DES
ANENTHÉNIQUEN GÉNÉRAUX ET DE LA COCANE
Lor sque, vers 1850, on proposa, sinon de remplacer, du moins de placer, à côté de l’éther sulfurique, comme agent anesthésique, le chloroforme, la proposition fut mal accueillie. Les Académies de Médecine et des Sciences donnèrent leur sanction; malgré cela, le chloroforme eut de nombreux détracteurs et beaucoup refusèrent, comme aujourd’hui à propos des injections lombaires, son emploi. Ces refus étaient alors motivés, car, outre les succès, les débuts n'étaient pas favorables au nouvel agent. Les journaux anglais apporterent, en effet, le récit de sept accidents consécutifs et déplorables : des malades avaient succombé, pendant la chloroformisation, avant le début de l'opération; d'autres étaient morts si peu de temps après qu'on regardait le chloroforme comme cause des décès. Ces faits se renouvelerent malheureusement aussi bien en Nous qu'à l'étranger.
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Or, si nous comparons l'accueil fait au chloroforme à cette époque et celui fait de nos jours aux injections
lombaires de cocaïne, nous rencontrons la même
résistance. Les détracteurs de lanalgésie cocaïnique sont plus nombreux que les partisans. Et pourtant,
la cocaïne se présente sous de meilleurs auspices
que le chloroforme. :
Depuis plus d'un an, certains chirurgiens français ou étrangers suivent l'exemple de Tuffier; les annales de la chirurgie doivent renfermer plus de mille cas d'anesthésie médullaire, et combien de cas malheureux? Pas un que nous sachions, pas un qui soit parvenu jusqu'à nous. Le cas échéant ne resterait pas longtemps ignoré : trop heureux seraient les détracteurs de le produire à la lumière, de s'en servir comme arme de défense. À ce propos, la déclaration de M. Racovicéanu, de Buccharest, au dernier congrès de Médecine, nous a toujours frappé : sur cent vingt-cinq anesthésies médullaires, ce chirurgien à eu quatre-vingts fois des phénomènes d'intoxication allant jusqu'à la syncope, a dû recourir aux injections de caféine, à la respiration artificielle. A quoi cette mauvaise série pourrait-elle bien tenir? La dose de cocaïne n'aurait-elle pas été trop forcée ?
Dans nos observations, chez deux malades on a dû recourir aux injections de caféine. Le n° % était mort de peur; le n° 9 était un enfant et le chirurgien eraignait d'avoir forcé la dose. |
Cinq opérés sont morts, opérés tous in extremis ; l’un d'inanition, après une gastrostomie : 1} était
— A0 — resté quinze jours sans prendre aucun aliment; deux de péritonites septiques; le quatrième d’une hernie étranglée depuis six jours pleins; enfin, le cinquième d’une hémorrhagie de l'artère rénale.
Ce ne sont donc pas les cas malheureux, les décès qui auraient pu survenir (Car nous ne nions pas la possibilité des accidents d'intoxication comme dans la méthode de Reclus), qui font écarter systématiquement l’anesthésie médullaire. Mais les accusations portées à son encontre sont ROMDEAUSES Passons-les en revue.
L'injection lombaire peut produire l'infection des méninges, des accidents tardifs par suite d'altération de la moelle.
L'infection des méninges peut se produire, n'être pas imputable au procédé, plutôt au manque d’aseptie. Avant l'ère de l'aseptie on n'osait pénétrer dans le péritoine de crainte d’'infecter la séreuse. De nos jours on le fait couramment et les accidents sont rares.
Les accidents médullaires tardifs sont également possibles, mais là cocaïne à sur les éléments nerveux une action comparable à celle de l'alcool, de l'éther, du chloroforme. Dans l’anesthésie par le chloroforme, léther, les éléments nerveux sont
altérés par les anesthésiques et c’est même l'élément :
le plus noble, le plus délicat qui ouvre la scène. C'est un véritable empoisonnement des cellules nerveuses, dit Dastre, pour qui l’anesthésie chirurgicale n'est que le premier stade d’un empoisonnement général. Ne devrait-on pas craindre que ces