‹ De l'ancienne FranceChapitre 65 sur 105 · DES ORDBES DE CHEVALERIE · texte numérisé non relu

DES ORDBES DE CHEVALERIE

\AiA^ par frère Hiihort, trésorier des Templiers; elle se composait d'un ëdifîce carré, formé de irès^paisses murailles , et dont les quatre angles étaient munis de tourelles. C*est dans cette tour que les Rois de France ont long- temps d(';posé leurs trésors; et l:\ étaient aussi les archives des Templiers et celles du Grand-Prieuré de rOrdre des Chevaliers de Malte , qui héritèrent de la plupart des biens de ces Templiers.

Oadre de Saint -Georges 9 en Franghe*Gouté. Philippe-le-Bon , Duc de Bourgogne, ayant institué, en i43o, rOrdre de la Toisou-d'Or , avait limite à vingt-quatre le nombre des Chevaliers qui devaient y être admis ; mais cette restriction suscita une vive jalousie parmi tous les gentilshommes des deux Bourgognes 9 qui , par leur naissance et leur rang , étaient en situation de prétendre au même honneur.

Guillaume de Vienne , Sire de Saint-Georges et Seigneur de Scurre , un des plu$ illustres Seigneurs de la Bourgogne, qui la premier avait reçu cette décoration des mains de ce Prince, pour fournir une compensation à l'aniour-propre offensé de la haute noblesse des deux Bourgognes , proposa à celle-ci , de l'agréinent du Souverain , Tinstitution d*une confrérie noble, sous le patronage de Saint-Georges, dont la décoration représenterait Tefiligie en or de ce saint patron de la chevalerie, qui était en vénération particulière dans les deux Bourgognes , laquelle serait suspendue au même ruban que celui de la Toison- d Or. Lies preuves d admission devaient être celles d'une vie sans reproche, et d'une nol)lesse de race de chevalerie, de nom et d'armes, sans anoblissement.

OÛIIE m SAINT-GEORGES. 38'J

La première assenihlc du cliapitre do cette confrérie eut lieu dans l'église des Augustins de Saint-Goorges , en i43o, et on y ëlut, pour Chef et Gouverneur, Guillaume tle Vieime, son fondateur; elle tint ensuite les chapitres à Seurrc. Des confréries ))articulières , s'établirent aussi sous le patronage de Saint-Georges de Mancey, entre autres, à Châlons- sur -Saône: cette dernière forma bientôt avec celle de Seurre un acte d'agrégation. Une année après Tinstitution de cette confrérie , Philibert de Molans , gentilhomme du comté de Bourgogne , ayant terminé la construction d'une chapelle près l'église paroissiale de Rougemont, oit il possédait un fief, dans l'intention d'y renfermer des reliques de Saint - Georges, que, dès l'année iSgo, il avait rapportées de la Terre-Sainte ^ convoqua tous les gentilshommes ses parens, voisins et amis, pour • assistera la bénédiction de cette chapelle, et à l'installation de la ciiàss>e qui renfermait ces préx;ieuses reliques.

Divers offices furent fondés en l'honneur de Saint- Georges, dès cette première assemblée, qui se renouvela constamment depuis, à l'anniversaire de ce saint; et quelques années après, les guerres qui suivirent la mort de Cliarles-le-Téméraire, ( t la réunion du duclié de Bourgogne à la couronne de France, ayant mis fin à la première confrérie de Saint-Georges , instituée par Guillaume de Vienne , celle.de Rougemont, au comté de Bourgogne, continua d'exister, sans aucune riva* lité, avec plus d'éclat encore qu'elle n'avait (ait jusque-là , en prenant tout-à-fait le caractère , les statuts et le cérémonial d'un Ordre de chevalerie, sous la pro-

388 DES OKDUlvS DL CHh; VALERIE.

tection immédiate de l'Empereur Ma&imilien et de tou» ' les autres Souverains qui ont régné après lui sur la Franche-Comté. l.ors de la conquête de cette province, Louis XIY maintint l'Ordre de Saint-Georges dans son existence et ses honneurs , en daignant même substi* tuer de sa propre main le ruban de sou Ordre du Saiut- £sprit à celui de la Toisoii-d'Or.

La Confrérie de Saint-Georges , depuis son origine, compte au-delà de neuf cents Chevaliers, dont les preuves d'admission , suivant les statuts de l'Ordre , étaient celles de seize quartiers de noblesse , surmontés de neuf degrés paternels. Depuis iSBq, on a encore ajouté aux anciens statuts le serment de vivre et de mourir dans la religion catholique , et dans la fidélité au Souverain légitime.

Dans le nombre des familles qui ont fourni le plus de.Chevaliers à cet Ordre, on distingue : celles de M. Je Marquis du Moustier , ancien Ambassadeur de France en Espagne; de M. le Marquis de Saint-Mauris , an- . cien Pair de France; de MM. de Lezay, de Kaincourt, de Sonnet -d'Acxon, de Froissard , de Grammont, de Scey, de Gcnnigney, de Faletans, de Jouffroy, de Chevigney, de Champagne, de Poûtier de Sône, de Malseigne, de Grivel, du Mouchet de Battefort , de l'Aubcspin , de Sorans , de Franchet de Hans, disclin, dEsternoz, de Sagey, d'Anihly, d'Amandre, de Bouzey , de Kully, de Crécy, de Marmier, de Bousier, de Buzon de Champdivers, de Moiria, de Montessus , etc. , etc.

Orjdeb ]>e Saint-Hobert de BAR-LE>Dua Cet Ordre fiit institué par Louis I'^'', Duc Souverain de Bar, au

OKDftB D« SAINT-HUBERT. 389

mois ih niai i^iG, dans une assemblée des principaux seigneurs du pays, parmi lesquels je citerai les Sires de Beaufremont , de Blamont , des Armoises, de Kupp, du Châtelet , d'Orne , de Bassompierre , d*Asprennont , de Saarhruck, de Mandres, etc., etc., (jui souscrivirent tous la charte de fondation et les statuts de TOrdre. Ces statuts ont ëtë confirmës en ï^m et 1697 ; et en i6o5« le Duc de Lorraine, Clharlcs 111, confirma de nouveau tous les droits et prérogatives de l'Ordre, par décret

expédié en son G>nseil-d'£tat , le 4 novembre , et enre-

gistré au bailliage de Bar, le 2 octobre 1606; par Charles IV, Duc de Lorraine et de Bar, par décret expédié en son conseil , tenu h Bar, le 27 octobre 1661 ; et par Ijéopold , Duc de Lorraine et de Bar , par décret expédié en son conseil, tenu à J^néville, le 12 juin

L'Ordre , qui subsista avec splendeur tant qute les

duchés de Lorraine et de Bar turent souveraineté independante^ ne perdit point de son éclat, lorsque cesprincipautés furent cédées h la France.

Le Roi Stanislas, étant tlevenn Duc de Lorraine cl / ^ de Bar, en 1767, après avoir abdiqué la couronne de Pologne, conserva aux Chevaliers de TOrdre, par des lettres de prise de possession de ses nouveaux Etats, les droits et prérogatives dont ils jouissaient et avaient joui jusqu'alors. Louis XY,.à qui les duchés devaient revenir après la mort de Stanislas, accorda la même faveur à ces Chevaliers par sa déclaration de prise de possession éventuelle.

C'est en qualité de Ducs de Lorraine et de Bar que les Rois Louis XY et LK>uis XYI furent chefs suprêmes

3gO DES OSLJMJË& DE CU£VAL£ia£.

et protecteurs de l'Ordre près duquel ils se faisaient

représenter par le gouverneur do la province. Le maréchal Duc de Choiseul - Staiuvilie est le dernier qui ait joui de cette faveur: il la conserva depuis 178a, épocjutî de sa réception dans l Ordre, jusqu'à sa mort, arrivée en 1 789.

Le Roi Louis XVI honora constamment cet Ordre de sa protection spéciale; ce qui est confirmé par les lettres- patentes dont l'extrait suit :

Louis, par la grâce de Dieu^ Roi de France et de « Navarre , à tous présens et à venir, salut. Nos chers a et bien-airaés les Grand-Maître , Grand-Yeneur, Of- II ficiers et Chevaliers de l'Ordre nohie de Saint-Hubert « du Barrois, nous ont fait exposer que, fidèles au a devoir qu ib se sont fait de secourir les malheureux, « etc. , etc., et voulant seconder les viiés bienfaisantes « d'un Ordre qui n'est pas moins recommandable par a les senliniens d humanité dont ses membres font pro- « fession, que par son ancienneté, par le rang des « personnes qui le composent et par la protection « particulière dont les Ducs de Lorraine l'ont toujours « honoré, voulons et ordonnons, etc., etc. » . Voici ce que dit le Comte de Waroquier, dans l'état de la France, présenté au même monarque, en 1789: « Les Chevaliers, à leur réception , jurent entre les mains du Grand-Maitre, de vivre et mourir dans la religion catholique , d'être fidèles au Roi , d'observer les statuts de 1 Ordre, de s'opposer aux entreprises des, ennemis de la religion, de prendre les armes, lorsque le Roi l'ordonnera et le jugera nécessaire pour le service de l'État.

OBIHIE DB 64IMT-0UBiaiT. 39 1

« Ils oui forme un établissement pour les pauvres en riiôpital de Bar^ ce qui a été autorisé par lettres-patentes données à Versailles au mois de janvier 1 786 , registrées au Parlement de Paris et à la chambre des comptes de Bar dans la uieuic anuée.

ce Les assemblées générales se tiennent aux fêtes de Saint-IiOuis et de Saint-Hubert.

a Pour être admis dans cet Ordre, il faut faire preuve au moins de quatre degrés de noblesse, non compris le présenté , être né dans le Duché de Bar, ou y posséder fief, et réunir les autres qualités requises par les statuts. »

La croix de TOrdre était d'or, k quatre branches ,

bordées du même , remplies d'émail blanc , ayant au centre un écusson ron49 sinople, chargé de l'image de Saint Hubert d'or, et de l'autre côté, un médaillon d'azur, chargé des armes du Duché de Bar, qui sont d'azur à deux bars ou barbeaux d'or, dentés et allumés d^argentf avec cette légende : Ordo nobiUs Sancti- ' Httherti^ institutus anno i4i6. Le . ruban était vert moiré, liseré de rouge.

DE DIVBRS âVTKtS ORBRES JDE CHBVALEHIE.

Page 1