‹ De l'anarchie industrielle et scientifiqueChapitre 6 sur 15 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

ËNORMITÉ DBS BÊNÂFICBS A RBCCBILLIR DB l'AsSOCUTION.

Continuons sur Fobjet spécial de ces préliminaires, sur le besoin d'inventer la théorie du régime sociétaire et de le substituer à la complication ruineuse des petits ménages qui prodiguent 500 feux de cuisine et 500 cuisinières là où suffiraient 5 grands feux et 9 personnes.

Ce désordre doit exister sur tous les globes, dans leurs premiers siècles , dans leur âge d'enfance et d'obscurité , où ils ne savent pas encore s'élever au calcul du mécanisme sociétaire. Sur ce sujet , on n'a pas voulu consulter le sens commun et la cupidité , auri «o^ra famés , qui conduisaient tout droit à la recherche du procédé sociétaire.

Ne suffisait-il pas de la cupidité pour apprendre aux Modernes et même aux Anciens , que l'Asiociation serait le vrai Pactole , qu'elle quadruplerait subitement les produits dé l'industrie , et qu'on devait mettre au concours cette découverte ?

Nous voyons dans le régime Civilisé Quelques lueurs qui sont

dues à l'instinct et non à la science Linstinct apprend à 100

familles villageoise^, qu'un four banal coûtera beaucoup moins

en maçonnerie et combustU>le , que 100 petits fours de méaa-

fû/9 dirigés par 100 maladroits, dont la plunart manqueront

4i^fjx fois sur trois le juste degré de cbakut w tout «V ^uvawk

Le bon sens a appris aux habitants du nord , que si chaque famille voulait fabriquer sa bière , elle coûterait plus cher que les bons vins , même en pays de vignobles.

Une réunion monastique , une chambrée militaire, compren nent par instinct, qu'une seule cuisine préparant pour Keotc , sera meilleure et moins coûteuse que trente cuisines séparées.

Les paysans du Jura, voyant qu'on ne pourrait pas , avec le lait d^un seul ménage y faire un fromage nommé Gruxére, se réunissent , apportent chaque jour le lait dans un atelier commun , où Ton tient note du versement de chacun ; et de la collection de ces petites masses de lait , on fait , à peu de frais , un ample fromage , dans une vaste chaudière.

Comment notre siècle , qui a de hautes prétentions en Economie et en Association idéale^ n*a-t-il pas songé à développer ces petits, germes d'association réelle j en former un système f>leln, et rappliquer intégralement aux cin«[ fonctions «oomestioue , agricole , manufacturière , commerciale et enseignante , à la plus grande réunion possible ou ménage combiné?

Cette réunion sera d'environ 4,800 personnes. Portée à 2,000 , elle commence à dégénérer en cohue , tomber dans la complication et la confusion. Au-dessous de 1,600 , elle est faible d'attraction , sujette aux lacunes de mécanisme.

Si l'on a tant tardé à découvrir le procédé d'Association , ou du moins quelqu'une des approximations , c'est que le monde savant , par cramte d'échouer dans cette recherche , n'osait pas la provoquer. Maintenant que la découverte est bien certaine , on peut , sans crainte d'illusion ni d'impossibilité , envisager l'énormité des bénéfices du régime sociétaire. Je vais le distinguer en positifs et négatifs.

Le bénéfice négatif en Association , consistera à produire sans rien faire , beaucoup plus que des Civilisés forçant de travail.

Par exemple , sur la pèche des petites rivières , on peut , par inaction combinée , par accord sur les époques d'ouverture et clôture de la pèche , décupler la quantité du poisson et le conserver dans des réservoirs à engrais. — Ainsi opéreront les réunions sociétaires dites Phalanges d'Harmonie , occupant chacune un canton d'une grande lieue carrée. Elles obtiendront dix fois plus de poisson , en employant à la pèche dix fois moins de temps et de bras , et en se concertant pour la destruction des loutres dans tout une région.

Sur la gestion des forêts , comme sur celle des eaux , elles trouveront un produit négatif obtenu sans rien faire. En se bornant à n'y pas toucher hors des coupes obligées , l'état sociétaire gagnera , outre le produit du bois , celui du temps qu'oa perdrait à le piller, et ce qui est plus précieux, il gagnera )a restauration cUmalèT\(\\ie , ^^wX \^ ote»^^^ '^^vss^^ réduit les récoltes à moitié àe teç\\iA\^%ÔLtKHtivee\.^'«& ^«jj^^q»*

— soles sources, déchausse les pentes, cause les inondations » sécheresses , ouragans , trombes , et auti^es excès qui vont croissant.

L'épargne du larcin serait un immense bénéfice de genre négatif ou obtenu sans rien faire. Le fruit est la plus facile de toutes les récoltes , mais le risque de vol empêche les 9|i0.** des plantations qu'on voudrait faire, et force la construction de murs très dispendieux et nuisibles.

L'Association aura moins de peine à trentupler les plantations qu'on n'en a aujourd'hui à se clore et à surveiller les larrons. Elle aura une telle affiluence de fruits, qu'elle en nourrira les enfants toute l'année , en les conservant par procédés chi^ miques , et les employant en confitures et compotes.

Remarquons, au sujet de ces mots confitures et compotes, qu'il faut spéculer ici sur la pleine culture du globe , car le mé^ canisme sociétaire ayant la propriété de créer l'Attraction industrielle , etfet qui sera démontré dans cet abrégé , les sauvages, les nègres, les barbares, adhéreront subitement à l'industrie attrayante ^ et lorsque la zone torride sera cultivée par eux sur tous les points , on aura le sucre raffiné à échange , poids pour poids , contre le blé ; et dès lors la compote à quart de sucre deviendra pour^la classe pauvre une nourriture moins coûteuse que le pain ; car le fruit de 3.« choix , fruit à compote et marmelade , ne coûtera presque ried , tant les vergers seront immenses quand le vol ne sera plus à craindre.

Au lieu de cette abondance , les Civilisés sont privés même du nécessaire en fruits , car la peur des larcins les empêche de laisser mûrir 1^ peu qu'ils en ont. Les bons et simples habitants de la campagne sont si voleurs , qu'ils ne laisseraient pas un fruit sur un arbre non clos . si on ne cueillait pas avant ma'turité.

Il faudrait à SOO familles d'un canton civilisé, 300 retranchements murés ; ce serait 5 fois plus de travail et de dépenses que les frais de plantations même. Ajoutons à ces entraves, celles de la défiance qu'inspirent les ruses du commerce , les pépiniéristes, qui , selon l'usage de tous les marchands-, trompent le plus qu'il peuvent; cette crainte arrête encore beaucoup de plantations.

Il est donc certain que sur la plupart des travaux, comme pêche , vergers , forêts , l'ordre sociétaire gagnera à ne rien faire , ou à faire peu , dix fois plus que ies Civilisés ne gagnent en forçant de travail.

Je ne m'arrête pas à énumérer ces bénéfices négatifs , puisqu'il faut abréger; mais n'oublions pas celui du commer<^e véridique. L'Association , en substituant

La concurrencé corporative , solidaire , véridique et sim

A lajconcurrence individuelle, insolidaire, mensongire et eomplicative ,

Emploiera à peine le vingtième des bras et capitaux que l'anarchie commerciale ou libre coacurreuce distrait de ragricuiture pour les absorber à dix fonctions parasites , quoiqu en disent nos économistes : car tout ce qui peut être supprimé dans une mécanique , sans en diminuer 1 effets joue un rôle parasite. On fait un tourne broche avec 5 roues : si un ouvrier trouve moyen d'y introduire 60 roues, il y en aura 57 de parasites. C^est ainsi qu'opère le commerce mensonger, système des économistes.

La complication ne se borne pas aux agents: elle s'étend en même rapport aux capitaux , puis aux transports et avaries. Une Phalange industrielle , ou canton sociétaire , ne ferait qu'une seule négociation d'achat ou de vente, au lieu de 300 négoces contradictoires, employant 300 chefs de familles, qui vont perdre dans les halles et cabarets 300 journées , à vendre , sac par sac ', telles denrées que la Phalange sociétaire vendrait en totalité à 2 ou 5 des phalanges voisines ou à une agence de commission provinciale.

L'étude des langues est encore de ces travaux très-pénibleê qui produisent moins que rien.

Dès le début de Tétat sociétaire , on adoptera un langage unitaire provisoire (peut-être le français) que tout enfant sera élevé à parler dès le plus bas âge. Dés- lors , chacun , sans étude des langues, pourra communiquer avec tout le genre humain, et en saura bien plus que celui qui aujourd'hui emploie vingt années à étudier vingt langues , et ne peut pas se faire entendre du quart des nations existantes.

Le bénéfice négatif en Association est ordinairement réciproque, étendu aux deux classes de producteurs et consommateurs. Par exemple :

On voit 100 laitières civilisées porter au marché 300 brocs de lait que remplacerait en Association un tonneau sur char à soupente y conduit par un homme et un cheval , au lieu de 100 femmes , 300 vases et une trentaine d'à nés.

Cette économie s'élèverait du simple au composé , du prodocteur au consommateur, car le laitier , rendu à la ville , distribuerait son tonneau, ou ses tonneaux, à 5 ou 6 ménages progressifs, ménages d'environ 3,000 personnes qui forment les villes en Association. L'économie, déjà citiquantuple sur les transports, le serait de même sur la distribution, bornée à 5 OH 6 nôénages , au Heu de 1,000 à qui eette masse de lait se distribue aujourd'hui.

L'économie serait bien plus colossale sur les travaux publics. Un cadastre de France coûtera 100 millions , cinquante ati& a^ travail et sera à peu prèsinulW^ ,e^t\^^\\\sî\Vt'^^^'3k\^«^^^'^^ seront changées quand il sera ùm.

Un cadastre du ^lobe entier ne coûtera qu^une année et

i>resque point de frais , car chaque Phalange lèvera à ses frais e (Jlan de 8«>n canton , et on formera de tout un cadastre in* Tariable , en 40,000 tomes de 5 pieds de haut , contenani cbacun cinquante cartes.

j!KM),000 pour la topographie de 500,000 cantons;

800,000 pour les perspectives ;;

500,000 pour les mers , bas-fonds et autres objets ;

500,000 pour les territoires non encore peuplés ;

tf ,000,000 cartes eo 40,000 tomes dont oq trouvera Tensembie dans tout chef lieu de province et partie dans chaque Phalange.

Certaines fonctions civilisées absorbent au delà du milluple de temps nécessaire. Une élection , parmi nous , coûte à chaque électeur environ cinq journées de perte , et parfois davantage, T compris les réunions. cabalistiques dont elle est précédée , les voyages , etc. ; elle ne coûtera en Association que S|5 de minute ; c'est environ la 4|i000 partie du temps qu'elle consnme aujourd'hui.

Je ne m'arrête pas aux économies qui sont entrevues de tout le monde , comme celle de combustible. Une Phalange emploiera 5 grands feux de cuisine là où nous en employons SOO petits ; c'est une éprgne des 9|i0.«' au moins , sur la pins fprte consommation de bois , celle des cuisines , qui a lieu toute Pan< née. Cette épargne sera plus efficace que le code forestier.

Nos légistes font des codes forestiers , en dépit desquels la destruction des furets va croissant. Le vrai code conservateur sera le mécanisme sociétaire , qui épargnera plus de moitié sur la consommation du combustible, peut être les deux tiers, et qui emploiera à cultiver les forêts , remeubler et boiser les pentes , ces villageois que la Civilisation emploie à ravager les communaux , pour sufnre à l'énorme consommation de menu bois que. font leurs petits ménages.

Une Phalange chauffe le Phalamtère (nom de son édifice) , par tuyaux et grands poêles , distribuant la chaleur dans les salles de relations , les galeries et souterrains qui conduisent aux étables et ateliers; elle opère de même pour l'éclairage au gaz , et ne consomme , tout balancé , que le tiers du combùstioie qu'on prodigue en Civilisation.

Cette société , en thèse générale , présente dans son ensemble deux tiers d'improductifs : j'en donnerai le détail aux corollaires. Dans ce nonfbre 'figurent non-seulement les improductifs avérés , comme les soldats , mais encore la plupart des agens réputés utiles , comme les domestiques et même les cultfvateuis , qui sont parasites dans un grand nombre de fonc-

Passant du produit négatif au positif^ on ne pourra juger de celui ci que Ibrsqu^on connattra les influences de la méthode nommée séries paisionnéa ^ qui est celle de Tétat sociétaire , les moyens de perfectionnement et d*éeonomie qu'elle fournit et qui sont impraticables dans l'état actuel. On verra que les Harmoniens (nom des peuples sociétaires] pourront obtenir souvent décuple produit là où les Civilisés ne recueillent que des riens et ne voient qu'impossibilité.

Par exemple , le cheval Ardennois est la race la plus chétive de TEurope : à la place d'un Ardennois , qui ne vaut pas cent francs , les Phalanges de l'Ardenne sauront par transplantation et croisemcms meubler leur pays de races qu'on paierait aujourd'hui cent louis.

Et comment quadrupler et décupler le produit sur des objets qui ne peuvent donner qu'une récolte? Yendangera-t-on quatre fois par an? Moissonnera- 1 on quatre fois les blés? Non sans doute , et pourtant je m'engage à prouver que le produit des vignes qui ne compte pas de seconde récolte , comme celui des ctomps , sera communément quadruple et souvent décuple en certains vignobles , par combinaisons de quatre moyens , savoir :

Température modifiée et équilibrée , Manutention méthodique et intégrale , Conserve générale et opportune , Alliage assorti et coupes journalières.

Un seul des moyens de restauration climatérique , la cessa* tion du fléau nommé tune-rrotisse , garantit pour les champs une triple recotte plus assurée que n'est aujourd'hui la simple récolte , si souvent détruite par les intempéries.

En ajoutant l'épargne des classes détruites par la guerre , qui n'aurait plus lieu , même dès la période 7 (page 5 ci dessus], par les fatigues , la navigation imprudente , les épidémies , etc., l'en trouvera une différence au moins décuple dans le parallèle de longévité industrielle entre des Civilisés et des Barmoniens nés et élevés en Harmonie. Je dis longévité décuple en sens industriel , parce que le travail, devenu attrayant , sera eiercé depnis l'âge de 5 ans jusqu'à l'extrême caducité.

L'économie sera au moins vingtuple sur le soin des enfans , très mal gouvernés par les ménagères qui n'ont dans leurs pau< vres chaumières ni les ressoures , ni le goAt , ni les connaissances qu'exige ce soin.

Dans les villes, ils sont tellement assassinés par l'insalubrité, qu'il en meurt sept fois plus que dans les campagnes insalubres. II est prouvé ({ue , aans les quartiers de Paris où l'air circule peu , la mortalité parmi les enfans jusqu'à Tâge d'un an est de 9 sur 10 , tandis qu'elle li'est que de 1 sur 8 dans les

' campagnes de Normandie. ¥A\ft s^tai ^\i^\\Nfe ^^ \. 's^ "^ ^"^^^^^

ies Phalanges industrielles.

Les pères trouveront même chance de santé dans Pextirpt tion de diverses contagions^ virus psorique, syphilitique , et I autres venins communiqués , tels (|ue les 4 pestes. Elles dis- 1 paraîtront dès la5.« année d'Harmonie, par suite de quarantaines I universelles. I

Les autres maladies, fièvres , goutte , etc., seront réduites à peu près au huitième de ce qu'elles sont aujourd'hui. Cette réduction s'entend de la génération élevée en Harmonie sociétaire , et qui sera, en échelle de vigueur, l'opposée de la nôtre, où le riche est moins robuste que le pauvre. C'est un des mille indices du monde à rebours.

Quant aux individus qui entreront en Harmonie avec des vices de tempérament contractés en Civilisation, le nouvel ordre leur vaudra , en moyen de rétablissement et préservatifs l beaucoup plus de reconfort qu'ils n'en pourraient espérer des meitleures chances du régime civilisé.

On remplirait aisément un volume du tableau des avantages que promet le régime sociétaire , surtout en relations d'Unité, urécieuses pour les savants et artistes, qui y gagneraient touta coup des millions plus aisément qu'aujourahui leur chétive existence , ainsi que nous l'avons vu précédemment.

Plus ces aperçus semblent gigantesques , plus il importe de s'assurer , par un examen sévère , si la théorie de Tattraction passionnée ot du mécanisme sociétaire , d'où naîtraient tant de prodiges, est réellement découveite, s'il est certain qu'il puisse exister plusieurs mécanismes sociaux supérieurs à la Civilisation , qu'on ait l'option sur plusieurs de ces sociétés nouvelles , et que la plus heureuse , celle n.o 8 , soit l« plus facile à organiser.

On peut, sur ces aperçus, juger de la duperie des philosophes, qui ont perdu 5,000 ans à vouloir corriger et modifier le système administratif , au lieu de porter la réforme sur l'industrie morcelée et mensongère , dont les correctifs sont la véritable voie du progrès social à opérer d'accord avec les gouvernements. C'est à cet accord entre la Science et l'Autorité, qu'on peut discerner les voies de progrés réel.

Si le progrès réel tenait é changer la forme des gouvernements, restreindre leur autorité , comme le veulent les publicistes , Dieu serait donc opposé au perfectionnement social ; il^ serait perfide envers nous ; il ne nous laisserait pour aller au bien qu'une voie impraticable : car il donne à tous les gouvernements civilisés une tendance à résister aux réformateurs, et des moyens d'accroître l'autorité , d'empiéter sur le peuple.

Connaissant cette propriété des chefs , Dieu a placé les voies de progrès dans les.opérations qui , loin de contrecarrer l'administration , servent tous ses intérêts et seraient appuyées

par elle si on savait les hi proposer. Aucun go\\\fetwevï\^ti\.\i«^\.

iniéressé à encourager les rapines et tourbeties A^ «.omtoatcft ,

^asla subdivision des petits ménages villageois, qui n^ont» les moyens ni de cultiver, ni de payer l'impôt.

Mais pour découvrir les procédés oui extirpent ces 2 vices radicaux de Tindustrie , il faut faire' des recherches : QuœriU et invenietU. Aucune société savante n'a mis au concours ces' deux réformes du commerce et de fagricuiture.

On 8*est eflfrayé d*obstacles qui étaient des augures favorables. On a dit :« Si Ton essaie d'associer seulement 5 à 4 familles en ménage domestique , les ménagères seront en discorde au bout (Tune semaine; il serait donc d'autant plus difficile d'en associer 50 à 40, et encore plus 5 à 400. »

On ne tomberait pas dans ce faux raisonnement , si on con • sultait les vues de Dieu relativement à notre industrie. Dieu , que nous surnommons fort bien le Mécanicien suprême , l'Econome suprême , sachant que l'économie et la mécanique ne peuvent s'élever à très- haut degré que dans de grandes réunions sociétaires, a dû établir son plan siir les réunions les plus considérables , comme 5 â 400 familles , nombre au-delà auquel les sociétés ccmtonniennes ou Phalanges seraient obli-

§ées d'embrasser un diamètre de 4,000 toises, et perdraient en éplacement et courses lointaines autant qu'elles gagneraient «n économies d'exploitation combinée.

Il fallait donc appliquer les recherches et tentatives à un nombre de 5 à 400 familles , et non pas de 5 à 4 , ni de 50 à 40 : car si le mécanisme divin est calculé , comme on doit le présumer , pour le plus grand nombre possible , il est »ûr qu'il ne sera pas applicable au très petit nombre , comme 50 â 40 , en« core moins à 5 ou 4.

Au lieu de s'attacher à cette analyse des vues de Dieu , à cette étude algébrique des destinées , on ne spécule que si^r les chafnes de 1 habitude , sur les vices du morcellement agricole et fourberie commerr.iale , consacrés par le temps. Nous voyons des écrivains très- respectables quant aux intentions, encourager la petite production , les misérables chaumières , au lieu de chercher les moyens d'effectuer de grandes réunions sociétaires.

Comment peuvent-ils ignorer qu'une f)etit producteur est un petit vandale faute de moyens et de lumières. Dans l'arrondisdissement que j'habitais en 1818 , les petits producteurs perdirent tous leurs vins légers ; plus de iO^OUO pièces tournèrent en juillet, au moment où le cultivateur en a le plus grand besoin pour se garantir de la 6évre. D%ns le même pays, les grands propriétaires ne perdirent pas une pièce de vin , parce qu'ils ont , en tous lieux , de bonnes caves et des moyens de rafraîchir , couper et soutenir les vins. Aux §u$ux la besace, dit fort bien le proverbe.

Ces ma/Aeureux paysans cVieteVimTA. ^\i\x^ ^<^sî»fc ^x^,^*^ soie pour se procurer qu^lque^ èeus vi^wX\».H^\>î«k^'^'^ ^-«s^s»

mais les troia quarts d*entrVux voyaient périr leurs vers à soie par la moindre intempérie^ parce qtie le pauvre n*a pas de local bien placé , propre à graduer la chaleur.

A côté de ces pauvres gens , les riches élevaient avec plein succès de fortes masses de vers à soie : ils en faisaient pour cent louis , sans perte dhine obole , sans aucun accident , parce qu'ils avaient les moyens , le local et Tattirail nécessaires.

Après cette double perte de vin et de soie , qui ne frappait point sur 1er riche ^ les paysans s*écriaient : Dieu n*aime pas les pauvres. Cela est vrai. Dieu n'aime pas la petite culture, le petit producteur; il veut les grandes réunions sociétaires amplement pourvues de moyens ; mais pour former ces grandes réunions il y avait une théorie à découvrir : celle des Séries passionnées, ou mécanique des passions.

J'ai dit que sur tous les globes, comme sur le nôtre, l'industrie commence par le mode vicieux et faux , le morcellement ou incohérence , toute carrière d« mouvement étant sujette à Tordre faux et au règne de mal dans ses deux .âges extrêmes Il ne fallait pas. grand effort de raison pour juger que ce morcellement agricole et les fourberies commerciales qui en résultent sont le règne du mal, le monde à rebours, dont il faut trouver l'issue. Si telle était notre destinée ultérieure, il {iiudrait en conclure que Dieu se complaît au règne du mal , qu'il n'a créé Tespèce humaine que pour avilir la vertu et assurer le bonheur du vice.

Mais si Dieu désire que nous sortions de cet abtme de fausseté et de misère qu^on nomme Civilisation , Barbarie , et€. , quelle voie d^issue nous a t-il ménagée? Ce ne peut être que la méthode opposée à celle d'où naît le mal , que Tétat d'association et vérité. Or, comment l'organiser, quel ressort employer, quel oracle, quelle théorie consulter.^ Voilà le grand problème qui aurait dû occuper le monde savant.

Le ressort , c'est l'Attraction ; l'oracle, c'est l'Attraction ; en effet, Dieu l'a choisie parce qu'elle est à la fois interprète et moteur. C'est par analyse et synthèse de l'Attraction , qu'on peut découvrir le mécanisme assigné par Dieu aux relations industrielles. S'il voulait employer un autre ressort que l'Attraction , ce serait donc la contrainte : car Dieu ne peut opter qu'entre ces deux leviers.

Si Dieu eût voulu nous diriger autrement que par-F Attraction , il lui eût été bien facile de se ménager des voies coêrcitives , en créant des géants écailleux de 100 et 130 pieds de haut , géants* aussi faciles à créer que les grands cétacés ,, dont le volume développé sous forme humaine donnerait des colosses de 150 pieds , écailleux , amphibies , invulnérables.

Ces géants, initiés à nos arts et retranchés dans quelc^ues //es, of) ils formeraient leurs arsenaux , eu icqa^tMkX. \^% twai' ^res dans nos ports , pourraient en sortit Vnoç\uèrûft\xX ^xa

venir châtier les royaumes rebelles à la volonté divine, détruire leurs flottes, incendier leurs villes , sans qu'on pi)t tenter la résistance : car avec des fusils ou couleuvrines de 100 pieds de canon et 5 pieds de diamètre , ils lanceraient, d'une lieue de loin , sur nos armées, des gargousses de mille boulets, qui seraient pour eux ce du'est pour nous du petit plomb; ensuite ils faucheraient les forêts et les jetteraient en fagots enflammée sur nos capitales cernées par eux.

D'ailleurs , Dieu n^a-t-il pas la voie des foudres et des tremblements de terre. S'il n a pas daigné recourir à ces moyens oppressifs de la législation humaine , c'est une preuve qu'il ne veut opérer que par l'Attraction , qui cumule les deux propriétés d'interprète et mpieur plein de chacme. C'est le seul agent digne d'un Dieu économe et bienfaisant.

J'ai dit (page 18] que Tétude sur Dieu et ses propriétés est des plus faciles , et qu'on y procède selon la méthode algébrique, ainsi que je viens de le faire , en déterminant une inconnue, le ressort d'impulsion que Dieu veut employer dans la direction des sociétés, l'option qu'il a dû faire. Un raisonnement très- court d suffl à lever les doutes.

Il est donc faux que l'esprit humain ne doive pas chercher à connaître Dieu. Pourquoi les philosophes veulent-ils nous en détourner? Ne serait-ce point parce qu'ils auront reconnu (jue toute recherc^he sur les vues et les procédés de Dieu conduit à étudier l'Attraction passionnée , grimoire embarrassant pour des écrivains qui , d'ordinaire , veulent aller vite en besogne , spéculer commercialement sur des publications volumineuses en flattant le préjugé ?

D'ailleurs, celui d'entr'eux qui aurait incliné à ce genre d'études , aurait été censuré par ses collègues , comme fauxfrère. On lui aurait dit : « Vous* soulevez là des questions qui peuvent compromettre notre industrie , qu'il existe ou non un calcul sur l'Attraction passionnée , et sur des chances de soc iété meilleure que la Civilisation , vous et nous ne connaissons pïis cette théorie. On n'est pas sûr de la découvrir. Si on la met en scène , si on en provoque les recherches , c'est déconsidérer les controverses qui nous alimentent , c'est donner à penser que la Philosophie n'a pas su explorer la nature , qu'il rès^e de grands mystères à pénétrer par d'autres voies que nos sciences. Prévenu de cette idée , le public les suspectera , et nous serons décrédités avant d'avoir rien découvert sur cette Attraction. N'est-il pas plus prudent de nier l'exislence d'une pareille théorie , et chanter le vol rapide vers la perfectibilité de Civilisation perfectible ? Les badauds se repaissent de cette chimère ; entretenons-leur illusion et continuons à vivre aux dépens de la crédulité. »

// est bien probable que leWe wit^ fe\.fe\^ i^OC\>:\^'î^ ^^"^^^^ losophes. Aucun d'eux u'*aura nouVm \v^?ax^^^ ^^ '«WLx^KiM

comme moi, trente années, â Tétude de cette AttracUon , aor laquelle auraient facilement échoué de beaux esprits » obstmtt de préjugés et manquant d^un instinct spécial pour ce tra?ail.

Ainsi s'cKpIiaue Paccord du monde philosophique A écarter tonte étude de TAttraction. Aucune société savante n*a mis ce sujet au concoursi. On donne de beaux prix , des sommes d^^ gent , à qui débitera des fadaises sur Mithras et Zoroastre , sur la morale et le mépris des richesses perfides , et on ne propose

g as même une petite médaille pour la solution du grand prolëme d'où dépend le sort du genre humain : la découverte da mécanisme sociétaire.

AU contraire , on accueille des illusions dépourvues de théorie, comme celles de la secte Owen , qui se vante de fonder Tassociation et qui n'a su résoudre aucun des nombreux problèmes de mécanisme sociétaire, dont le premier est ds créer Tatlraction industrielle sans laquelle on ne peut concéder au peuple un minimum suffisant , ni mettre en accord une réunion sociétaire des 5 classes , riche , moyenne et pauvre.

Dans cette réunion , la classe riche ne voudrait pas exercer une industrie répugnante ou même insipide.

La classe pauvre serait , comme aujourd'hui^ haineuse contre les riches oisifs , qui tendraient à rcnimer et asservir les industrieux.

La classe moyenne participerait' des deux viees.

Il faut donc, pour associer , résoudre avant tout le problèine d'Attraction indu^M^Z/e, applicable aux 5 classes rétives, qui sont les riches oisifs, les sauvages et les enfants libres

Outre ce problème primordial , il <en est vingt autres , et d*abord celui de répartition satisfaisante pour les trois facultés , capital , travail et talent de chaque individu , condition que la secte Owen élude , comme toutes les autres , en versant à la masse communale la portion de bénéfice qui n'est pas affectée aux divideudes actionnaires. C'est un monachisme industriel.

Ladite secte , au lieu d'aborder les problèmes , ne sait s'accréditer que par des monstruosités dogmatiques : elle attaque l'esprit de propriété, les cultes religieux j elle prêche la résistance à certaines passions et lâche la bride aux amours ; elle rf produit des vieilleries morales et philanthropiques , affublées du nom d'Àêsociation; elle joue sur le mot sans coanaitre la chose.

Je regarde cette secte comme la plus dangereuse (ours de la

fable) qui ait paru depuis l'existence des sociétés policées , car

elle tend à faire négliger le problème sur lequel devrait se fixer

l'attention générale. A force de maladresse dans set établisse-

ments, qui ae remplissent aucune des coudiWowa Aft mfecwv\%-

lae sociétaire , elle en viendrait à pevsviadet «\u'\Vu'^ ^xv^wV

découvrir sar ce sujet , qu*elle a fait tout ce qui est possible, et qu'il ne reste rien i tenter après elle. Cette coterie Oweniste est donc Téteignoir du géuie sociétaire. Je prouverai , en traitant des approximations sociétaires , qui sont de 14 degrés , que ladite secte ne sait pas même faire en association un pas de tortue , s'élever au moindre des 14 échelons approximatifs.

Mais que penser de Tapattiie des corps savants , qui voient Topinion circonvenue par des charlatans , et ne font aucune démarche pour les démasquer , en leur imposant des conditions à remplir, comme celles d^attraction industrielle et autres? Quelle anarchie , quel oubli des deyoirs, quelle subversion dans le monde savant ! '

Pour éclairer Topinion sur le problème qui nous occupe , il faut expliquer quel rang le mécanisme sociétaire tient dans réchelie des destins sociaux : c'est un calcul bien neuf; je n'en donné ici que des aperçus ; c'est tout ce qu'on peut faire dans une Préface , où il faut glisser rapidement sur chaque sujet.

Page 1