DE L'INFLUENCE DE L’AGE, ETC
espérances. À vingt, ou à vingt-deux ans, tout amusait; le jour était rempli de distractions, et durant la nuit l’opiniâtreté du sommeil rendait l’oubli facile. Sans doute on devait être plus exposé à des attachemens subits. et impétueux, à ces illusions qui subjuguent toutes les facultés; mais si nulle rencontre semblable n’éveillait les sens, ils paraissaient quelquefois assez calmes, malgré l’ardeur générale des sentimens. C’est vers trente-six ans, et au-delà, que le désir d’une intimité voluptueuse se présente avec une nouvelle force; il se change pour ainsi dire en une détermination raisonnée. Ce qui n’eût offert que beaucoup d’agrément au sortir de l’enfance, est devenu presque un besoin, parce que la première jeunesse du cœur n’étant plus, on voudrait enfin tenter le sort pour en obtenir quelque bien positif.