‹ De l'ancienne FranceChapitre 2 sur 105 · LÂ. PAIRIE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LÂ. PAIRIE D'ANGLETERRE

Au moment oii je termine cette livraison, la Gazette de France y dans son numéro du la août j 833 , publie

Tartlcle suivant sur Torigine des Pairs actuels de la Grande-Bretagne.

Origine des familles et des titres de la Pairie britanniqae^par un Pair du royaume, ^

a On prétend que lord Shelbume, qui fut ministre « d'Angleterre, avait coutume de dire que la noblesse de « ce pays était plus ignorante encore et plus viâeuse c que celle de France. Dans les idées peu favorables que «John Bull entretenait alors à l'égard de ses voisins a d'outre-Mandbe, l'opinion de lord Shelbume devait c exprimer un bien profond mépris; aussi ne faut-il pas <ï la croire fondée, même quant à l'époque dont elle a censure si amèrement les travers. Aujourd'hui , oetté c critique serait injuste. La Pàirie britannique compte «dans son sein beaucoup d'hommes distingués par le «c savoir et la dignité de caractère. C'est, en effet, sous aies rapports de ce genre que l'institution peut con»

ij PAIRIE d'aNGLETEKAE.

« server ijuelqiie lustre durable aux yeux du pays ; car « on n'ignore pas mainteBa^t que l'ancienneté et Tillus-

« Iration d'origine ne pourraieut, comme ailleurs^ serm vir à la recommander.

c La Pairie d'Angleterre n'est point une classe à part a au milieu de la nation. Sortie presque entièrcnient des a rangs du peuple, elle va chaque jour s'y recruter. « Placée à sa téte, elle ne possède aucuns privilèges que « les autres classes puissent juger exorbîtans. L'arîstt tocratie britannique est la plus jeune qu'il y ait en « Europe. Bien peu de familles dans son sein ont à citer « d'historiques ancêtres; pas une, vratsemblablenient, « ne serait qualifiée de chapitralcy selon l'expression c allemande, c'est-à-dire, ne pourrait fournir la preuve « de seize quartiers de bonne noblesse. La famille des « Guelphes, incontestablement la plus ancienne du pays, « puisqu'elle descend de la maison d'£ste, si connue dans « les annales dltalie, n'est cependant pas cliapitrale : le % mariage d'un de ses ancêtres avec une jeune France caise, mademoiselle d'Olbreuse, lui a lait perdre, selon « ta loi héraldique, les titre$ qu'elle avait à cette disa tinction.

a C'est à la conquête de l'Angleterre par les Nor- % H^ds, qu'on doit &ire remonter la source de toute % noblesse dans c(3 pays. Au-ddà de cette époque, il n'y « a plus qu'incertitude , confusion et obscurité. Sans « doute, il s'est trouvé des familles jalouses de tirer leur « descendance de la période des Saxons. Quelques-unes «ont rencontré même des généalogistes assez comptai- « s^^ pour ëtayer. ce.ttç prétention de preuves plus ou a pK>1as spécieuses; mais l'c^inion générale a toujours

« refusé d'y ajouter fou Bien plus, si, en effet, le sang « saxon coule encore sans mélange dans quelques vei- «aes britanniques y c'est dans les demim vangs du « peuple qu'il fiiut les aller cfaerc&er. Ceux qui , après « l'invasion des Normands, sont demeurés serfs sous ces . « nouveaux maîtres , conune ils l'étaient auparayant sous « leurs compatriotes, ont catainement une puretë dV>- « rigine plus incontestable que les faiiiilles plus élevées, «.qui n'ont cessé de se mêler entre elles par des alliances « que le préjugé, nécessairement > repoussait ailleurs.

«Mais il n'importe, la vanité de certaines maisons a veut à toute force justifier d'une origine entièrement « saxonne; et elles ne tiennent aucun compte de ce que ff les noms de leurs ancêtres se trouvent rangés, par les « chroniques, au nombre des combattans qui suivirent « la fortune du roi Guillaume. Il serait trop long d'énu- «r mérer les ridicules exemples qui existent en Anglelem « d'une pareille vanité. Contentons-nous d'indiquer la « source où les principales familles des trois royaumes « ont puisé réellement leur illustration.

« Toutes les créations de Pairs qui datent du règne « de jfacques ont été accordées à la vénalité ou au « favoritisme. Les comtes de Somerset et de Culiale «firent publiquemmott trafic des titres que dispensait « la couronne. Après eux , Villiers, duc de Buckingham, « poussa plus loin encore ce genre de scandale. De son «temps, non-seulement la Pairie, mais les moindres a faveurs de la cour étaient vendues au plus offrant; on « cite même des individus opuiens que la Pairie allait « cUercher malgré eux. De ce nombre fîit lord Richard «Robarts, un riche coîaunerçant du comté de Cor-

iv PAUUE d'angletkriie.

« nouailles. Buckingliaih le força d'accepter la Pairie ea

a échange crune somme de dix mille livres sterlings^ « environ 25o,ooo fr. de France.

< Sous Élisabeth, le titre de Baronnet fut si prodigue, « et tomba à un taux si has, qu'on |)ril le parti de l'im- <i poser de force à (quiconque possédait une certaine for- « tune. Il est vrai que, moyennant une amende, on pou- « vait s'excuser de le recevoir. Tous les titres de no- « blesse qui portent la date de ce règne, ont été achetés «( à prix. d'or. Tels sont ceux des Spencer, des Fane, tf des Petre, des Arundel, des Sackville, des Gavendish, « des Montagu. Sous Charles 1"^, la même pratique tf continua, avec une extension que pouvait jusqu'à cer- « tain point excuser le besoin d'argent q n'éprouvaient <c alors le monarque et la cour. On cite parmi les nomi- « nations de ce temps celles des Stanhope, des Tufton; « et il en existe un grand nombre d autres.

<c Après le rétablissement de Charles II sur son trône, (t 1 usage de vendre la Pairie recommença; mais on y <x mit un peu plus d'ordre et de méthode que par le « passé. On créa un tarif régulier, oil chaque titre se « trouvait inscrit à coté de la somme qu'il fallait payer « pour l'obtenir. Cela devint une affaire généralement « convenue, et dont personne n'avait plus droit de pâte raître surpris. I^e règne de Jacques II hérita de la « même coutume, aussi bien que celui de Guillaume UI. a Quelques courtisans de ce dernier monarque, d'ex- « traction hollandaise , s*emparèrent des honneurs de la (c Pairie pour eux. d'abord, et pour tous ceux ensuite « qui se trouvèrent d'humeur à les leur bien payer. Ici. tt se placent les nominations suivantes : Duché de Leeds

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