U COMMENCEMENT DU SIÈCLE DERNIER
( Cette pilce et les suivantes sont tirées de la Collection de Lorraine, à la Bibliothiqae impériale.)
Lothaire , ira des fils de Louis le Débonoaire , ayant eu dans son partage, entre autres Terres, les Pals situés entre les Roiaumes de France et de Germanie , cela fut appelé, à cause de ce prince , le Roiaume de Lothaire , Lotharij Regfttttn, en vieux Français, Lothaire lïgne , et, par succession de temps, Loherregne, Lorregne, Lorrene et Loraine.
Ce royaume fut depuis partagé en deux différents Roiaumes qui sont les roiaumes de Lorraine et le Roiaume d'Arles ou de Provence , et on ne donna plus depuis le nom d« Lorraine qu'aux Païs qui composaient ce dernier Roiaume
de Lorraine.
Le roiaume de Lorraine fut partagé en deux Duchez , le
Duché de la Hiute-Lorraine et le Duché de la Basse-Lorraine. Le premier a porté quelquefois le nom de Mosellane, àcauiic de la rivière de Moselle qui l'arrose; et pour l'autre, ou l'a depuis appelé et on l'appelle actuellement le duché de Lothier. |1 ne s'agit ici que du Duché de la Haute-Lorraine ou de Mosellane. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui absolument la Lorraine.
L'an 1048, Gerardl"futfait Duc de Lorraine, et tons lei princes qui portent aujourd'hui le nom de Lorraine descendent de ce prince. II possédait en propre quelques Terres et Seigneuries, mais il avait autorité d'ailleurs sur un grand nombre de Seigneurs voisins. Ces terres propres et ces domaines de Gérard et de ses successeurs ont été appelez le Duché de Lorraine ; car il ne faut pas croire que tout ce qui passe aujourd'hui sons le nom de Lorraine ait été aneiennement ni même jamais possédé parles Ducs.
il y avait les trois évédtez: Metz, Toul et Verdun;
Plusieurs Abbayes d'hommes, entre autres l'Abbaye de Gorze;
Plusieurs Abbayes de femmes , comme Epinal , Remiremont, Boussières et Coussey ;
Plusieurs Comtés, entre autres tes Comtés de Metz, de
Toul , de Verdun , de Bar, de Ctennont . d'Apremont, de
Hc«ïoii, de VaudemonI, deSalme, de Blamont, deSar-
Crehange ;
comme Slenay et Commercy.
Les trois Ëvèchez rdevoient immédiateraent de l'Empire; Les fivèques avoîent séance et voix délibératire aux Diètes impériales, et avoient la qualité de Princes de l'Empire. Cela a duré jusqu'à Pan 1552 que le roi Henri II se rendit mattre des villes et Ëvêchez de Metz, Toul et Verdun , qui se soumirent à la souveraineté de ce Prince et des Rois ses successeurs^ et tout cela fut abandonné à la France par la paix de Vestphalie, l'an 1648.
Les Abbayes d'hommes et de femmes dépendoient aussi de l'Empire : mais elles reconnoissoient les Ducs de Lorraine, à cause du droit de protection qu'ils en avoient.
Les Comtéz de Metz, Toul et Verdun, furent donnez aux Evèques de ces mêmes villes.
Le Comté de Bar a été depuis érigé en Duché par Jean, roi de France, Fan 1356.
Le Comté de Clermont en Argone et la Seigneurie de Stenai furent vendus aux Comtes de Bar par les Ëvèques de Verdun qui en jouissoient par le bienfait des Empereurs. Cela appartient aujourd'hui à M. le Prince sous le nom de Clermontois ou de Comté de Clermont^
— lO —
Apremont, Sarbruck, Morhange et Créhange ont encore leurs Comtes particuliers.
Le Comté de Monçon passa aux Comtes et Ducs de Bar^ et il a été érigé en Marquisat en leur faveur sous le titre de Marquisat du Pont à Mousson.
Gérard , un des fils de Gérard I , Duc de Lorraine , fut créé Comte de Vaudemont, et, sa postérité masculine s'étant éteinte l'an 1329, ce Comté passa .dans la maison de Joittville. H rentra depuis dans la maison de Lorraine par le mariage de Ferry de Lorraine avec Marguerite de Joinville.
Salmeaeu longtemps ses Comtes particuliers. Une partie de ce comté a passé aux Ducs de Lorraine; le surplus est resté aux Comtes de Salme et fut érigé en Principauté par TEmpereur Ferdinand II, Tan lôii.
Olri, Comte de Blamont, légua par testament son Comté aux Ducs de Lorraine, Pan 1498.
La Terre de Commercy a été partagée en deux : la part de Tainé est au Comte.de Commercy de la maison des Armoises ; celte du cadet, que Top nomme la part du Damoiseau , a été possédée par la maison de Gondi. Le Cardinal de Retz , le dernier de cette maison , la vendit au vieux Du^ de Lorraine , qui Pa donnée à madame de Lillebonne , sa fille.
Les Etats du Duc de Lorraine sont partagez en deux principaux membres qui sont le Duché de Lorraine et le Duché de Bar.
Le Duché de Lorraine comprend trois Bailliages qui sont : le Bailliage François, que Fon appelle plus commune*
ment le Bailliage de Nanqr, le Bailliage Alleman et le Baillage de Vosge.
Dans le Bailliage François, qui est ainsi nommé parce qu'on y parle François, il faut remarquer la ville de Nancy, Capitale de tout PËtat et oh les Ducs de Lorraine font leur résidence ordinaire. Le Doyen de son Chapitre porte le titre de Primat, et TAbbaye de Gorze est unie à cette dignité. Cette ville sert de siège au Parlement de Lorraine et de Barrois, qui n'est plus aujourd'hui qu'un seul Parlement. Saint Nicolas est un très beau bourg, bien connu pour son é^àst, où l'on conserve les reliques du Saint. Rosières, que l'on appelle communément Ro«ères-aux-Salines, à cause de la quantité de sel qui s'y fait; ce sel est produit dansions ces quartiers'ià par des puits d'eau salée. Lunéville est une assez jolie ville où la Cour de Lorraine va quelquefois.
Dans le Bailliage Alleman , que l'on nomme ainsi parce qu'il s'y parie alleman, on peut remarquer les villes deSirck, de Sargomine, de Saralbe et de Sarverde. Dieuze est connu pour le sel qui s'y fait comme à Rozières. Sarlouîs est une bonne place au Roi dans ce pays-là.
Dans le Bailliage de Vosge , qui est plein de montagnes et de bois , on doit remarquer la ville de Mircourt , qui en est le chef<-Iieu. Charmes est une petite ville. Remiremont, Chaté , Ëpinal , et le Comté de Vaudemont , sont enclavés dans ce bailliage.
Le Duché de Bar, que l*on appelle plus communément le Barrois, est aussi partagé en trois Bailliages , qui sont le Bailliage de Bar, le Bailliage de Saint-Mihiel, et le Bailliage de Bassigny. On divise quelquefois le Barrois en Barrois mouvant et en Barrois nonnnouvant. Le Barrois mouvant consiste aux Bailliages de Bar et de Bassigny. Le Barrois non-mouvant, que Ton appelle communément, dans le païs, les Terres de la Souveraineté , consiste principalement au Bailliage de Saint-Mihiel.
Dans le Bailliage de Bar, il faut remarquer la ville de Bar le Duc. Ligny, beau Comté à messieurs de Luxem-*bourg. AncerviUe, première Baronie et Pairie du Duché de Bar. On appelle des Bailliages de Bar et de Bassigny a« Presidial de Chalons, et de là au Parlement de Paris.
Dans le Bailliage de Saint-Mihiel , on peut remarquer lu ville de Saint-Mihiel, qui en est le chef-lieu et qui lui donne son nom. Elle est sur la Meuse, et il y a une très ancienne Abbaye. C'étoit dans cette ville que redisoit le Parlement du Barrois, qui a été transféré à Nancy et uni au Parlement de Lorraine par le duc Léopold I, qui règne au-
jourd'hui. Le Pont à Mousson est une jolie ville, avec université. Longwy est une bonne place au Roi dans ce paislà. Arancy et Marville sont des Terres moitié dans le Duché de Bar, et moitié dans le Duché de Luxembourg.
Dans le Bailliage de Bassigny est la ville de Gondrecourt, qui en est le chef-lieu; mais c'est peu de chose. Donremy, que l'on surnomme communément Donremy-la-Pucelle, est la patrie de la Ptfcelle d'Orléans. La Motte a fait autrefois bien du bruit. C'étoit une place très forte, sur un rocher; mais elle a été démolie sous le feu roi Louis XI IL
DE
La Noblesse de Lorraine, sous le nom d'Ancienne Chevallerie, s'est conservée longtemps sans mésalliance, à quoy les chapitres de Remiremont , Espinal , et autres dans lesquels chacun est bien aise de faire entrer des filles , n'ont pas peu contribué.
On appelle Ancienne Chevalerie la Noblesse dont les ayeuls ont été au voyage de la Terre-Sainte, avec Godefroy de Bouillon, dans le tems des Croisades.
Il n'y a plus en Lorraine que quatre de ces familles qui subsistent par les mâles, scavoir : celles du Chaelet , d'Haraucourt, de Lenoncourt, et de Ligneville.
Plusieurs autres familles qui en descendent par femmes,
et qui sont anciennes et considérables , sont aussi censées de TAndenne Chcralerie.
Ces kniHcs sont :
Stainville, dont il y a plusieurs branches. Le Comte de CouYonges, famem par le testanent de mademoiselle de Guize, qui l'avait choisy pour être son fidei-commissaire, en est; c'est un parfait honnête homme, ses père et grands pères ont toujours possédé des chargjcs considérables à la Cour de Lorraine.
La Terre de Stainville en Barrois a passé par le mariage d'une héritière de cette maison dans celle de Salm de la maison de Lorraine , dont les créanciers l'ont vendue au sieur Morel, Maître de la Chambre aux deniers. Cette maison possédoit encore la terre de Couvonges en Barrois et autres. Feu M. de Couvonges, Lieutenant-Général des Armées du Roy, tué au siège de Lerida, était frère aîné de celuy-cy.
Lu DRE, originaire ducomtez de Bourgogne, et qui prétend même descendre des anciens Comtes de Bourgogne, a aussi possédez depuis longtemps des charges à la Cour de Lorraine ; cette Maison possède les Terres de Ludre et de Richardmesnil. Madame de Ludre , autrefois une des filles d'honneur de la Reine, et ensuite de Madame , est de cette maison ; il ne reste de masie que son neveu , âgé de dix-
huit à vingt ans et non encore narié, et un Comnandev de Malthe, oncle de madame de Ludre, et grand oncle dn jeune.
TORNIEL, originaire d'Italie, du duchez de Milan, et qui descend des anciens Seigneurs de Navarre : le grand père est le premier qui s'est étably en Lorrame. U épousa l'héritiire du Chastelet de Villy, qui possédait le Marquisat de Gerbeviiler, et plusieurs autres terres. Ce grand père, que l'on appeloit Comte de Tomiel , fut Grand Maître d'Hostel, et chef des Finances, c'est-à-dire Surintendant du Duc Henry; son fils, qu'on appeloit Comte de Brionne, à cause des terres que cette famille a encore dans le Navarrois, a été grand Chambellan, et les deux enfans de celuycy, l'un appelé le Marquis de Gerbeviiler, mort depuis peu, et Tautre Comte de Tomiel , ont été, Tun gouverneur de Nancy, et l'autre capitaine des gardes du Duc Charles de Lorraine.
Beauveau, originaire de la Province d'Anjou, venu en Lorrainç avec les princes de la Maison d'Anjou, pendant qu'ils possédoient cet Etat par le mariage de René d'Anjou, Roy de Naples et de Sicile, avec Isabelle, Duchesse de Lorrains, fait en 1420. Cette maison a l'honneur d'avoir donné à la Maison Royalle de Bourbon-Vendosme Isabelle ié Beauveau, Dame de Champigny et de la Roche sur Yon, cinquième ayeuie dn Roy Louis XIV. Les branches qui
sahshtfwf ca LorraÎM j ont possédé des terres considéra- UeSy et en possèdent encore, sçavoir : le Marquisat de No- TÎaot, Fleville, et antres ; elles ont anssy possédé les principales charges des Dues de Lorraine. Il ne reste de la maison de Beaurean-NoYiant qne madame la Comtesse de Viange qui n*a point d'enfams; de celle de Beanvean-Fleville , reste le Marquis de Beanveau, fils de oeluy qui a été autrefois gouvemenr du dernier Duc on Prince Charles de Lorraine et en suite de M. l'Electeur de Bavière ; il a cinquante-neuf ans et trois enfans de deux lits, dont doix sont au service du Roy, et un autre dans les troupes de Bavière; il a aussy un frère capitaine aux Gardes de son Altesse Electoralle.
Bassqmpierrb, originaire d'Allemagne, étably en Lorraine pendant le dernier siècle, y a possédez les premières charges de TËtat et plusieurs terres considérables dont elle a encore une partie. François de Bassompierre, maréchal de France , étoit de cette maison. Il ne reste que deux branches : Bassompierre, Marquis de Removille, l'ainé, est mort depuis deux ans et n'a laissé que deux petites filles et un garçon de cinq ans; son frère, qui était fort avancé dans le$ troupes de l'Empereur, est devenu aveugle depuis peu ; ce, qui l'a obligé de quitter le service. Et Bassompierre Savigny ou Baudricourt, l'aîné de cette branche, a environ vingtquatre ans et sert dans les troupes du Roy, en qualité de Capitaine de Cavallerie au régiment d'Ourches, cy-devant Boufflers; il y a trois cadets dont l'un est son cornette.
' LiVRON'BouRBONNE , originaire du Dauphiné, est étably en Lorraine, a possédé les plus grandes charges de TËtat et les terres les plus considérables du pays. Le Marquis de Bourbonne, fait Chevalier du Saint-Esprit par le feu Roy, en 1633, était de cette maison; il ne reste en Lorraine que madame la Marquise d'Haraucourt, qui était fille
et héritière du Marquis de Ville, frère aine du Marquis de Bourbonne, Chevalier de TOrdre du Saint-Esprit; n'a point d'enfans.
Choiseul: Deux ou trois branches de cette maison, originaire de Champagne, sont établies en Lorraine. Le Marquis de Meuse est chef de Tune , le sieur dltche en fait une autre, et il y en a une troisième dans la Lorraine allemande.
Ragecourt, maison ancienne et considérable, consiste présentement en deux frères mariés et ayant nombre d*en fans. L*ainé porte le nom de Ragecourt et a été créé Capitaine de Cavalerie dans les troupes du Roy, et a quitté le service ; le cadet s'appelle Bremoncourt ,' est Capitaine de Cavalerie au régiment de Vaillac. Il y avait une autre branche de la même maison , dont il ne reste que madame Duc, femme du chevalier Duc, Gentilhomme Piedmontois, Maréchal de camp, et pendant fort longtemps Colonel de Cavalerie dans les troupes du Roy, lequel demeure à Toul. Feu M. de Ragecourt, père de ceux-cy, était, du côté ma-
ternd, neveii da comte Fontaine qui commandait l'infanterie i la bataille de Rooroy.
Des* Armoises. Cette fiimille est anssy des plus anciennes et des plos distinguées de la Lorraine. Il y en reste denx branches; lune est composée de trois frères, dont denx sont mariés et demeurent à la campagne : l'un s'appelle des Armoisesniaulny, et lantre des Armoises-Commercy, parce qu'il a un quart dans la Seigneurie de Cornmercy, dont les trois autres appartiennent à madame l princesse de Lisle-Bonne; le troisième s'appelle Saint-Balmont, Capiuine d'une Compagnie dans le Régiment royal des Carabiniers. L'autre branche est celle des Armoisesd'Aulnoy ou Bouvigny. Le chef demeure à la campagne ; il a épousé une dame qui est flamande.
LussEBOURG ou Hatzberbourg , dans la Lorraine allemande , ancienne maison et qui prétend être descendue des cadets de Luxembourg, Le père, qui éuit vieux, étoit Capitaine de Cavalerie dans les troupes du Roy.
ASPREMONT. C'est cette maison d'où est sortye cette demoiselle d'Aspremont que le Duc de Lorraine Charles III épousa en 1665 et qui, depuis sa mort, épousa le Comte de Mauffetz. Il ne reste personne de cette branche ; mais il y en a d'autres : celle d'Aspremont, Comte de Loudain, dans
la Lorraine allemande, et Aspremonl-Tillombois, près Saint-Mihiel.
NettàNCOURT, illustre maison du Barrois ou plutôt de Champagne , car la terre de Nettancourt dont elle porte le nom, et qu'elle possède encore, est le dernier village ou bourg de Champagne du côté du Barrois. M. le Comte de Vaubecourt, Lieutenant-Général des Armées du Roy, en est; mais la branche substituée au nom et armes de Haussonville-Vaubecourt, dont Fhéritière avait épousé son bisayeul, en sorte que par cette raison , Jean de Nettancourt , Baron d'Om , son grand ayeul, fait, par le feu Roy, Chevalier de l'ordre du Saint- Esprit^ en 1633, avait pris le nom de Vaubecourt. Il y a plusieurs branches de cette Maison dans la Lorraine et dans le Barrois : Nettancourt Neofville, Nabecourt et autres.
Tantonville. Madateie la comtesse de Moucha-Simiane, veuve du comte de Moucha, qui a autrefois commandé les Gens d'Armes de la Reine, est la dernière de cette maison. Elle possédoit les terres de Tantonville, Dombrot et autres. Ceux de cette maison ont aussy remply des charges considérables à la Cour de Lorraine.
Saffre-Haussonville. Le feu baron de Saffre étoit Maitre de TArtillerie du Duc de Lorraine. Son fils, qui porte le nom de Haussonville , parce qu'il en possède la Terre, laquelle est entrée par femme dans la Maison de Saffre, sert dans les troupes du Roy en qualité de Capitaine de Cavalerie au régiment de Royal-Roussillon ; il est marié en Lorraine, et a épousé une du Hautoy.
Des Salles, asdemie {amîlle. Il y a deux branches principales, Time dans le Barrois mouvant qui possède les terres de Vouton, Genicourt et autres; le père n'a point servy, le fils est Capitaine de Cairalerie au régiment de Boufflers ; il a quitté le service avant la guerre présente.
Lambertye, originaire du Limousin. Le père du Marquis de Lambertye étoit Lieutenant du Roy au Gouvernement de Nancy, et Gouverneur de Longwy ; il s*est marié en Lorraine, et y a fait des acquisitions. Les enfans y sont établis.
GOURNAY, famille nombreuse et ancienne. Il y en a trois branches : celle de feu M. de Gouhiay, Lieutenant-Général des Armées du Roy, et Gouverneur de Maubeuge, tué à la bataille de Fleurus, et dont le fils, Colonel de Cavalerie, a été tué à la bataille de Nervins^ étoit étably à Metz ; il ne reste que Tabbé de Gournay qui est prêtre. Les branches d'Estreval et Friaville sont établyes en Lorraine. Le Roy a donné un Régiment de Cavalerie au fils aine du sieur Gournay d'Estreval. Monseigneur de Marcheville, autrefois ambassadeur à Constantinople, sous le feu Roy, étoit de cette amille.
FlQUELMONT, famille ancienne. II y en a deux branches : Fiquelmont de Malatour, qui demeure à Malatour, entre Metz et Verdun; il n*a jamais servy; et Fiquelmont de Lar-
roy, près Einville ; il a servy dans les troupes du Duc de Lorraine.
D'OURCHES. Le fils du sieur d'Ourches est Colonel de Cavalerie au service |du Roy; il a acheté le régiment de Boufflers ; il sert à Tarmée de Flandres, et est estimé de M. le maréchal de Villeroy. C'est une famille ancienne.
MiTTRY est aussi du nombre des anciennes familles. H y en a trois branches peu commodes, scavoir : Mittry qui a été autrefois Lieutenant des Gardes du Corps de feu M. le Duc de Lorraine; il demeure chez lui et est sourd. Mittry- Fauconcourt est allé servir les ennemis, et Mittry-Griffon ; il n'en reste qu'une fille qui est mariée en Bretagne au sieur Chopeon de Cio, fils d'un Conseiller au Parlement de Rennes.
Offlands. Le Comte de Viltz, Colonel d'un régiment de Cavalerie au service du Roy, est de cette famille; il a épousé la sœur du marquis de Praslin, Colonel du Régiment Royal-Roussillon Cavallerie.
Helmestad, dans la Lorraine allemande. Le chef de cette famille a épousé une sœur du Comte et abbé de Poitiers, Abbé de Cbemnion en Champagne; il t$t Capitaine de Cavallerie.
Malle, famille originaire de Flandres. Le père est mort depuis trois ou quatre ans et a laissé plusieurs garçons qui commencent à entrer dans le service.
Mauleon, famille originaire de Guyenne. Il y en avait deux branches en Lorraine ; il ne reste que deux filles mariées en Allemagne, de la branche d'Antigny ; l'autre est celle de Mauleon-Labbatis. Le père, peu accommodé, demeuroit à Maizirot, près de Mircourt; le fils, qui était Capitaine dans les troupes du Roy, a passé aux ennemis et sert en Hongrie.
Mercy. C'est la famille des Généraux Mercy qui se sont distingués en Allemagne. Le jeune Baron de Mercy étoit Capitaine de Cavallerie dans les troupes du Roy ; il a passé aux ennemis. La terre de Mercy et ses autres biens sont situés auprès de Longwy.
Hendstein dans la Lorraine allemande. Le baron de ce nom , Colonel da Régiment de milice de la Saarre , est de cette maison.
Bannerot. Le général Herbevilliers^ au service de l'Empereur, est de cette maison. La terre d'Herbevilliers, dont il porte le nom, est située entre LunéviHe et Blanont, ob madame sa mère demeure.
Vrécourt. Le nom de cette famille est Lavaiuc. II y a plusieurs frères qui ne sont pas au service.
Tavagny. Madame Grimaidi, veuve du sieur Grimaldy, prince de Lixeheim , qui avait en première nopce épousé la Princesse de Phaizebourg, sœur du vieux Duc de Lorraine , est de cette même famille. Le Lieutenant-Colonel d'infanterie de Mirolménil , cy-devant Bouffiers, porte le même nom.
Les autres Gentilshommes de remarque sont Roussel, d'Aubigny, Fontest, Salins et Lamezan.
Les quatre familles de TAnciewie Chevalerie, et qui sont reconnues pour descendre de mas les, sont :
Du Chatelet. Elle est la plus étendue; il y en a différentes branches en France et en Lorraine. M. le Marquis du Chatelet, Colonel de Cavalerie et Brigadier, qui a épousé une fille de M. le Maréchal de Bellefonds, est chef de Tune. M. le Baron du Chatelet de Ton, son père, était Maréchal de Lorraine; il avait épousé une sœur de M. le duc d'Aumont, mère du Marquis du Chatelet; Jean du Chatelet, Ba-
nm de Ton, gonTcniear de Laogres, btsayeol du Marquis dn Chatelet d'aujourd'hui, fut fait ChevaUer de l'Ordre du Saiot-Esprit pr le Roy Henri III* à la promotion dn 5 1 octobre 1585. M, le Comte de Laumont, Maréchal de Camp, Commandant à Dunkerque et Colonel du régiment de Ponthienx, est anssyde cette maison ; il est pareillement arrière - fils de Jean du Chatelet, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, et il a épousé l'héritière de Pierrefitte. Le père de madame la Comtesse de Lomont était Maréchal de Camp et Commandant à Metz; il avait autrefois commandé le régiment d'Infanterie de feu M. le Duc d'Orléans, oncle du Roy, appelé le Régiment de l'Altesse; il éuùtfiis du Baron de Cirey autrefois Gouverneur d'Aiguë- Morte , et son frère atné, qui s'appeloit Marquis du Chatelet , commandait le régiment de Cavalerie de son Altesse. Cette maison prétend être descendue des cadets de Lorraine.
Lenoncourt, maîsoi illustre par les deux Cardinaux Robert et Philippe de Lenoncourt, oncle et neveu : le premier Ëvêque de Metz, et le second Archevêque de Rheims; il étoit Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit; par un autre Robert, Archevêque de Rheims, oncle du premier cardinal ; et par plusieurs personnes de mérite, entre autres le Marquis de Lenoncourt^ tué au siège deThionvilleen 1 643 . Il en reste encore deux branches en Lorraine', sçavoir : celle du Marquis de Blainville , à présent Colonel du premier régiment de milice de Lorraine, qui a épousé la niepce
de la deffunte mère de Remoncourt, carmelitte; elle est de la maison de Nettancourt, branche de Passeavant, et celle du Marquis de Lenoncofrt de Serre , autrefois Grand Ecuyer de M. le Duc de Lorraine, qui n*a qu'une fille, mariée à M. d*Heudicourt, Grand Louvetier de France. Les deux maisons du Chatelet et de Lenoncourt sont certainement les deux plus illustres de l'ancienne chevalerie Lorraine.
Haraucourt. Cette maison est très ancienne et est réduite au seul Marquis de ce nom, qui demeure à Dalem dans la Lorraine Allemande, qui a épousé une nîepce du deifunt Electeur de Trêves du nom de Layon, et qui n'a point d'enfans. Il avait une sœur mariée au Marquis de Bissy,fils aîné de M. de Bissy, Chevalier de l'Ordre; elle est morte et n'a laissé qu'un seul fils qui est page de la Chambre du Roy et qui sera héritier de tous les biens de la maison d'Harau- .court. Feu M. le Marquis d'Haraucourt étoit Maréchal de Lorraine; son père étoit Gouverneur de Nancy. Cette maison a toujours possédé des charges considérables. Il y en avait plusieurs branches qui sont finies.... Haraucourt- Chambley est tombée dans la maison de Livron par le mariage de l'héritière avec le Marquis de Ville , parent de M. d'Haraucourt d'aujourd'hui , comme on a remarqué dans la maison de Livron. Une autre branche est tombée dans la Maison de Bassompierre. Il y a dans le comté de Bourgogne une branche d'Haraucourt, mais très pauvre et presque inconnue. Les dames d'Haraucourt et de Mabbert,
Chanoinesses de Remiremont, sont de la branche de Chantbley. Le Marquis d'Haraucourt possède dans la Lorraine le Marquisat de Fiquelmont et la terae de Daiem, et dans la Lorraine française Caignies et autres lieux.
LiGNEViLLE. Il y a plusieurs branches de cette Maison, mais peu riches. Les comtes de Ligneville qui commandaient les troupes de feu monseigneur le duc de Lorraine en Flandres, quand le& Espagnole les firent arrêter en 1654, étoient de cette maisqn. Les branches qui restent sont Tumeius, Vannes et àutres% La terre de Ligneville, dont cette maison possède le . nom , a pa^sé depuis longtemps par femmes dans d'autres maisons, et elle appartient présentement à rhéritière du Marquis de Senante, mariée au marquis de Caraglia, Piedmontois, Gouverneur de Nice pour M. le duc de Savoye. Elle avait épousé en première nopce le Comte de Chalant de la Maison de Lenoncourt, frère atné du Comte d'Albert; elle avait eu de ce premier mariage un fils appelé Comte de Chalant, il fut tué à la bataille la Marseille dans les troupes de Savoye , et une fille qui est mariée au Marquis de Baleistrein , Génois, de la Maison de Carette, qui demeure auprès du Duc de Savoye.
Les maisons de Chevalerie qui sont finies depuis quelque temps :
Florainville, tombée en partie dans la Maison de Beauvau-FIeville , et en partie dans celle de Choiseul- Meuse. Il ne -reste du nom que madame PAbbesse de Sainte- Marie de Metz, Abbaye séculière de Chanoinesses ; elle est fort vieille.
DoMPMARTiNy tombée daiis la maison de Bassompierre.
Haussonyille, tombée en partie dans la maison de Nettancourt, pour quoy M. de Vaubecourt porte le nom et les armes de Haussonville , et en partie dans la maison de Saffre.
Marcoussey , tombée dans la maison d'Haraucourt en Lorraine et en partie dans la maison d'Huxelles Cussigny , et Viange dans le comté de Bourgogne.
Savigny, est présentement dans la maison de Bassompierre. Il n'y a plus en Lorraine personne du nom de Savigny, mais Mrs. d'Etoges en Champagne, substitué aux armes et nom d'Anglure-Etoges viennent de Lorraine et sont de la maison de Savigny. Le maréchal de Rhosne du
temps de la Ligue, fait Maréchal de Lorraine par Charles Duc de Mayenne, étoit de cette famille.
Il ne faut pas passer cet article sans parler de la maison de Salm ou des Rheingraves , car c'est à présent le même , d'autant plus que la même terre et ancien Comté de Salm est presque tout enclavé dans la Lorraine , et que le Roy, comme étant aux droits de M . le Duc de Lorraine, possède la moitié de cette terre , laquelle moitié s'appelle Qi;ésentement Comté de Salm, l'autre moitié s'appelle Principauté.
L'ancien comté de Salm est un Comté d'Empire sur lequel les Ducs de Lorraine n'avaient aucun droit.
On prétend que l'ancienne Maison de Salm, à présent éteinte, étoit descendue des Cadets de Luxembourg qui eurent en partage la ville et le Château de Salm en Ardenne, et qu'un cadet de ses Seigneurs de Salm ayant eu par succession en partage ou autrement les terres situées en Alsace et Lorraine, qu'on appelle aujourd'hui Comté et Principauté de Salm et ayant bâty le château et la ville de Badonviller, chef-lieu de ces terres, elles furent appelées de son nom, Comté de Salm ; et luy et ses successeurs les ont tenues et relevées de l'Empire, jouissant des droits régaliens comme tous les Comtés de l'Empire. Cette histoire est assez vraisemblable.
Jean COMTE DE Salm, Maréchal de Lorraine, Gouverneur de Nancy, et Paul, aussy Comte de Salm, sont les
derniers de ce nom. Jean n'eut qu'une fille nommée Christine de Salm , qui épousa François de Lorraine , Comte de Vaudemont, père du Duc Henry et père du Duc de Lorraine Charles III^. Paul n*eut pareillement qu'une fille mariée à Rheingrave ou Comte Sauvage du Rhin, duquel descend la maison de Salm d'aujourd'huy • En 1^98, Jean, Comte de Salm, et Frédéric Rheingrave partagèrent la terre de Salm , dont la moite échue au Rheingrave^ ayant été érigée en Principauté par l'empereur Ferdinand IV, fait aujourd'hui la Principauté de Salm qui appartient au Prince de ce nom, Gouverneur du Roy des Romains, lequel avait épousé en première nopce une princesse Palatine soeur de madame la Princesse de Condé , dont il a un fils et des filles... Madame l'Abbesse de Remiremont, et madame la Princesse Christine de Salm , dont on a ci^evant parlé, sont sœurs du prince de Salm gouverneur du roy des Romains.
II y a dans la Lorraine Allemande, dans les terres de l'Empire qui joignent le Palatinat, plusieurs branches de la famille des Rheingraves, savoir : ceux d'Haun , ceux de Gromback , ceux d'Etaing et ceux de Morahange ou Kirbourg. La dernière est finie, et il ne reste que la veuve, laquelle est fille du feu Prince Palatin de Valdentz, ou la Petite Pierre.