‹ De l'anarchie industrielle et scientifiqueChapitre 5 sur 15 · Chapitre II · texte numérisé non relu

Chapitre II

Indices de i^'Anàbchie Industrielle.

Pour dissiper les illusions de bonheur qu'on fonde su duslrie ; j'examine d'abord l'état de TAngleterre , lontn a fait le plus de progrès dans cette carrière. C'est le pa] les Economistes nous donnent pour modèle. Analysons le être de son peuple.

Aux époques de prospérité , on compte habitueliemen Londres â50 ,000 pauvres , dont 115,000 sont à la char paroisses, 115,001» sont mendiants, filous, vagabonds, sans aveu , parmi lesquels 50,000 filles publiques.

On compte dans Londres : -r- 5,000 receleurs , dontur à dominions, — 5^000 juifs qui excitent les domestiques i leurs maîtres, les enfants à voler leurs pères, et qui distri de la monnaie de mauvais aloi.

Ces extraits du tableau de Londres suffiraient seuls à à une idée du bonheur que procure rinduFtrie civilisée. P de la capitale aux provinces. Eccutons sur leur misère d< sonnages bien dignes de foi , et d'abord l'assemblée des ai principaux de Birmingham (^1 mars 18^7) , attestant « qu dustrie et la frugalité de l'ouvrier ne peuvent pas le m( l'abri dQ la misère ; que la masse des ouvriers employés à culture et aux manufactures est nue , qu'elle meurt réell de faim dans un pays où il existe surabondamment de vi<

Voilà le fruit des systèmes d'industrialisme , bons pou chir la finance , le haut commerce , la grande propriété laisser au peuple que la faim et la nudité pour prix d'u vaii de forçat , exercé souvent dans des ateliers où il est mé 18 heures par jour.

Voici sur ce* sujet une attestation curieuse :

Chambre des Communes , 28 février 1826. — M. Husk ministre du commerce dit : « Nos fabriques de soierie

Kloient des milliers d'enfants qu'on tient à l'attaché de eures du matin jusqu'à lO heures du soir. Combiei donne t'On par semaine ? Un schelling et demi , valant S de France , environ 5 sous 1(2 par jour pour être à l'atta heures. »

La vie animale étant plus coûteuse en Angleterre qu'en ce , leur solde de 5 sous 1|2 par jour équivaut à 4 se France.

\1. Huskisson évite de dire que ces enfants sont surveil des contre-mailres munis de fouets dont on frappe, tout çui s'arrête un instant , et qu'on ne les laisse pas même

pour les besoins naturels : ils ont un cabinet dans Fatelier même. On les soumet à cent autres vexations.

Ainsi , grâce aux perfectibilités gasconnes d^industrialisme et productionalisme , voilà Tesclavage rétabli de fait , et -plus vexatoire que pour les i»ègres même , qui ont des moments de repos, le peuple anglais, avec ses libertés et sa souveraineté, est torturé par ses chefs mercantiles , comme les nègres par les féroces colons des ÀntUles.

11 en est de même des militaires anglais. Sir R. Fergusson a présenté au parlement un tableau des quantités de coups de fouet , de bâton et autres supplices infligés à Fartillerie, qui en tous pays est la plus disciplinée de toutes tes troupes. Je regrette d\')voir perdu ce tableau , qui place les militaires anglais au niveau des nègres quant aux châtiments.

. Eh ! quel est le ré-^ultat de ces tortures exercées sur les classes inférieures? Une richesse colossale parmi 300 familles aristocratiques et quelques marchands; mais, en somme, TAngleterre est si pauvre , que sur 14 millions d^habitants (Angleterre et Ecosse; il en e^t 6 millions qui n'ont pas plus de cent francs de salaire annuel par personne , dans ce pays où tout est plus coûteux qu'en France. Aussi sont ils nus et mourant de faim^ comme le certifie l'assemblée de Birmingham. En Irlande , pays d'agriculture, la pauvreté est aussi affreuse, si toutefois elle n'est pire.

Voilà le cercle vicieux bien constaté : l'Angleterre sous le régime des grandes propriétés , T Irlande sous celui des petites propriétés, arrivent toutes deux au même écueil , à l'extrême .indigence. Tels sont les fruits de l'industrie civilisée, dont j'indiquerai en 6.e section les nombreux défauts. Le principal est le morcellement ; mais dans les pays de grande culture il est cent autres vices qui conduisent au ipême résultat, é l'iudigence de la multitude.

Et dans la France , la soi disant belle France , l'ouvrier estil moins misérable qu'en Angleterre? 11 faut voir de près comment sont nourris , vêtus et logés les habitants des provinces très-industrieuses, Auvergne, Limousin ,Cévennes, Bretagne , Alpes , Jura , et même des environs de grande fabrique , telles que Lyon et Paris. Qu'on examine le sort des ouvriers de la manufacture de glaces au faubourg St. Antoine.

La Suisse , tant vantée pour sa liberté et sa moralité , est au même degré de misère dans les cantons les plus laborieux. Rien n'est si pauvre que les ouvriers de Saint Gall et autres fabriques suisses. D'ailleurs la Suisse vend des hommes à toutes les couronnes. Si le paysan suisse était heureux chez lui , il ne se vendrait pas ainsi.

Dans les pays barbares ou mixtes , la classe industrieuse est également misérable. Les Chinois el U^ ^vci^w» .,\\^«^^\!X renommés par leurs cultures cl \euïsU\)t\ççAft'à ^%w\'4\\Raisvy®. ^

que k peuple ne fait par jour qu*un repas , borné à une petite ration de riz creiré dfins l>au et sans sel. Puis , pour apaiser sa-faiiD, ce neuple mange la vermine dont il est couvert; effra^rant résultat de l'industrie morcelée , orgHnisée eu régime familial ou fourmilière de petits ménages.

Cette industrie est évidemment une dérision' de la nature contre les peuples Civilisés et Barbares. H est clair que Texcés du travail tes conduit à la même pauvreté que l'excès de fainéantise. L'Espagnol , dans son apathie, a du moins un avantage , c'est qu'il est assuré de trouver du travail quand il lui plaira d'tn accepter. Cette garantie manque aux salariés de France et d'Angleterre , et même aux provinces industrieuses d'Espagne telles que la Catalogne.

A quoi donc servent les prouesses industrielles et les théories économiques, si la science donne toujours des résultats contraires à ses promesses , et si elle conduit notre peuple à être plus malheureux que les Sauvages , qui , même dans le ras de pauvreté , ont sur nos salariés le triple avantage de liberté , insouciance et espoir d'abondance à la Suite dSine bonne chasse. Chez nous, au contraire, la classe productive emploie tristement toutes les belles 'années dé sa vie i tenter de se faire une réserve pour ne pas mourir de faim dans la vieillesse ; il est fort peu d'industrieux qui atteignent ce but ; encore dans ieuts succès sont ils misérables, car ils n'ont de quoi vivre et végéter qu'à l'âge où on ne jouit plus de la vie.

Des événements récents, tels que la crise de pléthore industrielie survenue en 1826 , ont si bien dissipé les illusions, que déjà la science économique en vient à se dénoncer elle même.

Un débat s'est élevé dernièrement sur ce sujet entre deux coryphées de TEconomisme , MM. Say et Sismondi. Le second, revenant de visit(^r les perfectibilités d'outre- mer , a déclaré que l'Angleterre et l'Irlande avec leur industrie colossale, ne sont oue de vastes amas de pauvres , que l'industrialisme n'est jusqu à présent que la région des chimères.

Son collègue, J.-B. Say , a répliqué pour l'honneur de la science ; mais , à parler net , la pauvre science a été confondue par la catastrophe pléthorique de 18^, qui a convaincu le système commercial d'impéritie et malfaisance.

Les Economistes répliqueront bien encore par qnelques systèmes qui seront le chant du cygno. H faut , en controverse, tomber avec grâce , comme le gladiateur romain.

Un autre Economiste, M. Charles Dupin , a prétenda tout récemment que cette misère des peuples civilisés cesserait si le l>eupie réunissait l'instruction à l'industrie , et il a ppoposé au ixf/df de la France ; les provinces du nord pour modèle. A son

CMivrage est jointe ane carte où la fameusie Touraine , suroommée 16 jardin de la France , est enluminée de noir , epoime repoussant la lumière et refusant de défricher ses terres.

Examinons^ en réponse , quel est le bonheur des provinces du liord de France. Amiens, Carobray, St. Quentin, sont de célèbres foyers d^industrie , et pourtant, au centre commun de ces trois villes , aux environs de Péronne , on voit le paysan Picard si misérable sous ses huttes de terre , qu'il n'a point de lit : il ramasse des feuilles dont il se fait , pour l'hiver , une litière qui bientôt se change en fumier parsemé de vers ; de sorte que le père et les enfants , au réveil , s'arrarhent les vers attachés à leur chair La nourriture dans ces huttes est de même élégance que le mobilier.

Tel est le sort d'une population qui fabrique les batistes et les schalls kasehmire dont nos dames sont couvertes. Les ouvriers des montagnes de Saint Etienne qui manufacturent les fameux colifichets de rubans, sont réduits à pareille misère , et le maître fabricant refuserait de l'ouvrage à une famille qui voudrait manger autre chose que des raves ou des pommes de terre.

Tel est l'effet d'une concurrence outrée : plus la rivalité ipercantile est active , plus l'ouvrier est rançonné , affamé par le fabricant cupide, qui , s'efforçant de réduire les salaires pour arriver promptemeiit à une grande fortune , entraîne ses concurrents d'autres pays à réduire de même les salaires et assassiner l'ouvrier. Celui ci , placé entre la famine et le gibet, se voit forcé de souscrire au travail le plus ingrat. C'est par cet appauvrissement progressif de l'ouvrier que les fabriques renommées , St.-Gall , Roubaix , Ntmes et autres , soutiennent la concurrence de l'Angleterre , qui , avec ses momeries de liberté , a poussé plus loin que tout autre pays l'art de torturer la classe productive , et entraîne peu à peu, à ce régime vexatoire, tout pays qui veut soutenir la concurrence avec elle. Ainsi , le ' résultat de notre frénésie d'industriblisme est de conduire les peuples d'Europe au degré de misère où sont parvenus ceux de Chine et d'indostan.

La masse d'une nation tiret elle quelque bénéfice de cette frénésie d'industrialisme, de cet appauvrissement des classes ouvrières? Non, il n'v a de profit dans cet odieux régime que pour quelques chefs ae manufactures , puis pour quelques agioteurs et cosaques mercantiles , écumeurs de l'industrie : le propriétaire et le cultivateur n'y trouvent aucun avantage.

Parfois les Economistes confessent quelques-uns des vices de l'industrialisme ; ainsi , M. Malthus a signalé comme voie de cercle vicieux la population croissante et illimitée dont Stewart avait de même reconnu l'inconvénient. D'autre part, M. deSismondi a dénoncé la consommation \viN«t«ft^ c\vvv ^ %^\^\A^x!^w'^(!)K les fantaisies et raffinements àea o\%\\a , ^^^\sX \^ ^\qô»kXR>»^ primitif de participer aux biens qtfW ^ etfe^%.

Que sert.de confesser deux symptômes de mal, quand il en existe cent? Notre système de morcellement agricole et fourberie commerciale, est un cercle vicieux qui se compose de plus de cent écueils ; il faut les dénoncer tous (je le ferai en 6.« section) ; à défaut , on donne des forces au mal en l'attaquant si mollement.

'Si on eût analysé en masse les monstruosités dû mécanisme actuel y ce tableau aurait fait comprendre que Tindustrie devant échouer inévitablement sur quelqu'un (les écueils, il faut, au lieu de correctifs partiels et illusoires , attaquer Tensemble du mécanisme actuel, aviser aux moyens d'y substituer un ordre fondé sur des bases différentes , établir un régime sociétaire et véridique à la place du système de morcellement et de fourberie nommé Civilisation perfectible.

D'ailleurs , si Ton ne trouve que de loin en loin , de dix ans en dix ans , un écrivain assez hardi pour sortir de rornièrè, signaler Tun des caractères vicieux de la Civilisation, sans en indiquer le remède , si , dis-je , ils y vont de ce train , il s'écoulera 3,000 ans avant qu*ils n'aient dénoncé 500 caractères constituants du système civilisé , sans indiquer de remède à aucun des 500 vices ; après quoi il restera à les classer et en chercher l'antidote. Voilà ce qu'ils appellent un vol rapide , un perfectionnement de Civilisation perfectible. .

Quand on est dans un labyrinthe, il s'agit d'en sortir et non pas de le perfectionner ni d'en parcourir les détours ; il faut en chercher et trouver l'issue.

Ea critiquant l'industrie civiliséer, je suis loin de me rallier â l'avis des idiots qui voudraient détruire les fabriques. Je veux seulement préparer les esprits à l'examen du mécanisme sociétaire ou régime d'attraction industrielle et de vérité garantie > qui élèvera subitement le produit général au quadruple , c'està-dire que la France dont le revenu actuel est évalué 6 milliards, donnera dès la première année du régime sociétaire S4 milliards , valeur effective , car on ne pourra pas .quadrupler la masse du signe représentatif.

Cet accroissement de fortune serait bien illusoire, 8*il ne devaitservir , comme aujourd'hui , qu'à multiplier les fourmilières de misérables et n'.cnrichir que les oisifs et les chefs d'atelier , sans établir un régime distributif qui garantit aux classes inférieures une participation proportionnelle dans l'acci-oissement de ridiesse, et un minimum d'entretien décent, dont le recouvrement aura pour garant le produit du travail devenu attrayant , aussi attrayant pour le peuple , que le sont aujourd'hui les réunions de guinguette , où il va le dimanche dissiper ses épargnes de la semaine.

Si Ton doute de la déraison de notre siècle , il suffira pour 8*en convaincre d'envisager quelques ridicules du système commercial. J'en donnerai une série de 60 ; il suffit, par aperçu, d^en citer trois.

i.» La CompliccUion : Une mécanique dont les rouages augmentent sans cesse pour un travail qui reste le même. Les màrchandis sont aujourd'hui quatre fois plus nombreux qu'ils n*étalent il y a un demi- siècle , et cependant un marchand est improductif ; ils absorbent quatre fois plun de capitaux , quMIs enlèvent à l'agriculture , dénuée de fonds , n'en obtenant qu^i prix usuraire.

Chacun sait qu'il faut dans chaque travail chercher à réduire la masse d'agents et de machines au lieu de l'augmenter : comment nos industrialistes méconnaissent-ils, en affaires générales^ un principe qu'ils sauraient si bien pratiquer pour leur intérêt personnel?

À cela ils répondent que cette pullulation d'agents produit un bien qui est

S.^Xa Concurrence mensongère : Assurément ce serait un grand bien que la concurrence véridique ; mais la lutte actuelle n'est qu'une lutte de fourberies ; tout marchand s'exerce aux astuces en se fondant sur le principe qu*il y a dix fois plus d'ignorants que de connaisseurs en achcUs. Dès lors les chances de gain par la tromperie sont eu nombre décuple des chances de gain par la vérité. D'ailleurs les Civilisés sont injustes , n*apprécient point la vérité; le faux est leur élément : celui qui les trompe gagne toute leur confiance.

En somme , nos politiques mercantiles justifient un mal évident qui est la complication , par un autre mal qui est la concurrence mensongère ; plus les marchands sont nombreux , plus on fst trompé.

5«» le Monopole maritime insulaire : Ce honteux dénouement des systèmes mercantHes aurait dû dessiller les yeux. En voyant tous les peuples soumis à une tyrannie inattaquable par les voies directes , on en vient à l'opinion exprimée en commençant , que l'industrie actuelle semble un |)réseut perfide ,' une dérision de la part de la nature , une punition infligée au corps politique et aux individus.

Si la Philosophie moderne eût été sensible à l'honneur , elle se serait indignée de cet affront ; elle aurait suspecté le système commercial , et aurait proposé l'invention d'un moyen de lutte indirecte contre le monopole insulaire , moyen qui n'est autre que de sortir du mécanisme de concurrence mensongère et établir la véridique.

Bonaparte rêva cette lutte ; mais , en ^Ulvs^^ .,\V ^Vi^^v^<^- . pote-et non pas ingénieux*, aussi en t^%VAA>\^>ïk\^^N»«ssiw'^J^s^^ et autres platitudes, comme ion te«çtcX ^wa\«^^^'^^''^^

dont il fdtà la fin victime : il méritait de tomber sous leurs coups, pour les avoir si sottement révérés (l).

Bien notait plus aisé que d^abattre le monopole insalaire , sans coup férir , et par des dispositions purement politiques. Je renvoie ce sujet au chapitre des Garanties : venons à TatiarclHe industrielle.

Sur tous les globes, Tindustrie commence par Tordre faux, concurrence individuelle et mensongère , et monopole fiscal simple, sans contre-poids. Ces deux vices se partagent le domaine commercial , tant qu^on ignore le régime de concurreooe collective ou contrebalancée dont le germe existe visiblement dans le système des monnaies.

^Antiquité ne pouvait |;uère sVc uper de cette invention ; ses peuples agricoles méprisaient le commerce ; d^autres, comme les Tyriens et Carthaginois , s^y enrichissaient et ne songeaient pas à en corriger les vices.

Nos théories dites énomiques auraient dû s*en occuper £1Im naquirent il y a un siècle, et leurs auteurs se créèrent une science à peu de frais , en prônant la concurrence mensongère et tous les désordres mercantiles qu^ils trouvèrent établis.

(i) On pense communément que c'est U campagne de Batiie quia causé «a perte. Non, elle était bien coneerlée et aurait réutn pleinement si elle eût été commeoQée à temps, au i5 mai, coaime celle de Friedland ; mais il traîna en longueur ; Ics'Turcs se crurent joués et accommodèrent avec les Russes. Il se priva ainsi d*uD alité dout la diversion eût été décisive.

D'autre part, il perdît un tempa précieai à surveiller des agioteurs qu'il aurait dû punir, en faisant saisir et vendre à prix coûtant leurs amas de farines, qui détournées de la circulation «ausaîeot oM famine factice. On reconnut bien Tannée suivante^ par les excédants, qu'il n'y avait pas en famine directe par déficit de denrées.

£d commençant sa campagne è tempa, e^ prévenant ain.«i la défection desTurcs, il aurait forcé la -Russie è rétablir du phiaaa moins l'ancienne Pologne, et il aurait pu être de retour et en sûreté dans Vitepsk à l'époque où il partit de Moscou ; mais cet homme qui fiaisait trembler les rois , tremblait à son tour devaAt let agioteur».

Les philosophes donnent dans le même travers; audacieux pour attaquer les trônes et les autels, ils tremblent devant la fuuiberie mercantile, n'osant oi la dénoncer ni mettre au concours la recherche des correctifs.

Ainsi, les savants et les monarques sont devant le Commerce, eomme Toiseiiu devant le serpent à qui il se livie. Un faux principe de concurrence lésa tous fascinés; ils n'admettent pas même d'exception dans les cas urgents; il faut obéir aveuglément aux agioteurs, même quand il est avéré qu'ils machinent le désastre général. Robetpierre aiêait dans le même sens : Périssent les colonies pour 0iaver oa priacipe. — Bizarrerie digne de Va Gi«\\Vfta^Qa\¥\Vft CVoi- ^H^e pour les fauM principes et foule aux çiedâVeabou».

En effet , le mécanisme de findustrie civilisée est faussé dans ses 4 bases :

En production , par le morcellement des fonctions agricoles' et domestiques, h subdivision en familles, qni est la réunion la plus petite , la plus complicative , la plus contraire à Téconomie et à la mécanique : elle emploie souvent 100 ouvriers là oâ suffirait un seul en gestion sociétaire.

Eki eamommationt fondée sur le luxe des oisifs et non sur le bien être des producteurs, paysans et ouvriers , si pauvres en tous.pays qu*i1s ne participent en rien aux richesses quMls ont produites. Le paysan français vend son froment pour avoir du pain d*orge ! vend son vin et ne conserve que de la petite bois* son nommée piquette.

En diitribtUion , par une concurrence de misère qui tend à réduire les salaires et rédimer les ouvriers affamés ; elle n*aug« mente le bien-être que pour les classes riches.

En circulation , par Tindépendance des intermédiaires nommés marchands, qui deviennent propriétaires des denrées dont ifs devraient n^être que gérants subordonnés. Ils élèvent la fausseté au plus haut degré ; ils falsifient les comestibles et matières; ils entravent alternativement chaque branche d^industrie, par leurs menées d'accaparement, agiotage , banqueroute , usure et autres manœuvres qui spolient la culture, la propriété, et concentrent toutes les richesses entre les mains du haut commerce.

11 est donc, évident que l'industrie civilisée estTantipode de la raison , le monde à rebours , le mécanisme faux , puisqu'elle repose sur 4 bases fausses.

Les premiers Economistes, les Smith, lesQuesnay , ne purent pas manquer d'apercevoir ce désordre ; ils auraient dû le dénoncer , condamner en masse tout le mécanisme , et opiner à en inventer nn autre qui reposât sur 4 bases opposées à celles que je viens d'analyser.

On devait proposer au concours cette découverte , en s'appuyant du princip# de dualité de mouvement posé page 40 , déclarer qtie le mouvement industriel était visiblement un mécanisme faux, et provoquer la recherche du vrai.

Malheureusement pour l'esprit humain , il n'existe en Civilisation aucun corps d'opposition scientifique , aucune corporation intéressée à rappeler les sciences dans la route du vrai , leur tracer la marche , leur indiquer les problèmes à résoudre. De là vient que le monde social , en industrie comme en tout , à donné dans le faux, qui est la voie la pins facile ; voie commode pour les beaux-esprits, parce qu'elle dispense d'invention , * et favorise le sophisme , la controverse , les systèmes , Tanarchie.

Delà vient encore que nos éluA«aTOT\\\^ÔNàVc>ft. .\ivecw\axdirea paisqu'elles furent négWgèea ^^ VwkVt \ toSCNsaçs^^^^^ ^ ^^

échoué complètement et donné dans le travers comme les trois autres sciences dites Moralisme , Politique , et Métaphysique , toutes trois fort commodes pour les faiseurs de systèmes , qui cherchent à esquiver les inventions , détourner 1 attention de tout problème embarrassant;et vanter tout vice en crédit, pour se dispenser d'en chercher le remède.

Aussi nos 4 sciences dites incertaines , philosophiques , sonfelles toutes d'accord à vanter les à désorares fondamentaux du mécanisme industriel. La Morale même , qui pendant 5,000 ans avait péroré pour Tauguste vérité, le mépris des richesses perfides , se range à présent sous la bannière du mensonge ; abjurant ses antiques et honorables illusions , elle se traîne aux pieds du veau d'or, et prône les trafiquants dont chaque parole est un mensonge.

On peut dire de cette science , qu'elle est dénuée d'instinct pour la vérité. Des hommes qui n'étaient pas moralistes ont entrevu le côté faible du mensonge. Bacon voulait qu^on morigénât les marchands , qu'on répandit des recueils imprimés de leurs fourberies en chaque branche de commerce. De tels recueils seraient bien volumineux aujourd'hui.

On voit par là que Bacon allait au but ; il inclinait à réprimer les marchands et non pas les exciter au vice , applaudir à l'impunité de leurs fourberies comme le fait aujourd'hui la Philosophie. En prenant une marche si abjecte , il n'est pas surprenant qu'elle ait manqué la brillante invention de la concurrence véridique > et les progrès sociaux dont celle ci aurait ouvert la voie.

En résultat, les anarchistes industriels, champions des 4 vices radicaux de l'industrie > nous repaissent de pomoeux verbiages sur la répartition des richesses , les forces proauctives , les garanties , contrepoids , balance et équilibre ; mais la mendicité est là pour confondre ces sornettes de perfectionnement. Leurs discours, en séance académique , vous enlèvent dans la région des perfectibilités perfecti lisantes , vous transportent comme saint Paul , au ouatrième ciel ; — puis , au sortir de là , vous défilez au bas de 1 escalier entre deux haies de mendiants , dont l'aspect donne la mesure de nos perfectibilités en industrie et en politique sociale.

Dans ces deux articles , j'ai préludé sur l'analyse des deux anarchies , scientifique et industrielle ; je compléterai ces aperçus au 5.« article , intitulé : Cercle vicieux du mécanisme civilisé.

On a déjà pu entrevoir que toute recherche sur la correction du système industriel aurait conduit à des études sur le régime sociétaire opposé au morcellement.

On raisonne vaguement d'association , sans proposer la solu- //ûJ7 des nombreux problèmes du mëcamame &ocÀ^\ja\xc^.O^ ^^ jBei ea scène le moi associaii<m que pour èlo\x^^Y\^0^^%fti

Od considère comme terme et but de rAssocîatîon les compa-

Saies actionnaires c|ui enrichissent quelques chefs et ne pro- Disent aux industrieux que du pain noir et des haillons.

On ne veut point aborder le fond de la question , le problème v d^associer une bourgade agricole et manufacturière , composée de 5 à 400 familtes inégales en fortune , les organiser en exploitation combinée et unitaire , éviter cette complication de petits ménages qui emploient 100 personnes à tel travail où suffiraient â bu 5 dans le cas d'exploitation combinée ; enfin , trouver un procédé de répartition propre à satisfaire tout individu , homme ^ femme ou enfant, sur ses 5 facultés industrielles : capital (s'il en a versé) , travail et talent , en affectant trois dividendes spéciaux applicables distinctement à chacune des 3 facultés. Ce problème et vingt autres, dont je parlerai plus loin , sont résolus par la théorie des séries passionnelles , qui sont le procédé adopté par Dieu pour Tindustrie sociétaire et la mécanique des passions.

Trois' causes ont fait manquer cette première découverte. — La première est que les métaphysiciens ne veulent pas étudier Thomme , Tuuivers et Dieu ; trois études qui conduisent directement à celle de TÂttraction et des Séries passionnelles.

La seconde est que les antagonistes de la Philosophie donnent plus ou moins dans un travers , et surtout dans rimpiété ; ils

ne veulent pas admettre les attributions essentielles de Dieu,

Attribution badig^le. | Direction intégrale du mouve-

\ ment par attraction»

I Economie géométriq, de ressorts ; Universalité de "Providence.

ATTRIBUTI05 piTOTALE. I Unité de système et analogie des

# I branches. *

propriétés d'où il résulte que Dieu n'^ pas pu créer les passions et rindnstrie sans leur assigner un mécanisme digne de sa sagesse , an code sociétaire , dont il fallait faire la recherche par analyse et synthèse de l'Attraction passionnelle , interprète permanent de Dieu.

La troisième est rhabltûde. Trois mjlle ans ont façonné le monde policé à croire que la Civilisation est le terme des destins sociaux dont elle n*est que 5.« écholon sur 52 ; mais les beauxesprits oui dominent en Civilisation et qui n*niment point à s'oc* cuper d inventions, persuadent au monde policé que les échelons Civilisé , 5.«, — Barbare , 4.», — Patriarchal ,5e, — Sauvage , 2.* , échelons d'enfer social , sont destin ultérieur et irrévocable. Trois mille ans ont ewvî^cxwè o^. \\€>^^ ^ ksç:^ 'k^ wainteDant difficile à attaquer ,mTee c^^v^ ^'^'*' ^^rà-^xos» ^^'«^jW calateurs en sophisme cra\gt\ei\V.\ai e\\\\vvi. «N'c^ • ^s^Ov'^^RKî^sssBSiR

et pensent que ce serait une perte pour eux. Je prouverai aux corollaires, que du moment où ils renonceront aux 4 sciences fausses pour cultiver les vraies et provoquer la fondation du noyau sociétaire , il sera plus facile à tout écrivain cU gagner cent mille écns de rente qu^aujourd'hui cent louis...

Qu'on juge par là de ce que perdent les savants à ne vouloir pas cultiver les 4 sciences intactes et Tanalogie , connaissance aui amènerait l'organisation subite de Tétat sociétaire et de 1 unité universelle, dont les écrivains recueilleraient de si énormes bénéfices. Quelle est leur duperie de se cramponner à 4 vieilles sciences usées, pressurées comme 4 citrons sortant d^g mains du limonadier, et dont il n'y a plus aucun suc à extraire t

Je traiterai à ce sujet , de l'avantage que trouverait un comité de savants à former le noyau d'opposition scientifique, et publier un journal d'opposition scientinque pour faire appel au génie , lui donner l'éveil sur sa duperie , confondre les 4 sciences fausses, qui ne donnent que des résultats opposés à leurs promesses, et explorer les mines du nouveau monde intellectuel qui s'ouvre à l'esprit humain.

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