‹ De l'amourChapitre 1 sur 2 · LES DIX COMMANDEMENTS · texte numérisé non relu

LES DIX COMMANDEMENTS

Tu t'mim*rt$ M-mém*.

Tu atmtra» ta compagnt.

Tu aimtrat ton pèrt, ta mira 0I ttt tnfamtt

Tu aimtrat ton ami.

Tu aimtrat Itt vitillari».

Tu aimtrat ta proftttiam.

Tu aimtrat ta Palria.

Tu aimtrat la vérité.

Tu aimtrat U dtuair.

Tm mémarmt Dim.

Tu aimerai ta compagne.

L'amour est le désir d'être aimé.

C'est sa vraie définition, la définition de son principe, de sa naissance, de ce qu'il est quand il nait.

Cette définition conviendrait-elle à l'amitié ? Non ; car l'amitié est en son principe le désir de confiance, le désir de se confier à quelqu'un et le désir qu'il se confie à vous et il entre de cela dans l'amour ; mais ce n'en est qu'une partie et ce n'en est pas le principe et il entre dans l'amitié du désir d'être aimé, mais ce n'e^i est

qu'une partie et ce n'en est pas le principe.

L'amour est le désir d'être aimé autant que l'on peut être aimé, autant que l'imagination vous représente qu'on peut l'être. Par suite l'amour est un désir de possession, (( dans l'âme c'est une passion de régner » comme dit La Rochefoucauld; c'est un désir de possession, n'y ayant possession plus complète que celle d'un être qui vous aime absolument. La possession des choses est une possession qui a un caractère passif; la possession d'un être qui vous aime est une possession qui s'avoue, qui se proclame, qui signe l'acte de possession. « De tout ce que nous possédons, a dit quelqu'un, les femmes seules prennent plaisir à être possédées ».

L'amouT est désir d'être aimé et par suite désir de possession sans partage et sans réserve.

Je n'approuve donc qu'en l'interprétant le mot de M. Ernest Rey dans son livre récent sur l'amour :

(( Le désir de l'amour n'est pas l'amour, encore ; mais la peur de l'amour l'est déjà. » Le mot est joli, parce qu'il est presque exact, et il est presque exact parce que les proportions des choses y sont gardées très exactement. Mais l'auteur s'y trompe d'un cran, d'un degré de l'échelle. Le désir de l'amour est déjà de l'amour ; mais la crainte de l'amour est décidément de l'amour. Voilà, je crois la vérité.

Le désir de l'amour est déjà de l'amour ; car, sinon, qu'est-ce qu'il serait ? 11 est déjà curiosité, appétence, appétit relativement au fait d'être aimé ; il est déjà de l'amour; il est de l'amour naissant. C'est précisément cet amour là, je veux dire l'amour à ce degré, qu'a si souvent analysé Marivaux, qui est le poète de l'aube et du printemps du cœur.

Quant à la peur de l'amour elle est décidément de l'amour ; car elle est de l'amour qui s'ignore si peu qu'il mesure les dangers qu'il court

De f Amour

et qu'il fait courir, donc qui mesure son intensité et sa grandeur.

La diflFérence, sensible, je le reconnais, c'est que le désir d'aimer peut être indéfini, incirconscrit, inspécialisé. On peut désirer d'être aimé sans savoir précisément de qui ; c'est l'état de beaucoup de jeunes gens. Et c'est probablement ce qui fait dire à M. Rey que ce n'est pas là de l'amour. C'en est pourtant, en ce sens que c'est une prédisposition très vive et même violente souvent, qui va certainement se circonscrire et se localiser sur une personne.

La peur de l'amour, ne peut guère, elle, exister que circonscrite et localisée sur une personne; mais d'une part elle peut, elle même, être incirconscrite et c'est l'état d'assez nombreux jeunes gens encore ; et d'autre part, localisée, elle est précisément en raison du désir même ; on a peur d'aimer en mesurant le danger à la profondeur du désir, de sorte qu'il est démontré que le

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