‹ De l'amourChapitre 49 sur 67 · DE L'INFLUENCE DE L’AGE, ETC · texte numérisé non relu

DE L'INFLUENCE DE L’AGE, ETC

à l’amabilité; ils voudront n’avoir plus à craindre de rencontrer ces traces du temps.

D’autres enfin cèderont à des motifs plus secrets : sentant qu’ils ne sont plus eux-mêmes ce qu’ils furent, ils préfèreront des femmes sans expérience qui ne puissent pas, dès le premier moment, les comparer à des hommes plus jeunes.

En cherchant ici les raisons de ce qui arrive fréquemment, on ne prétend pas en inférer que cela doive toujours être. À la vérité, si dans la première jeunesse on a joui de l’amour avec peu de discrétion, il est probable qu’ensuite les sens seront plus tranquilles, ou les désirs plus bizarres. Cela ne prouve point que le milieu de la vie ne convienne pas aux plaisirs; mais les craintes ou la modération deviennent naturelles, parce que les forces ont été employées avec une précipitation qui nécessairement les a diminuées. Si, au contraire, cette effervescence dont le sang est sus- <éptible n’a pas eu lieu d’abord, elle sera aussi forte après quarante ans qu’elle l’eût été à vingt-cinq.

Il se peut même que les désirs soient plus fixes et plus importuns, lorsqu'on est moins jeune. Non-seulement il reste peu d’années propices, mais on s’aperçoit que chaque saison s’écoule rapidement. On a réfléchi sur J’inépuisable diversité des douceurs de l’union intime, et on est désabusé de plusieurs autres

Page 1