IN COMITATUM ET BARONIAM
De là , La Roque tire cette induction , que le titre de Baron surpassait tous les autres t tant de Duc que
de Comte,
la loi aomptiMÛre de Tan inBAj du même roi Phi-
lippe-le-Hardi , no met point de différente entre le Duc,;le Ccnaie et le ikron. Voici le texte : Jtem h Bue U Comte 9 et U Baron de jùc^miiie Imes de terres ^ ou de phiSy pourront faire quattT paires de rof^es par an, et non plus , et leurs femmes autant. Ainsi, l'on que les ludilUeniens des Btrons étaient égaux à ceux des Ducs et des Cx)mtes.
Nul Seigneur ue se pouvait dire Baron qu'il n'eût viUe clMe^ qu'il n'eût fondé une abbaye ou prieuré, et qu'il n'eût pour le moins deux cliât3ellenies, avec liaute, moyenne et basse justice, selon François ïjs. Maire 9 dans ses antiquités d'Orléans.
Ea Dauphiné, les anciennes Baronnies, comme Clermont , Sasbenage , Bressieu , Maubec , précédaient les autres dignités: ce qui s'observait en Languedoc, en Bourgogne , en Béam , et en Artois , à TAssenblée des États.
D'Argentré, en parlant des anciens Barons de Bretagne, dit en ces ternies : Tels étaient les Bannerets , mù'dessus desquels étaient les Barons^ qui avaient cette qualité depuis quatre ou cinq cents ans. Aussi le premier degré et le premier rang leur a été accordé en Bretagne aux États et autres assemblées publiques ; de sorte qu'on ne trouve point qu'ils aient élc écédés ni par les Comtes, ni par les autres, qui n'étaient point du sang des Ducs. Les Barons de Léon et de Vitré jottissaioit de cette prérogative.
L'auteur de la Pratique de France dit que le titie de Baron était en tel respect, qu'à la table des Barons ne sied aucun s'il n'est Chet^aUer, prêtre ou clerc d^aur torité*
he baronnage renfermait donc alors dans son sein ce qu'il y avait de plus grand dans le royaume; beaucoup de Barom descendaient des Souvemms, d'nflt». H* raient leur origine des plus anciennes fiimîHes nobles de la monarchie , et tous se trouvaieat placés à ce rang suprême par leurs sévices ëminens et ceux de leum ancêtres.
Saint Louis ne manquait aucune occasion de témoigner à ses Barons l'estime qu'il foisait de leur noUesee. Thibault, roi de Navarre et Comte de Champagne, ayant demandé en mariage la princesse Elisabeth , fille du monarque, celui-ci répondit qu'il ne la lui donne- . rait que du consternent de ses Barons. Celle masiààration pour eux passa jusqu'à l'empereur Frédéric II, qui les prit pour arbitres des différeads qu'il avait avec le pape Innoo^t IV*
Les Barons étaient en |K)$se$sion du droit de finre des Cliei>aUers ; car ou voit, par les établissemens de Saint Louis, «que nul ne pouvait être Chevalier s'il <c n'était Gentilhomme de parage , c'est-à-dire , par son « père; et s'il ne Tétait que par sa mère et qu'il se fût et fait recevoir Chevalier, le Baron pouvait lui conper « les éperons sur un fumier, et confisquer ses bmii- <c bles. »
Mais, dans la suite, ce droit leur fut retiré; car on voit dans la Vie de Jean 1% Sire de JoinviUe, que oe
Seigneur ayant donné, en i3i7, la ceinture militaire à un roturier, nommé Jacques de Non, fut obligé de demander toutefois la permission au roi Philippe4e- Ix»ng, parce que la Cbevalerie emportant anoblissement y aos Bois s'étaient réservé le droit de la conférer.
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depuis qu'ils avaient recouvré l'autorité que les Barons s'étaient attribuée à cet égard.
Les Barons, à Tinstar des Marquis , des. Comtes, des Bannerets et des Vidâmes, conduisaient leurs hommes
ou vassaux à rannëo sous leurs enseignes, armoriées à Vécusson de leurs armes, et décorées de leur cri et detfise. Toutes ces bannières étaient, au commencement, de forme carrée, et telles que sont oiu ure anjonrd'hui celles des églises; mais, dans lu suite, les Barons, pour se distinguer des simples Bannerets , mirent une queue à leurs bannières, et la carrée demeura aux. bannerets.
Par les établi ssemens de Saiut Louis, il est dit que les Barons et les Vassaux du Roi sont tenus,. pour le service de guerre , de se rendre près de lui et d'y rester Tespace de soixante jours et soixante nuits, et que les hommes coutumiers ne resteront au service du Roi que pendant quarante jours et quarante nuits.
Les Barons et autres Vassaux du lloi formaient le ban, et les hommes coutumiers de ces Vassaux formaient Varriêre-ban; le Roi convoquait le ban, et les Barons et autres Seigneurs convoquaient l'arrière-ban.
Lorsque les anciens Ducs, Marquis et Comtes voulurent usurper les droits de la Souveraineté , ils cessèrent de se qualifier Barons, parce que la baronnic* n'était pas capable de souveraineté, attendu qu'elle eu relevait immédiatement; c*est pourquoi, dans la suite, nos Rois, pour conserver les grands Seignmus dans leur dépendance, n'érigeaient point de terre en Duché, Marquisat et Comté, sans ajouter cette clause, à conr dition de les tenir en bnronnic. Elle était même introduite dans les lettres, pour la formation des apanages
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des frères, enfims et paréos de nos Rois; ils devaient
les tenir in Comitdttnn et Bawniam,
Le titre de premier Baron de France , dont la maison de Montmorency se glorifie, vient de ce que, sur la fin de la race de Charlemagne, Robort-le-Fort, bisaïeul de Hugues-Capety s empara du duché de France. Les Barons de Montmorency, qui, jusqu'alors avaient ëtëvas* saux immédiats de la couronne, le devinrent du non- ' veau Duc; et, comme ils étaient les Seigneurs les plus nobles et les plus puissans de la province, ils obtinrait sans peine le premier rang parmi les Barons du Duc de France; ils le conservèrent lorsque Hugues- Capet réunit la couronne à son duché de France. Au reste, ce ne fut qu en 1 890 que Jacques P% sire de Montmorency, prit la qualité de premier Baron de France; mais il ne. le fit qu'après avoir prouvé, en i^ou, en plein Parlement, par la bouche de Jean Galli, le plus fameux avo» cat de son siècle, qu'il était le plus ancien Baron du royaume. Depuis cette époque, nos Bois n'ont jamais cessé de leur donner ce titre.
Il y avait aussi en Dauphiné deux grandes baronnies, celle de Menoilloii et celle de MoiUauban, dont les Seigneurs étaient absolument indépendans, et ne reconnaissaient que l'empereur d'Allemagne au-dessus d'eux. Ils ont possédé l uu et l'aulie leurs terres avec cette sorte d'indépendance, pendant trois cents ans environ* La baronnie de Montauban fut acquise par le Dau» phin Ilunibert l tige de la maison de la Tour-du-Piu, mort en 1307. Depuis ce temps, les baronnies ont suivi ' le sort du Dauphiné.
Les grands vassaux, les éveqiies mêaie3| qui po$âé^
l4s SM JUROJBIS.
itôM, èe grands fie&, «lireHl des Banms de même origine que ceux des Rois, qui aidaient les Seigneurs à taBW leurs plaids. Ik érigèrent à cet effet des terres en karoones, et dirent des Barons qui relevèrent d'eux immédiatement.
U y eut alors deux sortes de Barons, les Barons du royaume y qui étaient les HautS'Barons , relevant immédiatement du Roi; et les Barons de proK^inces , qui relevaient des Seigneurs qui les avaient institués et investis. Mais lorsfae les érections nouvelles avaiwt lieu, les cours souveraines , dans la vérification des lettres , ne manquaieut pas d'ajouter : « Sans préjudice au rang, • am honneurs, droits , prééminence des anciens Ba- « rons du ressort. » Ce qui fit que , depuis le <{uin»ème siècle, l'importance des Barons diminua insensiblement , et qu'on n'exigea pkis qu'une baronme fût formée de einq châtellenies^ mais la plupart ^de deux ou trois seulement. L'édit de Henri III, du 17 août 1579, porte qu'uAe baronnie doit se composer de trois châtellenies, qui seront unies et incorporées ensemble, poor être tenues en un seul hommage du Roi. La Roque, dans son Traité de la Noblesse , dit que la baronnie devait se composer de trois châtellenies pour le moins, ou de quatre fiefs de haubert.
On a vu que, dans le Daupliiué et eu Bretagne , les anciens Barons avaient conservé leurs prérogatives sur les nouveaux Comtes , Marquis et Vicomtes; et le Parlement de Bretagne, dans l'enregistrement des lettres du nouveau Marquisat d'£spinay, déclare, par un arrêt du 18 février 1573, que c'était sans pr^udice des rang, honneurs I droits et prééminence dub«|ron de Vitré. Les
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Barons dans les pays d'ËUrt, qui avaient droit SmHkïïit
et de délibération clans rassemblée des Etats, jouissaient^ dans les provinces, de la plus haute considération. £n Bretagne, dit Wolaon de la Colombièrey «le tîtie d» Baron est avantageux en ce que lui seul donne rang, séance et droit de présider et d'assister dans Tordre de la noblesse , aux États-Géoëraux de ladite provinoe. »
Ce ne fut que vers le quatorzième siècle qu'en commença à regarder les Barons comme des Seigneurs féodaux, inférieurs en dignité aux Ducs et aux Gomtea^ et, dans la suite, ce titre devint si commun, que œux qui Tobtinrent eurent beaucoup de peine à prendre rang après les Gentilshommes des ancieuiea fimriUes, qui , quoique non titrées, ne voulurent |ns lem^ céder le pas, et les forcèrent à marcher à leur suite, lis avaient néanmoins la prééminence sur les Cliâtelains, lea baa* nerets, les chevaliers et écuyers. Il semble mâme que le roi Louis VII, mécontent des Barons, ait eu intention de multiplier ce titre, eu permettant aux bourgeois de la ville de Bourges de s'en décorer, par uœ Charte donnée à Lorris, en 1 145, sans cependant leur en accorder toutes les prérogatives, parce qu'ils n'étaient ni Gentilshommes, ni Seigneurs de fiefs. Il ny eut véritablement à Bourges ([ue ceux qui, à raison de leurs terres et de leur naissance, purent jouir de ce titre, qui le prirent sérieusement.
Charles^le-Mauvais, roi de Navarre, comte d*Évreux, et seigneur de Clierbourg , créa Barons , en i3(36, les bourgeois de cette dernière ville; et de là vint le proverbe de Pair-à'Baron. Ces sortes d'institution ne tendaient qu'à élever la bourgeoisie à une Pairie (jui lui
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devenait propre et personnelle, c'est-à-dire, qui rendait
les bourgeois Pairs ou Barons entre eux , mais sans les élever au rang des Pairs ou Barons geutilshoninies. Les seules prérogatives qui en résultaient pour les bourgeois était, entre autres, de ne pas être tenus de répondre en justice, dans certains cas, hors de Teuceinte des murs de leurs villes. Les bourgeois Orléans avaient également obtenu cette qualification.
Dans le clergé, il y avait des Lvéques, des Abbés et des Prieurs qui étaient Barons; soit qu'anciennement les Rois leur aient accordé ce titre, soit qu'ils possédassent par leurs libéralités des barounies, ou qu'ils les tinssent en fief de la couronne.
La couronne de'Baron est un cercle d'or émaillé, et formant une espèce de bracelet, autour duquel on pose six rangs de perles, chaque rang composé de trois perles rangées en bande, et a])p]i([uées sur le cercle niêrnc, mais ne surmontant pas sur la surface du cercle.
I^es Barons avaient droit de haute justice, et droit de ville close, avec la garde des clefs.
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