DES CONCESSIONS
Les concessions d'armoiries , de cimiers, de supports,
de couronnes, de bannières, dé cris, de devises et d'autres emblèmes héraldiques, de titres honorifiques, ou de fiefs, étaient un des moyens les plus puissans et à la fois les plus ingénieux, pour récompenser le courage déployé dans les combats, et les. services de toute espèce rendus à la patrie ou à la personne de nos Rois.
La maison de Ghateaubriaitt, en Bretagne, obtint du Roi Saint-Louis : Un ëcu de gueules semé de France, accordé à Geoffroy , Seigneur de Chateaubriant, qua-
pus G0NGK8S10KS. 3219
trîème du nom , onzième Baron de Ghâteaubriant , « qui
M avait accompagne ce Prince au voyage de la Terreci Sainte, oii il fut fait prisonnier avec lui à la ba- « taille de la Massoure, le 8 février isSo. »
La maison de Vignacourï, en Lorraine et en Picardie, reçut du même Prince : l'rois fleurs de Us de gueules au pied nourri ou coupé y concédées à un Seigneur de cette maison qui avait suivi ce Monarque à la Terre -Sainte, et qui y fut pris par les infidèles, en combattant h. ses côtés. Cette maison a fourni un Grand- Maître à rOrdre de Malte.
1^ maison de Mealx -Bois -Ba.udran, des anciens Comtes de Meaux en Bric : Un écu d^argeni à cinq couronnes (Pépines de sabky donné à Gifiard, cadet de « la maison de Meaux , eu mémoire de ce qu'il con- « duisit et accompagna, par ordre de Saint-Louis, la (c suiinte couronne d'épines. » Les anciens Comtes de Meaux portaient, avant celte concession, d'argent à la face de gueules.
La maison de Beauvoir du Rourb, Tune des plus anciennes et des plus illustres du Dauphiné, qui possédait la mistralie des Comtes de Vienne dès ranio38, et dont était Raoul du Roure, nommé par le Roi Saint- Louis, en f a5o, Haut-Bailly du Gévaudan après Béraud de Mercœur, jouissait d'une concession très-importante qui fut faite par le Roi Jean, dit k Bon 9 et confirmée par Charles Y, en i366, à la maison de Grimoard qui s'est fondue dans celle de Beauvoir : elle consistait dans la franchise de tous impôts sur les terre et seigneurie de Grisac et dépendances, en considération des services de cette famille et de lamitié qui
53o DFS CONCESSIONS.
unissait ce Monarque avec le pape Urbaia qui était de la maison de Grimoard.
Jjx maison de Mailly timbre ses armes {l'iine couronne JleurMùée depuis que Colard de MaiUy fut nommé Fun des administrateurs du Royaume pen- , danl la maladie mentale de Charles VI. Il fut tué à la bataille d'Azincourt, en i/^iSj avec son fils qui venait d'être ikit Chevalier. Ils furent enterrés ensemble dans l'église de Saint-Nicolas d'Arras, où on leur érigea un tombeau qui portait leurs armes ainsi timbrées.
On cite comme une des épitaphes les plus anciennes
celle d'ArnouId de Mailly, enterré en iioo dans l'église de Saint-Gëry, au mont des Bœufs à Cambrai. £lle portait :
Clii gesist ong moite braf Kevaiiers ,
Ki at glené meintes loriers ;
Ens en AJfriky tojors coiiviers d* aciers;
Mailly ot non de moite grants lingniers
ODiex, dœnex guerduns as Mis pivus gouriers
Un ancien proTerbe, connu en Picaniîe, disait :
jéillyy MaiHjret Roje
Ceints de même courroje Feraient la guerre au Rojr,
T.a maison d'AoriÉ de Yillymontèe^ Thibault Au* tîé^ Sire de Villenontée «t de ChiMton, qui orwhafrtît à la bataille de Bouvines, en Iii4> ^^vec un courage extraordinaire, reçut de Philippe -Auguste^ pour récompense de sa valew, ia tem de ChâteMjn^oiu
DBS CONCRS&IOlfS. 53 1
maison de la Taille, originaire du Gâtinaîs ^ obtint de Charles Vil ; Une coiuvnne Jleurdelisée sur la iéte du lion de ses armes y accordée a Martinet de la Taille, Seigoeur Iwut Châtelain de Bondaroi^ Gentilhomme ordinaire de Marie deClèves, Duchesse d*Oriéan^t mère du Koi Louis Xll , « en rëcompea&e « de SCS sei*vioes et de sa iklélité. » A Tâge de vingt ans,'
il avait été donné en otage aux Anglais, ponr sûreté du re&te des contrilMUions (ju ils uvaicat exigées des provinces de Beauoe et du Gâtinais, pendant qu'ils fai* saient le siège d'Orléans et celui de Pithiviers.
Celle maison de la Taille a été fertile en héros. Guillaume de la Taille, Seigneur d'Ossinville, petit-fils de Martinet, sauva la vie au Prince de Condé, à la bataile de Coutras, en le retirant de dessus son cheval, ({ui y fut tué, et en le remontant sur le sien. Jean de la Taille, Seigneur de Faronville, troisième descendant de Mar^ tinet, fut blessé d'un coup de lance eu combattant près de Henri lY, et oe Prince le remit lui-même entre les mains de ses chirurgiens. Jean de la Taille était auteur dramatique. Il portait pour devise parlante, le lion de stis armes tenant un livre et une épée, avec ces mots: Iir imtDMQUE r AAATUS. Son fils, Lancelot , suivit comme son père le parti des armes, et mérita d'être du nombre des Gentilshommes choisis pour la garde de la cornette blanche, an siège d'Amiens; mais, de même que son père , il aima les lettres, et a laissé plusieurs pièces de vers français et latins. Il portait pour devise : un homme . foulant un monde au pied, tenant cT une maiiijÀnepaUne, de rautre, une épée nue, entourée iPun rouleau de papier, auec ces motJ:^oN ^feriora secutus. Aussi
53a DBS CONCESSIONS.
un de SCS cousins, Bertrand de la Taille des Essarls, lue depuis à Moiitcontour, faisant allusion au double iné- * rite de sa maison, entourait le lion de ses armes de la devise : In terris régnât et astris. Enfin Mathurîn de la Taille, de la branche des Seigneurs des Essarts, troisième descendant de Martinet , portait renseigne du Prince de Gondë à la bataille de Jamac, et la sauva, (juuiqu il eûl son cheval tué sous lui et qu'il fût entouré d ennemis. Il périt par suite des blessures qu'il reçut, en 1587, à la bataille de Coutras, étant au service de Henri IV, alors Roi de Navarre.
La maison de Bastard, originaire de Bretagne, établie en Berry, en Guyenne, dans le Maine et en De-
vonshire, porte, par concession de CiiarlesVIl, la devise: CuKCTis NOTA FXDES, et pour cimler, un ange issànt de la grosse tour de Bourges; sa dalmatique armoriée de récu de Basiard (il, et chargée de V ancien cv/DiEx ate; tenant deladextre une èpée Jlamùojrante, et de la senestre^ une croix fleurdelisée^ accordés, en j 4^9, à Guillaume de Bastard, Vicomte de Fussy et de
(i) If or, à Vtûgjle tVemj^re: mi-parti : daiur^ à la fleur de lis itor } à Féeuston ^hermines, en chef {ou point ^honneur) dut la partition, at.ias en abyme.
La branche établie dans le Maine, is&ue d'un second frère de Guillaume, spécialement distinguée dans la marine, et qui a fourni un chef d'escadre et plusieurs capitaines de vaisseau , brise ttun lamhel à trois pendons tPargeiU, auas tt hermines ou
de gueules. Elle a brisé aussi par l'aigle de gueules, tel qu'il se rencontre en Berrv aux branches cadettes des Vicomtes de Souiangis et du Breuillet-Vouzé.
DES coircEittiiuifs. 533
Terlan, Maiic do Bourges, Cuipilaiiio dv la grosse lour de cette ville, Maître des requêtes, gouverneur du bail* liage et Lieuteiiant-Gënëral pour le Roi de la province de Borry, ot h autre Guillaume de Bastard, son frère, Co-Seigneur de Soulangis, panetii r du Roi, (Capitaine de cinquante hommes d'armes et Gouverneur du château deMehun-sur-Yèvre, « en récompense de leur fi Jëa lité, de leurs bous, grands et agréables services; et, « par espécial, de la défense de Bourges , en 141^9 a sous le Duc Jean, frère du Roi Charles Y, et des « secours envoyés pur eux, le même jour onze de jau- « vier 14^99 à la fois k la ville d'Orléans et au Sire « d'Albret , Charles deuxième du nom , Comte de Dreux « et de Gaurc, Gouverneur de Berry, qui, assisté de « Jeauae-la-Pucelle, assiégeait la Char i té-sur-Loire. » La Thauroassière donne en entier le titre qui atteste l'étendue et l'urgence des services rendus au Roi Cliarles Vil eu celte circonstance. Le Chevalier Gougnon, historien des &miiles de Rerry, rapporte également cette concession, et ajoute (juc ce le duc Jean avait fait placer, au-dessus de la Sainte -Chapelle de Bourges, un ange de grandeur naturelle, vêtu d'une dalinatique armoriée de Berry, tenant de même une croix et une épée, en mémoire du secours surnaturel qu'il croyait avoir reçu d'uu messager céleste contre les Bourguignons. » Chaumeau parle de cet ange au chapitre de la Sainte- Chapelle. Blanchard, dans ses Généa/ogies des Maistres des requestes ordinaires de i'host^l du Hojr, mentionne encore, sous la date de 143Î9 d'autres lettres -patentes du Roi Charles Vil, alors Régent du royaume, oii ce Prince rappelle « les
S34 COirC»S8IOKS.
o grands et agréables services » de Guillaume de Bastard.
L'autre Guillaume, Seigneur de Soulangis-sous-les- Aîx, avait aussi reçu de Charles Yll le droit déporter une couwnne Jleuixieiisée en chef' de son écu; et, en écartelure, les artnes de Mehun-wr-Yèvre, qui sont: d*or au chef de gueules chargé d'une J/eur de lis du premier émail, « en récompense de la défense héroïque « de cette ville contre les Anglais. » Ses armes, engrelées de gueules, se voient ainsi écartelées dans la cathédrale de Bourges à la chapelle des Bastard, dite aussi des Le Roy ou de la Trinité, et sur son tombeau dans le dMBur de l'église collégiale de Notre-Dame de Mehun.
Claude de Bastard, Seigneur du Boscq, Gouverneur de la Ck>mté de Gaure et Capitaine de soixante hommes d'armes , quatrième descendant de Guillaume Vicomte de Fussy et dc Terlan, reçut du Roi François P*", en Tannée 1 54o, une cliaîne d'or du poids de 3oo écus et ICO livres ou écus d'or de pension, « pour bons et « loyaux services dans les guerres de Piémont. » I>es desceudans de Claude de Bastard continuent de porter cette chaîne autour de leur ëcu.
La maison deGouLAiïTES, en Bretagne, par concessions des Rois d'Angleterre et de France, porte : un écu mt'pard d'Angleterre et de France, donné à Alphonse, Seigneur de Goulaines, « autant vaillant et hardi que o sage et prudent, de grand jugement et de bon con- « seil, en mémoire de ce qu'il fut employé par le Doc « de Bretagne, son Souverain, en négociations de paix « entre les deux royaumes, et qu'il réussit à réconci- « lier les Bois de France et d'Angleterre. » Les descen-
DBS oi>ifCKt§ions. 535
dans d'Alphonse de Gouiaiacs ont toujours porlc ce:» armes ini-partics, en les accompagnant de cette devise:
A CETTUT-CI, A CBTTOT-LAy j'aCOOROB LES CORONNES.
La iiiiiisou (le Ma.scr\ny, à Lyon et à Tile de France,
reçut de Louis Xil : un ëcussoii d'azur à une fleur de * * .
iïs d'or placée en cœur de trois /ascesvwrées d'argent de leurs armes , accordé en iG35 à un de cette famille « pour ses bons et loyaux services. » On remarque comme un fiût rare et singulier que les Mascranj portent en outre dans leurs armes un chef eomposé de trots pièces, concédées toutes trois par trois Souverains différent pour des motife également glorieux ou hono* raWes. Ce chef se compose d'ii/i aigle épiojné d'argent coumnné d'or^ concédé par un Emperei}r d'Allemagne; accosté à dextre d'an def aussi rf* or, concédé par un pape; et à sencstre, if an casque en profit de mène, concédé par un Duc de Milan. '
La maison de Cambis idiasChMn^ originaire de Fbrenée, établie à Avignon, en Ijanguedoc, en Provence et dans Tîle de l^'rance, obtint de Louis XIV: deux bâtons Jieunlelisés et passés en sautoir derrière l*écu de lettrs armes^ et des étendards oiMar de èa couronne de Fkomte^ accordés en t653 à Jacques de Gambis, Vicomte d'Alais, Lieutenant-Gënéi'al des armées du Roi et Général de la cavalerie légère, « en oonsidéni*
lion de sa valeur tX des services qu'il rendit au siéffe « de Serida, de Fiix et de Tortose. » 1^^ vicomte d'Alais avait été liouoré de Texpectative de la charge de Maréchal de France. Il fut tué la même année au sîégn de Giroune, en chargeant à la tête de la cavalerie française, et enterré dans la cathédrale d'Aiais. Son épée
536 DKS OUIffCE$S101f&
de bataillo, conservée dans la siicristic de (retle église, portait ces mots gravés :
Je suis Carnbis pour ma foi; Ma mculresse et mon Roi; Si tu m'attends^ confesse^toi.
\jk maison Bart, de Dunkerque, reçut de Louis XIY:
une fleur de lis cVor sur fond d'azur, accordée, en 1694, au célèbre Jean Bart, Capitaine de luariae, anobli lui et sa postérité, tant mâle que femelle, « en- « considération de ses grands services et de ses actions « éclatantes. » Le fils aîné de Jean Bart hérita de sa bravoure, et mourut, en 1 755, Yioe-Amiral et Grand croix de Saint-Louis.
Le Compasseur de Courtivrok, en Bourgogne; le Roi Henri lY, par lettres données au camp de Dijon le ao juillet iSgS, érigea en baronnie les terres et seigneuries (le Courtivroii, Tarsul et dépendances, en faveur de Claude-François le Compasseur de Créqui- Montfort, baron de Yentoux, en récompense des services qu'il avait rendus, noininémcnl à la réduction de la ville et du Château d'Auxonue. Les mêmes seigneuries- furent érigées en marquisat, par lettres de 1698, registrées au Parlement la même année, et le i^*" juillet à la Chambre des Comptes de Bourgogne, en faveur de Jean, le Compasseur de Courtivron , Président à mortier au Parlement de Dijon , qui avait épousé Charlotte de Germon t-Tonnerre, sœur du Maréchal Duc deClermont -Tonnerre.
Le Marquis de Courtivron , Aide -Major -Généraldes-logis des armées du Roi, Mestre-de-Camp et Che-
IHM COHCIRSIONS.
vaiii!!' de SiinU-Tx)uis, servait en Boliêine, soua les ordre» du Maréclial de Saxe, en 1 74st. -Chargé par le Maréchal d^investtr le chAteau de Frauenfeld avec 4oo
hommes, il rendit compte au Maréchal que la garnison était très-nombreuse et qu'il avait exécuté ses ordres.
Maréchal lai écrivit ce hillet mémorable : A gens de ( œur, œurtes paroles : qu* on se batte ; f arrive y mon cher Conrtwmn, Signé Matinée de Saxe, Le Marquis de Courtivron répondit énergiquemétot i ce billet, et le Maréchal trouva, à son arrivée, la garnison composée de /|,()oo (îroates qui capitulait.
Pierre db NocHiîZB, alias m Nbucr^e, Chevalier de rOrdre du Roi, d'une des plus illustres maisons du Poitou, obtint, en i5i5, du Roi François P*", qui lavait créé et reçu CiiemUer, en récompense des ser« vices qu'il avait rendus aux armées, et. notamment dans les guerres d'Italie, le don de la seigneurie de Simaux, mouvante du château de Luzignan. Son aïeul Guillaume de Nuchèse avait servi sous Charles YI au siège de Parthenay en 14199 et iîit tué au siège de Tx>mont, défendu alors par les Anglais; son père avait également servi, sous les Rois Charles VU et Louis XI > et s'était acquis la plus grande réputation militaire. Ce même Pierre de Nucbèze épousa Cliarlottc de Brisay, fîlle unique et héritière de Jacques de Brisay, Chevalier de rOrdre du Roi, et d'Avoye de CSiabannes , fille de Jean de Chabannes, Comte de Dammartin, et de Suzanne de Bourbon-Roussilion, fille de Louis de Bourbon, Comie de Roussillon, et de Jeanne de Valois, lille légitimée du Roi T^uis XI. Ce mariage a fourni à la maison de Nuchèze l'honneur d^ descendre par les I. 35
DES CUNiJ'iii.SIONS.
fi^oifs de la i|iaiâoq dix Fcfiwe. Léon de JHuchèzef iiU
de ce PitMTC, fut Gouverneur de 1r ville deiMircl>eau, et tué au siège di; celte place; il tiU.p^rtticfe J^ftUrJacfuçs d& Nuçbèze, Biiroa 4e }^remiSf <|tti. mourut d«$ suites des bl(*6sures qu'il avait reçues ntlx-hftlalUcs 'à% yvy ei, de Foataine-Frauçais*;, aïeul de. Bénigne de Neuchèze, qui fut tué à. Ja ptm de Priy^, en ^629, d'un copp de tinQusquet; oe demi^ 4tait frère de Jacques de Neuchèze, Evêque et ConUe de Clialons, en ^Vf^ur duquel le Jtloi Loi^is ^Ul accorda 9 ^u novembre 1637, des lettres -patentes registre en parleRBfot le 3 septembre 1G40, pour rérection de la seigneurie de Brain en cuiaté; il e^t ea^pressëincut ineutioiuié dans l^ite^ ietl;niB8 qufi le litige de Comte lui esl coucédé pour lai et ceux de son nom en ligne mesoutioe, et à pevpjéluité , à raiso;) de^ services émineus reudu$ par $a fi^lle aqx Rois de Fra^e e| à l'État» .
Philippe de Valois concéda^ en i343, a Pierre mt Salvaing, une bordure (i'az>ur serme de Jlcurs de ds d*or^ en. augmeatatiofi de se§ «iruie^» qui étaient d'av à Vaiglede VEmpir^f « en eoi^dératioiide ee qu'éfauA « dans le Conseil d'Hunibert II, dernier Daupbin de « Yii^i\9ii3y ijl fut un des p4::ipcipii^tx auteurs du traus- « port que fit ce Prioc^ de se «ouven^oeté à la eou* «t renne de Frapce^ »
^ Jao^e^ Trousseau ou X^çtU^sjEi-^ VicgiBite.de Bourges e| son fri^ve Pifurre TnovmM^ jQibûfiiïMit ^de Chéries VI : une fasced*axgent chargée diS êfws fleurs de lit dJoi\, en auginentaljpn de. jqurs aniiçfe, quii .étaient ^Qfs baHoU ou imu^seaux d'or^ te pour li9S'.sêiiv«Cflè (( boj^s et )9y9,u«;^ <i^'il^ n's^xsûeni;- ^Mé de.reodi» au
m» GONCBSSlOlfftl
« Hoi et à la couroniu? Je Fraticft, cl, par espècial, à « Jean de Franco, Duc de Berrj et d'Auvergne, Comte « de Poitiers, oncle du Roi. »
Les Seigneurs de la Ix>é, en Bourgogne et en Berry, qui portaient autrefois /rof's roses de gueules sur une Jasce (Paient , furent autorisés paf Charles VII à les remplacer par trdis fleurs de lis aussi de giiêfdes, <c en « Hieinoire des services rendus par plusieurs de ce nom tt dans les guerres contre les Anglais. »
Louis Xir, en érigeant en marquisat kî baronnie de TranSy en Provence, en r5o5, en faveur de fxïuis de Villeneuve, Comte d\\ vélines, son ambassadeur à Home, et surnommé Riche d^ honneur ^ lui concéda en mémé temps, «en récompense des grands services qii'îF « avait rendus à i Etal, » une Jleuv de lis d'or sur un écusson d^azuTy placé en abyme de ses armes, I/ancienne baronnie deTrans fut 'donnée, vers Tan luoi, par Alplionse, Coinle de Provence, h (iéraud de Villeneuve, Comte de Tarascou. Voyez page 108.
'Un des auteurs de la maison d'Arcôlliers, en Savoie, reçut du Roi François F^, sur le cliaïnj) de bataille même, à Pavie, en iSaS, une fleur de lis d'or, placée à dextre iTune épée chargent , sur un chanip etazuty € en considération de ce qu'avant la prise du « Roi, il lavait une première fois tirë des mains des tt ennemis, parmi lesquels ce Prince s'était imprudem- «t ment engagé dans la chaleur du combat. i>
Charles d*Albret , CiOmte de Dreux, Vicomte de Tartas, fit une concession d'un domaine, le 3o màî 1461 , à Job DE CffAJtVRE, alias Delcambre, snitaii^ FidRome gascon et basique, à raison des services qu'il
i>Ks coNr.r.ssioîis.
lui avait mulus. C^tte famille resta constamment atta- , chëc à la maison d'Albret, au Koi Henri IV et h Catherine de Navarre, sa sœur.
Le Koi (le Pologne, Duc de Lorraine , Stanislas l^eo zinski^ accorda, en 17349 à Jacques Geoffbot, IP du nom , en J^n*aine, d'une famille originaire de l^rovcnce, la devise : Ndjsc £t ()lim,« en considération et « en récompense de son zèle à servir sa cause, et de ses <c bons et signalés services, dans les missions et n^oa ciatious difiiciles 4U il remplit eu Tannée 1733, et « années précédentes. » On trouve dans l'ancien cabi* net de TOrdre du Saint-Esprit un document qui porte que les armes de celle niaison, issue des anciens Vicomtes de Marseille (origine également constatée par VÉtai de la noblesse de Prot^nce, tome 11, page i4o), avaient été accordées par un Roi de France, « dans « les temps les plus reculés, ù im Clicvaiier de ce nom « et de grande renommée, dont le bouclier d'ai^ent ou « la tunique blanche, couleur de sà maison, a^^ant été, « à la suite d une bataille, teint en partie du sang des a ennemis et de son propre sang, » fut accueilli par le Roi, qui lui dit à cette occasion : « Vous avez vaillam- « ment lranc/ié; 'je veux que votre ëcu soit, à l'avenir, a d'argerUy tranché de gueules; 9 d'où vim^ la devise : SAVGITIS NON FCBDAT, portée par plusieurs de ce nom, comme donnée par le Woi le uïenie jour.
Marcellin d'Audifret, issu d'une des plus anciennes maisons de la vallée de Barcelonnette, ayant quitté, en 14^^! 5 service des Comtes de Savoie, pour s'attacher à celui de René, surnommé le Bon, Comte de I^rovence ,et Koi i\e, Naples, fut chargé par ce Prince
de comiuaiider i expédition qu'il dirigeait sur Tile de Chypfe. Le zèle et les talens militaires qu'il déploya dans cette circonstance le firent créer Chevalier par le Koi Hené, qui l'admit ensuite dans son Ordre du Croissant, par lettres-patentes du f8 septembre 1463, portant que c'était en considération et' en récompenses des bons et éniinetis services qu'il lui avait rendus. Piorre d'Audif&et, l'un de ses Bis, qui lavait accompagné dans cette escpéditioii et qui passa ensuite au service d'Espagne, fut gouverneur de Lérida et surnommé le grand Capitaine espagnol, il était ^ussi Chevalier de rOrdre du Croissant.
Jean db Nicolaï, Seigneur de Saint -Victor, Conseiller privé du Roi Charles VIII en i485, suivit ce Prince dans ses expéditions d'Italie, le servit en plusieurs ambassades et fut élevé par le Roi Ijouis XII à la dignité de Chancelier du royaume de Naples. Il fut liouoré par ce Prince du titre de Cotisin y en considé* imtkm des services qu'il avait rendus à lui et aux Rois ses prétlceesseurs; il devint premier Président de la Cour des Comptes en i5o6, et transmit cette charge à sesdeseendans; cette maison ne borna pas ses services à la magistrature seule, elle les étendit aussi dans la carrière des armes et fournit un Maréchal de France dans la personne d'Antoine-Chrétien de Nieolal, en 1 77$.
En Bretagne, le Due GonanlV concéda au douzième siècle à la maison Hehsart de l\ Villem\rqué la cliarge de Forestier héréditaire de I^m balle , en réebmpense de ses services, et y ajouta le don d'un fief en Plédélac, ou elle bâtit, plus tard, le château de la Hersardaye.
54^1 Dfscasijcc^^iotf^
Souvent aussi , en rëcon^pçnsfe c|e belles actions, les Souverains autorisaient riuhumation de certains personnages dans les caveaux qui étaient desiines à reoe* voir leurs tombeaux. On sait que Cbarles V vottlnt honorer son célèbre Connétable Ditguksclin, en lui donuanl la âëpuUure royale, et quil fit placer le tombiiau de ce grand capitaine auprès de celui, qu'il avait i^t préparer pour îui-inéme. C'était encîore un grand honneur que d^étre inliumé dans h^s^ chapelles tvjqles qui existaient en diverses provinces; c'est ainsi que Bernardin DcTuixes, Seigneur DE TsEBCLUNE, de l'âncienne maison de Tulles df. ViLLi JrKANCHi: , originaire du comtat d'Avignon , fut entern^ dansî )a cliape^le royale dçs comtes de Provemoe, en la ville .d'Aix, en considération de son grand mérite et de l'intégrité avec laqiielle il avait rempU sa charge, alors unique en Pro^ veiice. Nôstradaiinus^ dans seb Ghfoniques de Pcovenoe, s'en ex]jrinie ainsi : « Messire Bernardin de Tulles, « Chevalier jat seul Général en Provence^ inhumé en ia fc. Chapelle ironie de^iacohins .d'Aix, auprès de Jean « de Sâde, premier PKésideHI àux- Comptés el Garde? « des-v^ceaux.^.. ».
L'usage de .ces sô^tes de cioœessièns, comme témoignages d'une i^ëcompense nationale; s'^st prplongé jusqu'à nos jours. L'Einpqreur Napoléon Idî-même crut honorer ses guerrjiers en les déconint de ces mêmes ntarques dont nos anciens Souveiiain^ avaient, autr^is honoré leurs Chevaliers. Cette sorte de récompense
s'apfdiqula pas seulement au mérite .militaire, [mais eàcore aux .t>er8bnkiage& ^ui avuient' rendu d'^itteas services à l'État et au Souverain.
DES COWCBBilONS. 543
« L'fiuupaveiir Nafioléoii «oaeëda Vniffie impéiieti
Priuce i>k Bkmîvkwt (Tailc) raiid-Périgortl), son Miiiistiv des cetn^OQ^ eKlériMires, «t «uMajrécballisi^TQiW^Wiice de Neufchâtely Major^Géi^éraJ de ses am^; exce|)^
tions uniques et faites liéréditaireinenL en leur laveur, moins saus doute ea leur qualité de grands ieu(iaiaires de Tii^iupirc nouveau, qu'en considératigo des services qu'ils avaient rendus. A Tecu du second,. il plaça aussi la lettre W, iniliule du mot ff^'agratn^ eu souvenir de sa coopération active à la victoire de ce nom remportée sous les murs de Vienne.
l.e général Comte Kampok eut une M, pour avoir sauvé l'armée française à Mobtenottc.
JjC général Comte d'Abo ville, en ménioire d un fait analogue, obtint un drapeau de simple chargé des lettres N, L, G, placé sur un château ^argent y anciennes armes de sa famille.
Le maréchal Oudiitot, Duc de Reggio , reçut un lion de gueules tenant de la patte dextre une grenade
enflammée.
Maréchal LiUfirKS, Duc pfi Montebello, une épée d*or en pah Dans le nouveau blason ,* Tépée était le
signe imposé aux Comtes et aux Barons tirés du sein de Tarmée. I^es Comtes la^ portaient au quartier d^honneur, et ce fut une belle perisée que de la doniler^ pour
unique emblème , à celui que les soldats avaient .surnommé la brave des braves.
Le Comte de Bodgautyiiils, habile navigateur , eut
un globe terrestre, ^ ^
JLe célèbre â^Uonome L^pi^gki Zef planètes de, Ju-