MATÉRIAUX
H Êfc
solide du
Organiques.
sérum.
Inorga* niques,
1er cas. . . .
2e cas . . . .
3e cas ....
4e cas. . . .
5e cas ....
6e cas ....
7e cas , . . .
8e cas . , . .
9e cas . . , .
10e cas. . . .
11e cas. . . .
12e cas. . . .
13e cas. . . .
14e cas. . . .
15e cas. . . .
16e cas. . . .
17e cas. . . .
18e cas. . . .
19e cas. . . .
20e cas. . . .
21e cas. . . .
242. Au premier coup d'œil jeté sur ce tableau , on ne peut s'empêcher de remarquer deux résultats constants :
1° L'abaissement du chiffre des globules, qui peut tomber jusqu'à 76.7. — « Ainsi, dit M. le professeur Andral m {Traité d'hémathologie, p. 171), la condition du sang qui « coïncide avec le commencement de la phthisie pulmo- « naire, et qui vraisemblablement la précède (1), C'est cette « condition générale que l'on retrouve dans tous les cas? « où, par une cause quelconque, les forces vitales ont « perdu de leur énergie. »
2° L'augmentation toujours coïncidente de Peau, dont le chiffre peut s'élever à 845.8.
243. Faisons de suite remarquer que ce même résultat a été fourni par l'analyse faite par M. Nicholson du sang des serofuleux. Sous ce point de vue, l'examen comparatif des recherches du médecin anglais et de celles des deux savants français mènerait à un résultat fort inattendu sans doute, celui d'une altération du sang plus considérable chez les scrofuleux, que chez les tuberculeux! Mais les faits de certaines chlorotiques chez lesquelles le chiffre des globules s'est abaissé jusqu'à 38.7, et même dans un autre cas jusqu'à 27.9, pendant que les proportions de l'eau s'élevaient jusqu'à 866.70 et 886.000 (Andral et Gavarret), ces faits, disons-nous, tendent à prouver que les globules, et l'eau par conséquent, peuvent subir d'énormes variations dans leurs proportions, les globules au-dessous, l'eau audessus de leurs chiffres normaux, sans que la vie soit
(1) Nous discuterons tout-à-l'heure cette assertion , et nous arriverons sans doute à démontrer, que ee n'est qu'une hypothèse forf contestable.
sérieusement menacée, car les deux malades qui ont offert un abaissement si considérable du chiffre des globules n'en ont pas moins guéri! Les scrofuleux, qui offrent aussi parfois des chiffres si bas pour la proportion des globules guérissent aussi.... tandis que les tuberculeux périssent!
2k4. Faut-il donc rechercher la cause de cette différence dans l'issue de l'une et de l'autre maladie, dans ce résultat qui nous est encore donné par le môme tableau , qu'en môme temps que les proportions d'eau augmentent, les principes organiques et inorganiques qu'elle tient en dissolution et dont la présence la constitue à l'état de sérum, ces principes, dis-je, sont représentés par un chiffre toujours plus faible, que celui de l'état normal (88) , que nous avons donné plus haut, el nous voyons dans ce môme tableau que ce chiffre peut tomber à 65.10. Ce genre d'altération parait appartenir plus spécialement à la phthisie pulmonaire , tandis que l'abaissement du chiffre de la fibrine, toutes les fois qu'il y a absence de tout travail inflammatoire, parait appartenir plus spécialement aux maladies scrofuleuses. Cependant les recherches de M. F. Dubois(232) nous ont montré chez les scrofuleux arrivés à une période avancée de la maladie et faisant craindre une issue fatale, une diminution presque constante dans l'albumine, circonstance qui coïncide parfaitement avec nos recherches personnelles.
245. Quant à l'élévation du chiffre de la fibrine, nous savons déjà qu'elle est la corséquence ou d'une inflammation intercurrente , ainsi que nous venons de le dire plus haut, ou bien du travail inflammatoire qui accompagne toujours la fonte des tubercules. C'est quelque chose d'aua-
— ■382 — logue à ce qui se passe chez les scrofuleux, alors que des glandes entrent en suppuration. Disons que le chiffre le plus élevé pour la proportion de fibrine donné dans la période de la fonte tuberculeuse (5.9) est toujours fort loin de ceiui trouvé dans la pneumonie franche (10.50).
246. Il existe cependant une période de la maladie où la fibrine commence à obéir à la loi de décaissement des autres matériaux du sang, c'est alors que le travail de désorganisation qui s'opère sans cesse dans le poumon a réduit les malades au marasme, Tandis que, nous le rappelons encore , nous avons signalé chez les scrofuleux un abaissement presque constant du chiffre de la fibrine , abaissement qui se manifeste à toutes les époques de la maladie.
247* Nous avons vu que M. le docteur Nicholson avait cru reconnaître à l'aide du microscope une certaine altération dans la forme des globules du sang des scrotuleux, celui des tuberculeux paraîtrait devoir être dans le même cas, selon MM. Du jardin et Didiot. Ces deux jeunes chirurgiens (tous deux attachés à l'hôpital militaire du Val-de- Grâce), entrant dans la voie récemment ouverte par M. Dumas ( Voy. Compte a -rendus des séances de V Académie des sciences, t. xxiî, p. 900) quia eu l'admirable hardiesse de considérer le globule comme un être de vie, ont recherché quelles étaient les maladies dans lesquelles les globules sanguins subissaient quelque altération dans leur structure intime , même alors qu'ils étaient encore contenus dans les vaisseaux destinés à les charrier. Il résulte de leurs premières recherches que le sang des phthisiques a déjà subi une première altération , avant de sortir de la veine.
Voici comment ils sont arrivés à ce premier résultat si important.
On sait maintenant, qu'en suivant un procédé indiqué par Berzéluis , développé par M. Muller et mis en pratique par MM. Lecanu et Figuier, on parvient facilement et promptement à isoler les globules du sang. Ce procédé consiste à mêler le sang, de fibrine -par le battage, avec trois fois ou quatre fois son volume d'une dissolution saturée de sulfate de soude; addition qui modifie les propriétés du liquide où nagent les globules de telle manière, que le mélange étant jeté sur un filtre , celui-ci retient tous les globules dans un bon état de pureté et d'intégrité et la liqueur passe incolore. Mais pour que cette opération réussisse, il faut qu'elle soit appliquée à du sang récemment tiré de la veine. Et môme en opérant sur du sang qui offre cette dernière condition, comme il faut prolonger les lavages avec la solution de sufale de soude , afin de priver les globules entièrement de sérum, on voit bientôt la liqueur se colorer, ce qui dénote une altération des globules, altération qui se manifeste , au fur à mesure qu on s'éloigne davantage du moment où le sang expérimenté faisait encore partie intégrante de l'individu auquel on l'a tiré. Qu'en a conclu M. Dumas (Loc. citât.)! Que le sang contenu dans ses vaisseaux a une vie qui lui est propre; que cette vie, il la conserve encore quelque temps après qu'il a été tiré de la veine, mais qu'il la perd enfin et qu'alors désorganisé, il cède sa partie colorante au liquide dans lequel il nage, il passe môme bientôt à travers les filtres. La dissolution de sulfate de soude parait lui conserver momentanément et même lui rendre cette vitalité. Mais bientôt; ainsi que nous avons vu? il couiuiqiicc à
la perdre de nouveau. M. Dumas a réussi (Loc. citât.) à prolonger encore cette existence propre. Son procédé consiste a aérer sans cesse le sang à l'aide d'un courant d'air atmosphérique, qui le traverse pendant l'opération du battage, celles du filtrage et du lavage.
Eh bien, il résuite des recherches de MM. Dujardin et Didiot que c'est en vain qu'on a recours pour le sang des phthisiques à l'addition de la solution de sulfate de soude, puis à l'aërage; une grande partie des globules n'en passe pas moins à travers le filtre, d'où il en faut rigoureusement conclure, qu'ils avaient déjà subi, quoique contenus dans les vaisseaux d'un être vivant, un commencement d'altération.
« Dans ces derniers états pathologiques (la phthisie , la <s chlorose, l'anémie , les cachexies, surtout la cachexie « cancéreuse)^ le résultat de l'expérience offre une constance « remarquable. Toujours et comme nous l'avons dit, quel- « que soin que l'on prît d'aërer le liquide, dans lequel les « globules étaient suspendus, chaque goutte traversant le « filtre, offrait des traînées rouges, qui ôtaient au sérum la « limpidité que la sulfate de soude aurait dû lui conserver.» — Gaz. d. hôp. Ann. 1846, n° 114.
248. Nous croyons maintenant devoir faire connaître les résultats obtenus par MM. A. Becquerel et A. Rodier [Lcc. cit.)) avec d'autant plus de raisons, que leurs Recherches paraissent avoir été entreprises dans le but de contrôler celles de MM. Andral et Gavarret , et que les résultats qu'ils ont obtenus, diffèrent en plusieurs points de ceux de ces deux derniers expérimentateurs, en même temps que leurs analyses portent sur un plus grand nombre de points.
Nous commencerons par donner les deux tabîeaus qu \ ont dressés, et qui résument toutes les analyses qu'ils ont faites du sang de neuf tuberculeux des deux sexes.
Composition moyenne du sang chez cinq tuberculeux , du sexe masculin :
Densité du sang défibriné. .
— « du sérum
Eau
Globules
Albumine
Fibrine
Matières extractives et sels libres.
Matières grasses
Séroline
Matière grasse phosphorée. . . .
Cholestérine. .
Savon
1res saignées.
-mes saignées.
variable
variable
ùmcs saignées,
1050. 3 1025. 5 103.5 3.6 8.9 1.060 variable 0.386 O- 100 0.564
Sur 1 ,000 parties de sang calciné
Chlorure de sodium.
Sels solubles . . . .
Phosphates. . . . .
Fer. .,..,,.»
Composition moyenne du sang chez quatre tuberculeux, du sexe féminin :
Densité du sang- défibriné 1055. 4
— du sérum. 1028. 2
Eau. . . 79(5. 8
Globules 110. 4
Albumine. . . 70. 5
Fibrine. «4-.
Matières extraetives et sels libres, 7.6
Matières grasses t * . . 1 . 729
Séroline . variable.
Matière grasse pîiqsphofee. . 0. 601
Cholestérine 0. 082
Savon 1. 011
Sur 1000 parties de sang calciné :
Chlorure de sodium 3. 1
Sels solubles . . . , 2. 5
Phosphates , . . 0. 302
Fer 0. 484
249. Ces deux tableaux nous montrent d'abord un abaissement évident du chiffre des globules, abaissement, qui est plus marqué à chaque saignée ; mais l'examen de quelques faits particuliers tendent à prouver, que la diminution du chiffre des globules n'est point un fait sans exceptions, dans la tubercuîisation pulmonaire. Ainsi MM. A. Becquerel et Rodier citent trois faits de tubercules pulmonaires, où l'abaissement du chiffre des globules fut nul ou peu marqué ;
1° Chez un homme atteint de tubercules pulmonaires bien caractérisés , compliqués d'épanchement pleurétiquc
chronique; dans ce cas le chiffre des globules fut 135.00, un peu inférieur au chiffre normal , qu'ils attribuent au sexe masculin (141.10); chez un autre homme, âgé de 34 ans, atteint de tubercules au premier degré, avec abcès multiples, le sang d'une première saignée, qu'on pratiqua pour combattre une hémopthysie de médiocre abondance, donna 143.00, pour le chiffre des globules; enfin, chez une femme atteinte de tubercules au pemier degré, sans lièvre, avec une hémopthysie légère, le chiffre des globules fut normal (127.20). Aussi de ces faits, qui n'ont pas besoin d'être plus nombreux pour avoir une grande valeur, nos deux jeunes auteurs concluent-ils (contrairement à l'opinion de MM. Andral et Gavarret, relatée plus haut): « qu'au début de la phthysie pulmonaire, s'il n'existe pas « de complication , la composition die sang conserve les ca* « raclères de l'état normal. » D'où il en faut nécessairement conclure, que cette diminution n'est pas lu cause du développement des tubercules dans les poumons, mais que c'est leur présence, qui détermine cette altération du sang ; altération qui , sous l'influence de la saignée, augmente plus rapidement que dans toute autre maladie.
250. Ces mêmes expérimentateurs n'admettent qu'avec la plus grande réserve la diminution de l'albumine, et, par conséquent, des matériaux solides du sérum. Mais pour notre compte, cette diminution est rendue péremptoire par suite des recherches de MM. Andral et Gavarret {Lvc. cit.). Enfin, MM. Becquerel et Rocher (contrairement à ce qui a été avancé par M. F. Boudet, dans un mémoire lu à l'Académie de médecine) ont trouvé les graisses sapoimiées du sang, dimiuuées d'une manière plus notable dans le sang des tuberculeux que dans toute, autre maladie. Quant
à la cholestérine, trouvée en proportions considérables dans la matière des tubercules, dans le foie des phthysiques, elle ne paraît point augmenter sensiblement dans le sang de ces derniers (A. Becquerel et A. Rodier).
251. Nous croyons convenable de donner maintenant l'opinion de M. Louis, sur l'altération du sang dans les maladies tuberculeuses. « Quelques médecins , ayant égard « à un grand nombre de tuberculisations générales , ont « attribué la maladie à une altération du sang, et principale- « ment à son appauvrissement, ainsi qu'à la diminution « de la masse totale. Cet état du sang a été en effetjcons- « taté 5 et dernièrement encore, MM. Andral et Gavarret « ont noté la diminution des globules du sang, dans la pre- « mière période de la phthysie. Mais ces altérations sonf- « elles primitives ou consécutives? Aucune expérience n'a « pu évidemment être faite pour résoudre cette question. « Rien ne prouve donc, que le sang soit déjà altéré de la « manière, qui vient d'être indiquée , avant la production « des tubercules. D'un autre côté, on conçoit parfaitement « que la gêne de la circulation pulmonaire, et les obstacles » apportés à l'hématose, finissent par rendre le sang des « phthysiques plus pauvre et plus séreux; en sorte que « cet appauvrissement peut être tout aussi bien l'effet, que « la cause de la tuberculisatîon. MM. Andral et Gavarret, « dans le même mémoire, ont noté que la proportion de fî- « brîne pouvait augmenter dans le sang des phthysiques. « Mais, est-ce la présence des tubercules, qui est la cause « de cette augmentation? On ne saurait l'admettre : elle « n'a lieu, en effet, suivant ces auteurs, que dans la « deuxième période de la phthysie. Or, on se rappelle que « c'est dans cette seconde période , que se développent les
« lésions secondaires, dont plusieurs sont de nature in- « flammatoire ; et comme, d'après les recherches que je « cite, les phlegmasies occasionnent ordinairement cette « augmentation de fibrine , il s'ensuit qu'elle doit être at- « tnbuée à cette apparition de ces lésions secondaires. « Ainsi donc, nous possédons peu de données positives sur « l'influence de l'altération du sang dans la tuberculisa- « tion pulmonaire ; cependant tout porte à croire que les ma- « tériaux du tubercule se trouvent primitivement dans ce « liquide. Mais comment s'y sont-ils développés, et com- « ment en sont-ils séparés? c'est ce qu'il ne nous est pas « permis de dire : Aussi je n'insisterai pas davantage sur « une question enveloppée de tant d'obscurité. » Dict. de mèd., 2e édit., t. xxiv, p. 365,
252. Nous essaierons maintenant de résumer, dans | un seul tableau, tous les résultats obtenus parMM.Nicholson, Andral, Gavarret, Becquerel et Rodier, en faisant observer, que les moyennes que nous donnons , résultant d'un trop petit nombre de faits, ont réellement peu de valeur.