‹ De l'amourChapitre 18 sur 67 · DU SYSTÈME MORAL, ETC · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME MORAL, ETC

sur les siècles où il ne s’agit guère que de reproduire l’image de quelques vertus publiques, en éludant pour ainsi dire l'extrême désordre. Il se peut que de nos jours l’homme supérieur ait souvent plus de science, et autant de génie, que les hommes les plus remarquables des vieux âges; mais les obstacles deviennent très-grands, et pour entreprendre de les surmonter, il faudrait du moins attendre un concours de circonstances particulières.

, Sans croire les anciens généralement supérieurs à nous, on peut leur attribuer quelque avantage sous ces rapports. Les modernes pourraient renoncer entièrement à toute législation spéciale, sans que ce fût de leur part un signe d’incapacité. Les institutions fortes sont devenues presque impossibles à cause de la difficulté actuelle de se concerter avec les astres, ou de brûler à propos des buissons, et à cause du mélange d’idées produit par le commerce. Si les modernes, en perdant insensiblement les passions, n’y substituent pas la justice, sans doute ils resteront sous le double joug de la routine, et de la froide cupidité; mais si le cœur devient soumis aux conséquences de la pensée, les modernes seront meilleurs que l’homme impétueux ou crédule des premiers temps, et on connaîtra enfin la véritable société.

On observe le cœur humain avec autant de pénétration que dans aucun autre temps;

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