‹ De L'Analgésie Chirurgicale Par La Voie RachidienneChapitre 3 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'anéantissement de la douleur pendant le cours des opérations fut, jusque vers le milieu du siècle passé. la préoccupation de tous les hommes de l'art. De tout temps, espérant atteindre ce but, une foule de moyens furent tour à tour proposés puis réjetés comme insuffisants. Les narcotiques destinés à déprimer la sensibilité d’une manière chirurgicalement appréciable; l'or, l'argent, le cuivre, employés à confectionner les instruments de chirurgie; les instruments compresseurs, l'ivresse alcoolique, n’amoindrirent que fort peu les souffrances des pauvres patients.

Vers la fin de 1846, les chirurgiens américains mirent en pratique, pour arriver à ce but, les vapeurs d’éther sulfurique. Cette découverte fit grand bruit dans le monde médical. L'Académie de Médecine, l'Académie des Sciences s'occupèrent de ce nouvel” agent qui promettait de si grands bienfaits à Fhumanité, à la science. Les opinions, très partagées au début, rallièrent bientôt les suffrages de la majorité et l’éther fut employé couramment.

Quelques années plus tard, un nouvel agent fut mis en cours. Il eut les mêmes péripéties que l’éther, beaucoup le rejetèrent systématiquement, quelques audacieux l'adoptèrent; puis, le ehloroforme prit la place qui lui revenait dans l'art chirurgical, se partageant avec l'éther les faveurs des grands maitres.

L'éther et le chloroforme devinrent done des anesthésiques généraux. Mais, la sagacité des chercheurs ne pouvait s'arrêter là. S'il paraissait propice d’anesthésier un malade pour pratiquer une opération d’une certaine importance, la chose paraissait exagérée pour une opération de petite chirurgie. Aussi proposa-t-on certains éthers, certains alcaloïdes pour obtenir une anesthésie partielle, disons mieux, une analgésie locale. Ainsi fut proposée et employée, en 1878, par Fauvel et Coupard, la cocaïne.

Entre les mains de certains chirurgiens tels que Reclus et Walls, ce nouvel agent anesthésique rendit de grands services. Certaines opérations, sortant du domaine de la petite chirurgie, furent même tentées avec succés.

Enfin, depuis quelques années, on a essayé de faire prendre rang à la cocaïne parmi les anesthésiques généraux, en agissant sur les centres nerveux, sur la moelle : c’est le procédé des injections intrarachidiennes de chlorydrate de cocaïne que nous nous proposons de traiter.

Page 1