L'influence du sexe nous paraît nulle dans Tétio
logie du scrofule, et nous ne trouvons rien dans les auteurs qui change cette opinion. Cela peut bien tenir à ce que, dans l'enfance, le tempérament lymphatique domine chez les deux sexes.
151. Le scrofule affecte des formes extérieures, qui lui sont propres, mais il est impossible d'établir un ordre systématique dans la série des symptômes qui caractérisent cette diathèse ^ aussi nous sommes-nous toujours contenté, dans nos recherches, de diviser les maladies scrofuleuses en scrofules des parties molles et scrofules des os.
152. Le scrofule se manifeste à la peau et dans le tissu cellulaire sons-jacent, dételle sorte qu'on rattache à ce principe plusieurs dermatoses , certains Eczéma , YEcthyma surtout, V Impétigo ^ ['Intertrigo et le Porrigo favosa* MM. Beaudelocque et Lugol rangent aussi le Lupus parmi les manifestations les plus terribles du scrofule cutané. Nous soignons dans ce moment une jeune femme atteinte d'un lupus, qui a son siège sur le bras gauche ; cette malade est sans doute éminemment scrofuleuse, mais elle est, aussi, probablement tuberculeuse ; ce fait et d'autres cités par les auteurs ne suffisent pas pour nous faire ranger le lupus parmi les manifestations scrofuleuses. Pour nous, le lupus est une maladie à part, qu'il faut encore maintenir, jusqu'à nouvel ordre, en dehors des cadres nosologiques.
153. C'est en se portant sur le tissu cellulaire sous cutané, que le scrofule produit certaines tumeurs si longues à se développer ; certains abcès si longs à s'ouvrir.
154. Sur les muqueuses, il produit cette ophthalmie, cette kérato-conjonctivite qui a un cachet qui lui est propre , au point qu'il sullit de l'avoir observée une fois pour la reconnaître ensuite avec la plus grande facilité. Il
donne encore lieu à l'otorrhée, à l'ozème. Chez les jeunes filles, à certains écoulements vaginaux. Ne négligeons pas de faire remarquer que la plupart de ces symptômes appartiennent à la diathèse scrofuleuse et qu'on ne les retrouve pas ou presque pas dans les symptômes tuberculeux.
155. Enfin le principe scrofuleux se porte sur les glandes du cou et de l'aisselle, principalement du cou, et donne lieu à cette forme de la maladie qu'on distinguait anciennement par le nom d'ècrouelles. C'est cette forme de la maladie, qui est si souvent une manifestatiou tuberculeuse, et qui a été ainsi la cause de la confusion où l'on est tombé, pour le diagnostic de ces deux ordres d'affections.
Iô6. Faisons de suite une remarque , c'est que tous ces phénomènes se passent à la périphérie du corps, sans donner lieu à aucune manifestation morbide vers les organes intérieurs. Aussi ces formes du scrofule peuvent-elles durer des années, sans altérer profondément la santé générale et nous ne croyons pas (du moins ne l'avons nous jamais observé) que la mort puisse terminer le scrofule des parties molles.
156 bis. Le scrofule des os offre quelque chose d'analogue dans sa marche et, dans notre opinion, la maladie débute, sinon toujours, du moins presque toujours, par le périoste. Une fois cette membrane, qui est au système osseux ce que la peau est au système général; une fois cette membrane atteinte par le principe morbide qui entache l'économie, tous les os sont également menacés, mais d'autant plus facilement atteints, que la partie compacte est moins abondante, que la partie spongieuse est prédominante. Là encore l'élément morbide exerce ses ravages de l'extérieur
à l'intérieur. L'os frappé dans la membrane qui préside à Sa nutrition (Voy. les savantes recherches de M. Flourens) s'enflamme, se ramollit, s'exfolie, se carie. Mais je le répète encore, le travail de destruction marche de l'extérieur à l'intérieur, de sorte que lorsqu'on fait, chez un sujet qui a succombé, l'examen des os malades, c'est toujours vers le centre de l'os, qu'on retrouve des portions encore saines
157. Le tubercule suit une marche tout à fait inverse. C'est dans les organes intérieurs qu'il fait de prime abord élection de domicile 5 delà le principe destructeur s'irradie vers les organes analogues placés à la périphérie du poumon, des ganglions bronchiques vers les glandes du cou, vers celles de la région axillaire. Dans les os, les choses se passent d'une manière tout à fait analogue. La matière tuberculeuse se dépose d'abord dans le canal médullaire, puis elle se loge en détruisant autour d'elle du dedans au dehors. Delà la formation de séquestres de dimensions considérables, delà la formation de cette matière éburnée, qui appartient surtout à la tuberculisation des os. — Nélaton-177.