DES SIRES
Ce titre dérive du mot latin herus {hère) (i), qui signifie maître. Budëe en parlant an Roi François P', le titre de hhre. Ménage prétend que Sire vient de Se^ nior, dont on a fidt seigneur ^ puis sire; d'autres le font dériver du mot hébreu sar, qui signifie une personne distinguée. Pasquier ajoute que les anciens Francs donnaient ce même titre à Dieu, et le nommaient biau sire Diex. Quelques auteurs disent encore que ce mot vient du gaulois seir, qui veut dire soleil, et Ducange trouve son origine dans le ïikot ser, qui dans la basse li^inité signifie Dominus (Seigneur). n est fait mention dans le roman de la Rose , de Jean Chopinel, lequel parlant des amours de Thibaut, roi de Navarre, comte de Champagne et de Brie, l'appelle grand Sire.
Les grands Seigneurs de fiefs prenaient ce titre dans les onzième, douzième, treizième et quatorzième siè»
(i) Ce mot s'est conservé jusqu'à nous, pauvre kèr^, pauvre
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des , et il semblait leur être réservé particulièrement ; il passa néme en proverbe , pour «iprimer leur importance et le rapg élevé qu'ils tenaient dans TËtat, tout le monde connaît celui des Barons de Goucy :
Je ne suis Roi ni Prince aussi , Je suis le Sire de Coucy.
Les Hauts-Barons de France qui relevaient immédiatement de la couronne, l'adoptèrent pour se distinguer des Barons inférieurs qui relevaient de Duchés, Comtés ou Seigneuries diverses ; c'est pourquoi nous voyons dans riiistoire de l'ancienne monarchie , des Sires de Bourbon, de Coucy, de Courtenay^ de Montmorency, de Beaujeu , de Craoïi , de Grauvillc, do Créqui , de Join- " ville, de Pons, et, un peu plus tard, les Sires de Benty, les Sires de Croy, les Sires de Ferrières, etc. etc.
Dans la suite, on fît àeSire le mot de Messire , qu'on appliqua aux Gievaiiers et aux autres gentilshommes du royaume
TiC titre de Sire s'attachait , non-seulement à la personiu', mais encore au fief, à la Seigneurie, et on appelait Siterie la terre du Seigneur qui avait le titre de Sire. Lequel titre, en fait de Seigneurie , surpassait cdui de Seigneur.
Depuis le seizième siècle, le titre de Sire fut exclusi* vement réservé pour nos Rois, et pour les divers souverains, soit en leur parlant, soit en leur écrivant.
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