‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 13 sur 70 · OBSERVATION QUATORZIEME · texte numérisé non relu

OBSERVATION QUATORZIEME

Tubercules pulmonaires avec cavernes chez une femme de 68 ans. — Pneumonie intercurrente, — Mort, — Autopsie confirmante.

Françoise Prempt, âgée de 68 ans, est admise à l'hôpital de la Charité, le 50 juin 1847, dans le service de M. le professeur Bouillaud, salle Sainte-Anne , n° 5. Née à Paris, elle est devenue sujette à s'enrhumer seulement depuis quelques années , car auparavant elle jouissait habituellement d'une bonne santé. Deux mois avant son entrée, elle fut prise subitement de courbature générale, de céphalalgie, de gêne de la respiration et de toux assez fréquente sans expectoration. Ces symptômes persistèrent, avec une légère réaction sur les voies digestives, jusqu'à l'époque actuelle. Elle ne s'alita cependant pas et put venir à pied à l'hôpital.

Je laisserai maintenant parler M. le docteur Hillairet, chef de clinique de la Faculté. «La respiration, très-nota- « blement gênée , était à 38-40 inspirations par minute , « et la toux peu fréquente, non quinteuse, n'était pas pour « le moment suivie d'expectoration. La percussion, pra- « tiquée avec soin , me permit de constater que la réson- « nance de la poitrine, normale en avant et à gauche, était « peut-être un peu exagérée du côté droit, dans toute sa « hauteur. A l'auscultation je trouvai de la rudesse de la « respiration, qui était mêlée de quelques râles sonores . « disséminés, s'entendant principalement dans ttnspira- « tion , avec un peu de faiblesse du murmure vésiculaire,

« tandis qu'à gauche et au sommet seulement , elle était « rude, forte et comme soufflante. En arrière, la réson- « nance de la poitrine était également à peu près normale « du côté droit, et la respiration présentait la môme ru- « desse, les mêmes ronchus, et la même faiblesse du mûrit mure vésiculaire. Mais du côté gauche il existait de la « matité dans toute la hauteur de la poitrine, depuis la « fosse sus-épineuse jusqu'à la base, de même qu'en tirant « vers les régions axillaires et sous-axillaires. Toutefois, la « matité était plus complète dans les fosses sus et sous- « épineuses, et à l'auscultation je rencontrai dans la pre- « mière de ces régions un souffle bronchique des plus « marqués avec du retentissement bronchophonique de la « voix. A partir de la fosse sous-épineuse jusqu'au bas et « vers les régions axillaire et sous-axillaire , il n'y avait « pas de souffle ni de retentissement de la voix, mais des « bordées énormes de râle crépitant à bulles un peu fortes « et humides. »

La percussion et l'auscultation fournissaient aussi sur l'état physique du cœur des renseignements dont l'autopsie a permis de vérifier l'exactitude. Aucun autre symptôme n'indiquait de lésion sérieuse des organes renfermés dans la cavité abdominale. Il n'existait non plus aucune lésion appréciable du côté du système nerveux.

Un traitement antiphlogistique énergique fut opposé à la maladie de Françoise Prempt, et la phlegmasie dont elle était évidemment atteinte parut céder en partie. Mais la faiblesse dont se plaignait la malade à son entrée à l'hospice en fut considérablement augmentée, et la malade, après une nuit très-agitée , s'éteignit pendant la nuit du 4 au 5 juillet dans un état de prostration extrême.

Autopsie , trente-six heures après la mort.

L'aspect général du cadavre et la cavité crânienne n'offrent rien à noter.

Cavité thoracique. — « Environ deux verres de sérosité « rougie dans chaque plèvre; pas de rougeur ni d'injection « notable à leur surface. Quelques adhérences fibreuses « anciennes au sommet, ainsi qu'à la partie postérieure du « poumon gauche. Dans tout le tiers supérieur de ce pou- « mon, le tissu est assez dur, plus dense, plus friable « et plus pesant qu'à l'état normal. Sa coloration rouge, «assez foncée dans certains points, tire dans d'autres, « principalement au sommet , sur le gris sale. A la sur- « face des coupes , les différences de coloration sont très- « apparentes; on y aperçoit un marbré de gris sale et « de rouge. Il s'en écoule à la pression un liquide séreux « d'un rouge grisâtre, traces évidentes de la transition du « second au troisième degré, 'tout à fait au sommet, on « rencontre deux ou trois petits tubercules , et dans Vépais- « seur du tissu, une petite caverne à parois lisses, entourée « de matière tuberculeuse. Dans les deux tiers inférieurs de « ce poumon, et principalement dans la moitié postérieure, « le tissu pulmonaire présente une coloration rouge, ré- « siste assez sous le doigt , ne crépite plus et se déchire

« assez difficilement. — Au sommet du poumon droit on ren- « contre encore quelques tubercules crus, un peu plus volu- « milieux que ceux du poumon gauche. Il existe également « une caverne du double plus grande que celle du côté op\ osé. « —Le reste du poumon n'offre rien à noter. »

Le cœur est d'un tiers plus gros qu'à l'état normal. Le tiàsu du ventricule gauche est épaissi , assez résistant; sa

cavité est assez élargie. A la base de ce ventricule on sent à travers les parois un cercle dur et résistant. A l'ouverture de ces cavités, on trouve l'orifice auriculo-ventriculaire ayant ses dimensions à peu près normales. Il est soutenu et entouré par un cercle résistant, osseux, formé de deux parties demi-circulaires juxtaposées. Ce cercle, situé à la base de la valvule mitrale , laquelle est épaissie, ratatinée et insuffisante , remplace la charpente fibreuse qui, à l'état normal, soutient l'orifice et la base de la valvule.

Ces lésions, que nous n'avons fait qu'indiquer rapide^ ment, rendent parfaitement compte des symptômes qui se manifestaient pendant la vie , et que nous avons passés sous silence commeéirangersà notre sujet.

Cavité abdom^^^es^^h^p^n y sont contenus n'offrent rien deCDien nolameTsi ce'ïfeM un ramollissement considérable ae laMif^i|e(pf^gtriquelau niveau du grand cul-de-sac k^e ramollissement de 'l'a/rate qui est presque dilîluente; euesa^e^^a^n^cÇ^eVvé son volume normal.

Les organes uénito-urinaires n'offrent que des lésions peu importantes [Gazette des hôpitaux, année 1847, n° 121. Par extrait).

Nous allons passer maintenant à un autre ordre de faits.

27. Pendant longtemps les maladies des os et de leurs annexes ont été considérées comme des maladies purement scrofuleuses-, mais les Recherches de M. le docteur Nélaton (déj. cit., 19) furent le signal d'une réaction en sens contraire, et je ne sais pas si aujourd'hui la grande majorité des jeunes praticiens (1) ne considèrent pas toutes les

(i) On peut bien croire qu'il en est ainsi quand on voit MM. les docteurs Killiet et Bavlhez (clans leur traité clinique

maladies des os (gonflements et caries) comme des affections tuberculeuses de ces mêmes organes.

Nous allons essayer de démontrer : 1° qu'il existe des caries des os non tuberculeuses et cependant développées sous l'influence de ce principe qui a porté, comme toujours, ses ravages sur les organes intérieurs; et 2e des caries des os sans manifestations tuberculeuses. Plus tard nous parlerons du tubercule des os.

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