PAIRIE 1> ANGLETERRE. V
« au lord Danby ; comté de Tankerville à lord Grey ; et
aie marquisat de Wiarton à Thomas ^ lord Wartoii, « de scandaleuse célébrité.
c Sous la reine Anœ^ les choses se passèrent peu dif-' « fëremmcnt. La Pairie se vendit à cette époque comme a aux précédentes. Un fa ît, néanmoins, y fut particuliè- « rement remarqué, la Heine nomma douze Pairs à la « fois; on jugea le cas énorme. Il s^agissait d'asstir«r ta a majorité à ses ministres. Les Pairs qui descendent de «cette mesure politique sont, entre autres, lord Mid* « dicton, lord Boyle et lord fiathurst.
a En 1766, un projet de mariage exista entre la face mille de lord Bute, alors ministre, et celle du comte <c de Northumbertand. L'élévation de eelui-ci au titreff de Duc fut généralement considérée comme dUe k a quelque clause secrète de cette alliance. Au surplus, « à partir de ce moment, la source des honneurs du c même genre s'épura; et depuis elle a coulé, sans un a mélange trop odieux d'accessoires, jusqu'à l'époque où «nous vivons.
« Les Pairs descendus de la couronne en ligne ill^* « time, sont aujourd'hui les Ducs de Kichmond, de a Grafton, de Saint* Albans, de Buccleugh, et lord Sou*^ «thampton; tous doivent leur origine aux secrètes « amours du roi' Charles II. Ije marquis de Bute, les « lords Warncliffe et Stuart de Rothesay, descendent « d'un bâtard de Kobert II, roi d'Écosse*
« Parmi les notabilités aristocratiques qui ont puis<^ « moins haut le même genre d'extraction, on compte « les ducs de Beaufort, les comtes de Pembroke et de « Giernarvon. Il y en a nombre d'autres; mais une
« telle énumëratioa n offrirait <|ue peu d intérêt au « lecteur,
On ne peut que s'affliger d'un semblable tableau,
dressé surtout par un Pair d'Angleterre! car rien n'est plus triste effectivement pour une nation que de voir ses SouYerains mettre à prix d'argent le titre le plus iUustie, et h plus noble fonction de l'État , parce que soinrent ceux qui peuvent atteindre à satisfaire la cupidité du monarque, en lui comptant la somme exigée, sont dan& rfanpuissance de justifier de services honorables et împortans rendus au pays ; ce qui doit être aux yeux des peuples d'une toute autre considération que celle de remplir les cofifres du Prince!.. Ne peu^on pas craindre encore qne les grands mojeas de fortune qui mettent les particuliers en position d'acheter les hautes charges ou oiBoes d'un gouramement, ne proTiennent d'un faicre &it aux d^iens de l'honneur; ce qui entache pour tout un avenir Torigine d'une famille, et la prive du respect qu'une nation doit nécessairement manifester à l'égard de ceux que le Souverain place à la téfee de ses années et de ses conseils?
Il n'y a aucun doute cependant que les descendans de ces Pairs de la Grande-Bretagne, n'aient effiicé cette tache originelle de vénalité, par des services oonsidë-^ rables et successifs, susceptibles de les montrer aux yeux des nationaux et des étrangers, comme les dignitaires les plus respectables d'un grand empire, et teb que nous les avons considérés jusqu'à présent, en ne nous attachant qu'aux actes qui nous les ont fait connaître,, tant dans k régime de leur légishition que dans, ht pve^ tique des armes..
PAIBIE D*A1fGIXnRRK. VÎj
La révélation qui nous est faite ne poûrra donc nous aider aujourd'hui qu'à former un parallèle ATec ta Fàirîe de France, et à faire déeider l-opinioii! de l'Europe en faveur de nos anciennes institutions; car chez nous la Pairie n'était que la récompense de k Tertu, de l'intégrité, et de la valeur ndilitaire. Nos Rois ifiémes, pour se prémunir èontre la feiblessè humaine , qui peut entraîner le législateur , s'étaient déterminés à n'élever à la dignité de Pair «udim dé leiiM sujets, avant qu'il n'eât été dressé à sofi ëgard, par le procureur général du Parlement de Paris, une information solennelle de ses vie, mœurs ^ capadtë et se^ces : éù voici la |)reuve, par Ce qui s'est pratiqué à la réception de M. le duc de Choiseul-Praslin, en 1761 :
a Noms des témoins que fe procureur général du Roy « entend faire ouïr dans l'information des ^e, mœurs , «t religion catholique, apostolique et romaine, fidélité «au service du Roy, valeur et expérience au fait des «armes y de messire César-Gabriel de Choiseul, pour- « suivant sa réception en la dignité et qualité de duc « de Praslin et de Pair de France.
it M. LE cmÉ DE Saint-Sulwcb, M. tB li^ABificHAi. àvàm BiROir,
(( M. LE COMTE DE GuERCHY,
« M. LE lUAQUlS DB GàStSLLÀm.
. .. . f( SégiÊé JOLT M FLfiORT. n - .
nij PAimiB D'AHGunniK»
• « InfoniMikin fiiite d'offioe par nous Joseph -Marie « Terray, conseiller du Roy en la grand chambre de la « oour de Parl^neiit, commissaire en cette partie, à la « requête du Procureur général du Roy, des vie, mœurs, a religion catholique, apostolique et romaine, fidélité « au service du Roy, valeur et expérience au fait dea «armes de messire César-Gabriel de Choiseul, pour> « suivant sa réception en la dignité et qualité de duc a de Praslin, Pair de France.
« Du jeud^ seize décembre mil sq»! cent soiiairtie- « deux.
a M. Jean Dulau d'Allemans, prêtre , docteur eu « théologie de la Faculté de Paris, curé de la paroisse € de Saint*Sulpice, âgé de cinquante-deux ans, apràs « avoir mis la main ad pecius^ et serment par lui fait « de dire vérité, et qu'il a déclaré n'être parent, allié, « serviteur, ny domestique des parties ;
« Dépose que messire César-Gabriel de ChoiseuI,son « paroissien, fait profession de la religion cathoUque, c apostoliquëet romaine , qull est de très-bonnes vie et « moeurs, qu'il a satisfait à son devoir pascal, et qu'il a est très-affectionné et zélé pour le service du Roy, et « a signé Dulau d'Allemans, curé de Saint-Sulpice.
c Messire Louis-Marie d*Aumont , duc d'Aumont , « Pair de France, premier gentilhomme de la cliambre € du Roy, chevalier de ses ordres, lieutenant-général de « ses armées, gouverneur pour Sa Majesté, des ville et « château de Boulogne et pays Boulonnois, des ville et « citadelle de Montreuil-sur-Mer, des ville et château « de Compiègne, âgé de cinquante-tr«»s ans , après ser> « ment par lui fiât de dire vérité, et qu'il a déclaré
pàimnc d'augleteriie i% «c n'être parent, allié, serviteur, ny domestique des c parties;
« Dépose qu'il a Thonneur de connoltre très-particu-
« lièrement Monsieur le duc de Praslin ; qu'il n'est pas « possible detre, à tous égards, plus digne que lui du « titre ëminent de Pair de France; qu'il n'est pas moins « distingué par mille qualités personnelles, que par son a illustre naissance; qu'après avoir montré sa valeur à la « goerre, il a donné les preuves les plus évidentes de « ses talents pour la négociation pendant le cours de c son ambassade à Vienne; que le Roy a témoigné au- « thenttquement la haute idée qu'il avoit prise de sa ca- « pacité en l'appelant au ministère ; que k place qu'il a a occupé, très-importante, dans tous les temps, ne le « fut peut-être jamais autant que dans les circonstances « on elle lui a été confiée ;-que Monsieur le duc de Praalin « Tient de justifier pleinement le choix de Sa Majesté, par a la paix qu'il a conclue, malgré la multitude des obsta- « des qui s'y rencontroient; que cet événement si désiré « prouve d'une mamère éclatante combien Monsieur le « duc de Praslin est digne de la confiance du Roy , et « lui assure en même temps le suffrage et les applau- * c dSssemens de la nation entière, et a signé le duc
a d' Au mont.
«Messire Louis-Antoine de Gontault, duc defiimn, CI Pair et Maréchal de France, Chevalier des ordres du « Roy, colonel du régiment des Gardes^Francoises, âgé « de soixante-un ans , ou environ , après serment par «e.lui ùât de dire la vérité, et qu'il a déclaré n'être m parent, allié, serviteur, ny domestique des parties;
a Dépose qu'il a riionneur de connoître très-particu-
« lièranent MonsMur le duc de Pratlin , qui , de tout
« temps, a rëuui à la plus grande naissance les qualités « militaires et politiques qui lui ont acquis avec jus- « tioe les bontés et la confiance du Roy; qu'en consé* « quence, il a toutes celles qui le rendent digne du titre a émineat de Pair de France ; que Monsieur le duc de c Praslin ayant été capitaine de gendarmerie et colonel « du régiment de Gonty-Cayalerie , il s'est trouvé suc- K cessiYementy et s'est distingué en plusieurs occasions , « dans les guerres de mil sept cent trente-trois, aux sié- « ges de Kelle et Philisbourg; qu'ensuite, ayant servi « dans les guerres d'Italie, il se trouva, aux sièges de «Bemont et de Cony, après lesquels et après avoir « passé tous les grades, le Roy le fit Lieutenant-Gén^id « de ses armées, et lui ayant ensuite reconnu d'autres « qualités pour les négociations publiques. Sa Majesté « le nomma son ambassadeur à hi Cour de Yienne, oii « il remplit ses fonctions, tfdkment à la satis&otion du c< Roy, qu'il Thonora de Tordre du Saiat-£sprit, et € l'appela peu dé temps après au ministère desaffiiires « étrangères, oè le grand ouvrage de la paix, si désiré « et si agréable à toute l'Europe, lui laisse dans le cœur c de la nation les voeux et les suffrages unanimes de c tous les citoyens , et a signé le Maréchal difc de « Biron.
« Messire Claude-François-Louis de Régnier, comte « de GmcAjy marquis de Nangis et de Minimont, vh* « comte de Fontenay et de Ifarmion, diâtelain deBéel- « tevilie-sur-l'Aize, Chevalier des ordres du Roy, lieu- « tcaaal^général de ses années, colonet-Ueutenant de « son régiment d'infiinterie, et gouvenuor de la ville
PAIRIE D'AtfOLET£AllE. Hj
ff et château d'Huningue, âgé de quarante-sept ans ou cr environ , après serment par lui fait de dire vérité, et « qu'il a déclaré n'être parent^ allié, serriteur, uj do- « mestique des parties;
a Dépose qu'il a Thonneur de connoître Monsieur le « duc de Praslin dès son enfieuioe; que dès ee tempfrJà il « s'est appliqué à plusieurs sciences, où il avoît fiût les a progrès les plus rapides, et qu'il a servi avec lui à la
ifuerre, oîi il s'est acquis beaucoup de réputation , « ayant toujours donné ks plus gnuides marques de « zèle pour le service du Roy, et de capacité pour le
métier de la guerre dans les difTérens grades qu'il a eus « succesatTemeiit; qu'il s'est acqub beaucoup de eonsitf dération pooidant le temps de son ambassade àYieniife, « où il a donné des preuves de ses talents pour les né- « gociations, par la justesse d'esprit et la diroiture du « cœur qui le caractérisent , ce qui lui a fidt méAter le « choix que Sa Majesté a fait de sa personne pour rem- « plir la place de son ministre des af&ires étrangères , « choix qu'il a justifié par 1^ travail sans relâche auquel « il 8*est livré pour procurer la paix que l'État doit à « ses soins, et qui a des titres si fondés» Sa Majesté a « bien voulu reconnoître le prix de ses services distin* « gués en tout genre, en l'honorant de la dignité de Duc « et Pair, et que cette grâce ne pouvoit être accordée à « personne qui en fût plus digne par ses talenta» ainsi « que par sa hante naksance, et a signé êe Gnerchy.
Messire Joseph -Jean- Baptiste de Castellane, mar-^ « quis de Castellane -£sparon, Maréchal des camps et jK années du Bojv gouvecneur des viUè et dteUfe de « BeOègarde en RôussiHony âgé de cinquante-iiuit ans ,
xij PAIftlB D^AVGLETKRRB.
« OU environ, après serment par lui (kit de dire vérité^ a et qu'il a déclaré n'être parent, allié, serviteur, ny « domestique des parties ;
« Dépose qu'il a l'honneur de oonnoltre Monsieur le a duc de Praslin depuis plusieurs années, avant servi « avec iuy pendant la guerre de mil sept cent quarante- « un; qu'il l'a vu se distinguer dans toutes les occasions «c par son courage et sa capacité ; qu'ayant presque toua jours vécu avec lui, il ne lui a reconnu que des ver- « tus dignes de sa naissance et de la confiance dont le « Roy Va honoré en le nommant son ambassadeur au- « près de Tempereur et de rinipératrice , où il a servi a avec tant de distinction, que Sa Majesté Ta chargé de « la place la plus importante dans le ministère , dansce laquelle il a employé ses talents avec tant de zèle et de a capacité, qu'il est parvenu à conclure une paix désirée, « et à laquelle les circonstances ne permettoient pas de « s'attendre, ce qui lui a mérîtë la grâce que le Roy « vient de lui accorder, dont il est bien digne à tous « égards, et qui est la juste récompense de ses services « et de ses vertus , et a signé Gistellane-Esparron.
a Fait par nous, conseiller et commissaire , les susoc dits jour et an.
Signé Terrât.
Ou peut juger, par la production de ces pièces, qu'il était impossible à nos Princes de pousser plus loin la sagesse et la prévoyance dans la création d'un Pair; et il faut avouer qu'un corps formé avec tant de précaution ne pouvait que jeter le plus grand éclat sur la France , puisque ceux qui le composaient s'étaient rendus re-
PAIRIE D'àVGhETBBXE. XÏÏJ
cominandables par des faits et des actions dont la cëlé*
brilé reteutissait dans toutes les pages de notre histoire.
Quant à ce qui concerne mademoiselle d'Olbreuse, que l'Angleterre se tranquillise, si le sang d'une jeune Française coule dans les veines de ses rois, c'est le sang de la vertu et de Thouneur, c'est le sang des héros; et il a assez de pureté pour aborder le trône et faire gloire aux deux nations. Mademoiselle d'Olbreuse descendait d'excellens gentilshommes du Poitou et de TAngoumois , célèbres par leur noble caractère et une valeur militaire à toute épreuve ; leur nom de fiimîlle était Dexmier, allas Des/nier; ils étaient connus dans CCS provinces dès l'an 1082 , et Tun d eux fut fait chevalier par le Roi de France Jean^ dit le Bon^ vers i35i ; ils possédaient les seigneuries du Breuil, de Celfroin, de Saint- Amand, de Mirande, de Clienon , de Grosbout, de Mont-Faucon , de Blanzac, des fiarrières, du Plessis-d'Auge, de Ghillac, de Lavaur, de Rochefort , du Cliillot, de Nutin, de.Beauregard, de Chatenet, de Saint-Simon, de Lauron, de Nadelin, du Serrier, d'Ardiîac , du Rocq , de La Forest , des Coudrais , de la Remigèrc , de la Coutancière , de Lerce, d'Olbreuse , du Montât et de la Carlière. Je mets ici toute cetjte ^numération parce qu'il est peu de familles en Frailce qui aient possédé autant de fiefe ; ses membres furent honorés des titres de Marquis, Comtes et Barons , et formèrent des alliances avec les maisons les plus illustres, telles que celles des Chasteigners , de Tonnay- Charente , de Maillé , de Saint- Amand-Chastelard , de la Rochefoucault, de Barbezières, d'Orgemont, de Volvire-de-Ruffec , de Vivonne-de-la-Chastaigneraie, de
Xiv PAIRIE l>*AirOIJETBIUUS.
Brémond-dTArs , de Nesmond, da Plessis-Liftiioocnrt ,
d'Appel voisi n , de l'Aigle, de Beaupoil-dc-Saint-Aukiie, de Polignac-Bussac , de Massogne, de Villedon , de livenne , de Beaumont , de Bourdeilles , de Saint- Gelais , de Montebron , de Mathefelon , etc. , etc.
Voilà pour constater lancienneté d'origine, l'opulenoe et l'ëtat illustre de la parenté de la famille de la jeune Française. Maintenant nous allons aborder une ^numération plus importante, et qui ne plaira pa& raoina aux lecteurs, c'est celle des services éclatans des membres de cette famille, et comme sujets dévoués de nos Rois, et comme citoyens de la France.
On a vu ci-dessus que Jean Desmier avait été anné dievalier, en i35i, par le Roi de France Jean II dit h Bon y à raison de ses exploits militaires : c'était dans ce temps la plus éclatante récompense des braves.
Jourdain Desmier, sdgneur du Breuil , petit-fils du précédent , fut également élevé à la chevalerie dès l'an 1373, et se signala dans toutes les guerres de Guyenne, sous les ordres du marédial de Sancerre.
Fi;^nçois et Alain Desmier, chefs de cette branche aînée, se distinguèrent dans les guerres qui eurent lieu sous les règnes de Louis XI , Charles YIII et Fran* çoisl^; ih furent gouverneurs de places -fortes et capitaines de cinquante hommes d'armes des ordonnances de ces Bois.
Jean , Arnaud, Guy et Raymond Desmier , che6 de la branche d'Archiac, firent toutes les guerres de France et celles d'Ëcosse, en qualité de capitaines de cent hommes d'armes, et se signalèrent pendant toute leur durée.
»AIltIB D^AVOLETBIBS. KV
Frai^çois Deunier, seignair ds Leroe, fils potarf de
Ba^Einandy fut nommé capitaine du château d'Angoulémcy en nécpmpense des-femoes qu*il avait renduç dans les armëes de nos Rois.
Pierre Desmier, seigneur de Blanzac, etc. , frère aîné du précédent, s'était dévoué au service de Henri de Bourbon, Roi de Navarre, depuis Roi de France iouf le nom de Henri IV. Ce prince l'honora d*une estime particulière, à raison de sa.hravoure, de son expérience à la guerre , et de son attachement à la religion réfor* mée. Ce fut pendant ces guerres malheureuses que tous les châteaux de cette i>raache furent ravagés , pillés et défruits. . .
NîcQks Pesmier, selgneor de Beauregard, oousîa du précédent , avait également servi , en qualité de capitaine de deux cents hommes d'armes, sous les règnes de Frahcoia U, Charles IX et Henri UI. Ses servioes lui méritèrent le gouvernement des villes et châteaux de Tonnay-Charente et de Sajiutes. Henri III lui écrivit : le ne connais oneques homme d^un plus gmnd sens^ vaiOanûe, suffisance^ capaeiiieie^y^érienee, en fiât d'armes que vous,
François Desmier, seigneur de Saint-Simon et de Châton^t, petit*-fils du précédent, commandant d'une compagnie de quatre-vingt-dix chevau «légers , qu'il avait levés à ses dépens, fut major de la nohlesse de SaintongQ ', et choisi par tons les g^entilshommes de celte province pour les commander en qualité de corn» missaire^général. Le Roi Louis XIV le nomma dans la suite inyBctggr * géyéial de toutes les milices de- la piorâice.
XVJ PAllUE D ANGLETERRE.
> Louis-François Desmiers d'Arcfaiac, mar^piis de Saint-Simon, son fils, fut brigadier des armées du Roi, en 1734» après avoir passé par tous les grades militaires, et servi avec la plus grande distinction.
Louis^laude Desmier, comte d'Archiac, marquis de Saint-Simon, fîls du précédent, après avoir également passé par tous les grades militaires, et fiait les cam* pagnes de Bavière, de Bohême, du Rhin, et dltalie, oîi il fut grièvement blessé au siège de Parme , se vit élever au grade de lieutenant-général des armées du Roi, le a5 juillet 1762.
Louis -Etienne Desmier, comte d'Archiac, frère puîné du précédent, fît toutes les guerres de son temps, et combattit à Weissembourg , à Fribourg, Haguenau, Maesiricht, Greweldt, et fut nommë, en 176a, marë* chai des camps et armées du Roi ; il était aussi commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis.
Alexandre Desmier, premier du nom, chef d'une autre branche de la maison Desmier, dite SOlhreusey et descendant de tant de braves, ne pouvait que suivre leurs exemples et soutenir l'éclat de leur nom ; aussi parvint-il, par ses talens militaires, au grade de mestre-de-camp , puis de lieutenant-geuéral des armées du Roi, et se fît tuer les armes à la main, au pays de Mëdoc , pendant les guerres du règne de Louis XIH , ayant un de ses fîls à ses cotés , qui périt également dans le combat ; mais il restait à cet illustre général un autre fik, qui se nommait aussi Alexandre, et qui fut père de :
Éléomre Desmier d' Olbreuse , qui épousa , en i665, Georges- Guillaume, duc de Brunswick-Lunebourg,
mort le aB août 1705. Decemaiiage il ne vint. qu'une fille, qui suit : j* * /v/ - ■ r< '|
Sophie Dohotbéb , princÉBse^de SmmsmdMÈ^ bourg, mariée en 1682 à son cousin-germain, Georges- Louis, duc de Brunswick-Lunebourg, ëlecteuc ^d'iiar novre en 1698, appelé kià commmé jd'Angletém. le 12. août 1714? à la mort de ia reine Anne, et <XHironnë à Londres , Roi de la Grande-Bretagne , sous le nom de Georges P^, le 3i octofai«'}8uiTOiit'> Ge>Priiicie< est là souche de Tauguste maison^cpit r^jgnedernos jours siir la Grande-Bretagne. » >: ■ . - f - -
On voit, par c»t exposé, gëûéftlogifiieietihbiôrique, que la jeune Française f à qui l'honneur était réservé d'être comptée au nombre des mères de l'illustre maison royale de Brunswick, descendait d'une famille dont Fandenneté, la noblesse et la gloire militaire se sont soutenues avec le plus grand éclat Si donc le sang des héros qui se verse dans les batailles , pour les intérêts des Princes et la défense des empires, ne pouvait^ sans critique , couler sur les trônes' des rois , Tordre de la nature , celui de l'honneur et de la gloire se trouveraient intervertis y et la société perdrait à jamais les fruits de la plus noble émulation !
Le pennon généalogique de la maison de Brunswick ne souffrira , en aucune manière, de compter au nombre de ses quartiers Técu de la maison d'Olbreuse; il est celui des braves, il est acquis par huit siècles dlionneur, de chevalerie, de batailles et de combats, il a tous les caractères voulus par les lois héraldiques, et il suffira de le décrire pour lui assigner le rang qui lui convient ; ëcarteië ; d'azur et d* argent à quatre fieurs
xviij PAIRIE d'angleterre.
de lys de l'un en l'autre* Jamais de telles armes ne
pourront déparer celles auxquelles on voudra les accoler.
Mais^les maisons de Plantagenet, de Tudor et de Stuart 9 qui ont régné sur l'Angleterre avant celle de Brunswick, avaient accoutumé la nation britannique à voir de jeunes Anglaises^ filles de gentilshommes d'origine, devenir les épouses des Princes du sang royal , et parfois arriver au titre et au rang de reines d'Angleterre. L'histoire généalogique de ces trois maisons nous en fournit une infinité d'exemples, qui n'ont inspiré aux autres maisons souveraines aucune répugnance à former avec elles des alliances directes.
{CtiU Noliet devra être ptacée par le relieur à la fin du premier volume de cet Ouvrage, )
DE