‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 19 sur 70 · VINGT ET UNIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT ET UNIÈME OBSERVATION

Tumeur blanche. — Mort. — Tubercules dans les poumons et dans le péricarde,

« Un homme atteint de tumeur blanche avait succombé « avec les symptômes de l'infection purulente. On avait « soupçonné pendant la vie l'existence de tubercules pul- « monaires. La lobe inférieur du poumon gauche offre l'as- « pect extérieur de l'hépatisation rouge mêlée avec la « grise. Le microscope montre en effet le mélange des « deux éléments, savoir un sérum rougeâtre et des globu- « les granuleux mêlés surtout, par places, avec des glo- « bules de pus. Au milieu de ces tissus enflammés se trou- « vent des tubercules miliaires dont les éléments, par « conséquent, se trouvent sous le microscope, mêlés avec • ceux de l'exsudation. Le cœur du même individu était « adhérent au péricarde à la suite d'une ancienne péricar-

« dite. Ce péricarde est très-vasculaire. Les restes des faus- « ses membranes sont infiltrés de matière tuberculeuse et « dans quelques endroits de tissu adipeux.

38 Us. Nous citerons encore quelques faits qui, tout en manquant d'une dernière démonstration, ne tendent pas moins à prouver la fréquente coïncidence de tubercules dans les poumons avec l'existence d'une tumeur blanche. Ces mômes faits prouveront aussi l'insufffisance des traitements locaux qu'on oppose généralement à ce genre d'affections, de même que la XXe observation approuvé l'inutilité de l'amputation, ce qui doit avoir lieu pour un grand nombre de cas.

Nous avons constaté le décès d'un enfant de 12 ans, qui succomba, le 19 août 1844, après avoir offert les symptômes les plus caractéristiques de la phthisie pulmonaire : toux continuelle , expectoration abondante grande oppression, dévoiement, sueurs nocturnes, peu abondantes toutefois, maigreur poussée jusqu'au marasme. Cet enfant portait au coude droit une tumeur blanche, qui remontait à neuf mois, et qu'on avait en vain combattue par les frictions mercurielles et l'immobilité du membre, afin de produire Tankilose, qui a été proposée comme un moyen de guérison des tumeurs blanches.

Nous avons encore eu l'occasion (5 novembre 1846) de constater le décès d'une autre enfant (Victoire Brochard) qui était décédée le même jour, à sept heures du matin, d'une phthisie tuberculeuse et après deux ans de maladie- Un an avant sa mort, elle avait été guérie par un traitement local d'une tumeur blanche de l'articulation numéro-cubitale gauche. C'est peu de temps après cette

guérison que les symptômes de la tuberculisation pulmonaires commencèrent à se développer, et, quoique l'autopsie n'ait point été faite, ces symptômes prirent rapidement un caractère d'évidence telle, que le doute n'était même pas possible sur la nature et le siège de la maladie qui fit succomber Victoire Brochard.

38 ter. C'est encore dans notre service de vérification que nous avons pris le fait suivant.

VINGT-DEUXIÈME ORSERVATION.

Tumeur blanche de V articulation fèmoro-tibiale gauche, après une affection du même genre de V articulation tibio-tarsienne du côté droit, guérie spontanément. — Mort avec tous les symptômes de la phthisie pulmonaire.

La femme Frantz est décédée le 27 septembre 1846, portant une tumeur blanche de l'articulation fémoro-tibiale gauche. Mais, en outre, voici deux à trois ans que cette jeune femme toussait continuellement et cette toux avait augmenté considérablement depuis le développement de la tumeur blanche, c'est-à dire depuis six mois. Dans les trois mois qui avaient précédé la mortelle était devenue incessante et s'était compliquée d'une diarrhée colliquative continuelle et de sueurs nocturnes.

Nous completterons l'histoire de la femme Frantz en transcrivant ici en grande partie la lettre que nous a écrite à son sujet M. le dr Frémeaux.

« J'ai soigné la femme Frantz d'abord avant son ma- « riage : 1° Pour un abcès non syphilitique à la vulve, « 2° Pour une petite plaie de nature scrofuleuse au pied « gauche avec perte de substance osseuse. Cette petite

« plaie qui a été plusieurs fois guérie, du moins en appa- « rence, soit à l'hospice, soit par moi, remontait à la plus « tendre enfance, et s'est reproduite un grand nombre de « fois. C'est à une époque d'apparente guérison que la « malade s'était mariée; mais peu de temps après elle se « fit une entorse au genou. C'est à la suite de cet accident, « si léger en apparence, que le genou étant devenu gros « et douloureux, la femme Frantz fut obligée de prendre « le lit et bientôt transférée à l'hospice de la Charité , où « l'on ne trouva d'abord d'autre remède à opposer à ce « mal que l'amputation, à laquelle M. le professeur Yelpeau « s'empressa de renoncer, tant les conditions de santé gé- « nérale lui parurent fâcheuses. Elle rentra chez elle le « 28 août pour y succomber un mois après, dans l'état où * vous l'avez trouvée. »

38 quater. — Dans l'observation suivante, que nous avons puisée dans notre pratique et qui nous paraît offrir un grand intérêt, le développement de la tumeur blanche a précédé, de plus de cinquante ans, celui de l'affection tuberculeuse des poumons.

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