DE QUELQUES USAGES
La castration était , vers le Bœtis , la punition de l'adultère, et, en Egypte, celle du viol. Plus récemment ce tiit, chez les Perses, le châtiment réseiTé à la bestialité. Du muins cette mutilation paraissait indiquée par la nature même des actes contre lesquels on voulait sévir; mais elle devient un des plus rnooslrueux
écarts de notre esprit déréglé, quand on ne se propose que de rendre plus sure Finspection des harems , ou quand on n'a pour objet , comme dans Tltalie moderne, qu'une certaine manière d'exécuter quelques morceaux de chant.
On a observé jusque dans les "Pyrénées des traces d'un usage moins rëyoltaut, mais plus singulier, qu'on désignait communément sous le nom de couvade. Sans doute des formalités par lesquelles un homme se donnât pour le père du nouveau-né , semblaient indispensables dans des états où les enfans restaient à la famille, et où cependant une liberté de moeurs, autorisée par les institutions , laissait plus d'incertitude qu'on ne voudrait en conserver parmi nous. En expliquant les anciennes coutumes conformément à son système général , l'auteur de \ Antiquité dés^oilée regarda cette conduite des maris comme une pénitence, lui signe de repentir; il supposa que quand on avait contribué à propager F espèce contre la-
quelle le ciel était irrité, on cherchait à expier une faute aussi audacieuse (19)-
Des erreurs, au nombre desquelles une morale exacte rangerait sûrement cette indis* solubilité du mariage qui le fait redouter par beaucoup d'hommes , des erreurs très-répandues ont rendu commune la prostitution. Dans des temps moins austères en un sens, elle se rattachait au culte, et les Hindous ont encore leurs Devedeschies , ou les Japonais leurs 6icanis; mais nos courtisanes paraissent plus vileS| parce qu*on trouve dans leur cupide licence quelque chose d'opposé à Tesprit apparent de nos usages. C^est en partie chez elles que tant d'hommes Tont prendre, avec la honteuse habitude de mépriser les femmes , celle de négliger les conyenances les plus salutaires.
Quels sentimens honnêtes conserve- 1- on quand on a ])erdu tout le prestige de Tamour ? En vain celui des deux sexes qui a le plus de liberté extérieure voudrait établir que chez
lui tout est pardonnable à cet égard. La délicatesse dans Tordre moral ne permet point de prodiguer, ou même de supporter les démonstrations de Tamour , non pas seulement sans aimer, sans estimer, sans connaître, mais avec une prompte répugnance. C^est une témérité incompatible avec Tbonneur même d'aller chercher, dans d'ignobles réduits, les restes de ces maux qui firent le désespoir de plusieurs millions d^imprudens. On peut n'écouter que rinstinct pour satisfaire d'autres besoins des sens ; mais, en amour, puisqu'il s'agit de concilier des sensations qui varient selon la complexion, et même suivant les penchansdetout genre, il faut du choix, de la grâce, de la pudeur , enfin quelque réserve au milieu de l'abandon.
DE L ESnUT