulement une combinaison de mercure, d’hydrogène et d’ammoniaque expliquant l’expansion qui se fait par la faible condensation de l’hydrogène.
Nous verrons plus loin quelles sont les raisons qui portent à penser que l’ammoniaque basique est bien un oxyde et que l’ammonium peut exister.
En tout cas voici comment, après l’avoir confondue avec ses combinaisons salines, les savants arrivèrent pas à pas à s’assurer de la constitution de l’ammoniaque et à supposer l’existence d’un nouveau métal.
Là se borne son histoire, étudions maintenant ses modes de préparation, ses propriétés tant physiques que chimiques. —Voyons quçls sont ses usages et son utilité, soit comme engrais, soit comme élément nourricier des végétaux. —