EXPÉRIENCES
Exp. I. — Gbien anémié; amputation de la cuisse. Poids : l7kilog.
Le 15 mai. Saignée de 550 grammes. — Bande d’Esmarch. Amputation de cuisse un peu au-dessus de la partie moyenne. Réunion par neuf points de suture superficielle. Drains aux deux angles de la plaie. Pansement de Lister. Perte de 50 grammes de sang environ pendant l’opération.
Après l’opération le chien est couché sur le flanc. Il laisse retomber lourdement la tête sur le sol lorsqu’on la soulève, Il fait des inspirations lentes et profondes.
Le 17. Le chien est triste, ne bouge pas de sa niche. Il a beaucoup maigri depuis deux jours. L’examen du sang montre une abondance des globules blancs.
Le 18. On renouvelle le pansement. Un peu de gonflement du moignon. Notable quantité de suppuration.
Le 20. Le chien a défait son pansement. L’examen du sang montre une légère abondance du nombre des globules blancs. On refait le pansement.
Le 22. On supprime tout pansement. Les points de suture ont coupé la peau. Il n’y a eu en aucun endroit réunion par première intention.
A partir de ce moment, la plaie rosée, bourgeonnante, a marché régulièrement vers la cicatrisation.
Le 24. On trouve 3,218,000 globules rouges et 6,960 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour -470 rouges.
Le 27. On trouve 3,665,600 rouges et 7,732 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 475 rouges.
Le 9 juin. La cicatrisation est presque achevée.
Exp. II. — Chien non anémié ; amputation de la cuisse.
Poids : 15 kilogr.
Le 15 mai. Bande d’Esmarch. Amputation de cuisse à peu près à la partie moyenne. Réunion par 5 points de suture superficielle. Drains aux deux angles de la plaie. Pansement de Lister. Perte de 80 à 100 grammes de sang pendant l’opération.
Après l’opération, le chien reste à demi couché sur le sol. Il tient la tète relevée, a l’œil vif et lèche son pansement.
Le 17. Le chien est gai et se promène dans la cour. L’examen du sang montre une légère abondance de globules blancs.
Le 18. On renouvelle le pansement. Pas de suppuration. Pas de gonflement du moignon.
Le 20. Le sang examiné paraît normal.
Le 22. On supprime tout pansement. La plaie s’est en partie réunie par première intention, le reste de la plaie se cicatrise régulièrement à partir de ce moment.
Le 25. On trouve 3,364,000 globules rouges et 7,700 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 440 rouges.
Le 9 juin. La cicatrisation est presque achevée.
Exp. III. — Chienne anémiée ; amputation de la cuisse ; injections septiques. Poids : 8 kilogr.
Le 19 mai. Saignée de 300 grammes. Amputation de cuisse à la partie inférieure. Pas de réunion . Pansement phéniqué.
Le 24. L'animal depuis son opération a à peine mangé. Il a enlevé son pansement.
Le 25. On trouve 3,039,200 globules rouges et 8,506 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 357 rouges.
Saignée de 260 grammes par la carotide droite. Le sang qui s’écoule est peu coloré et très fluide. A la fin de la saignée l’animal est pris de convulsions. Peut-être le pneumogastrique est-il pris dans la ligature de l’artère.
L’animai boit beaucoup et est pris de frissons après l’opération.
Le 26. Plaie grise, blafarde. Bourgeons charnus œdémateux. Suppuration abondante. On trouve 2,343,201) globules rouges et
8,506 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour :)79 rouges.
Le 27. On injecte sans aucune difficulté 4 grammes de liquide septique dans le canal médullaire du fémur. Bourdonnet d'ouate et pansement.
Le 28. Animal très abattu, frissonnant. Œdème du moignon. Injection de 12 grammes du liquide septique dans le canal médullaire. Frisson continu peu intense.
Le 29. Injection de 24 grammes du liquide septique dans le tissu cellulaire. Le champignon qui faisait saillie hors du canal médullaire est affaissé; l’os dans 1 centimètre de hauteur est blanc, nécrosé.
Le 31. Bête très affaiblie, amaigrie, pouvant à peine se tenir sur ses pattes.
Le l°r juin. Reste couchée sur le flanc; lorsqu’on soulève la tête elle la laisse retomber inerte sur le sol et fait entendre un petit cri.
Morte dans la soirée.
Autopsie. Suppuration extrêmement abondante de la plaie et de chaque piqûre; suppuration également considérable delà plaie de la carotide. L’os est complètement séparé des parties molles par le pus, il est nécrosé.
Rien dans les viscères, si ce n’est des plaques rouges à la base du poumon , comme des abcès métastatiques à la première période.
Exp. IV. — Chien non anémié ; amputation de la cuisse ; injections septiques. Poids : 8 kilogr.
Le 19 mai. Amputation après ligature de la fémorale.
Le 23. Diarhée intense.
Le 26. On trouve 2,900,000 globules rouges et 6,187 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 469 rouges.
Le 27. On trouve 2,830,400 globules rouges et 3,870 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 732 rouges. On essaie d’injecter dans le canal médullaire du fémur 4 grammes d’un liquide septique ; mais c’est en vain, le canal médullaire étant bouché par de l’os. On injecte donc le liquide dans les bourgeons de la plaie. Bourdonnet d’ouate et pansement.
Le 28. OE lème considérable du scrotum. On essaie de nouveau inutilement d’injecter du liquide septique dans le canal médullaire qui est oblitéré, on se contente donc d’injecter 12 gr. du liquide dans les parties molles de la plaie.
Le 29. Injection de 24 grammes du même liquide septique dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen (en trois points différents).
Le 31. Trois abcès se sont formés, un au niveau de chaqueinjec-
tion.
Le lorjuin. Ces abcès se sont ouverts et donnent issue à un liquide séro-purulent d’odeur fétide. Le pus contient un grand nombre de bactéries.
Le 3. Le chien mange à peine, il maigrit. On trouve 2,018,400 globules rouges et 3,870 globules blancs, c’est-à-dire 1 gl. blanc pour 130 rouges.
L’examen du sang montre de même une quantité extrêmement considérable de globules blancs.
6 juin. L’animal est mort pendant la nuit.
Autopsie : Rien dans les viscères qui renferment une quantité de sang beaucoup plus grande que ceux des animaux anémiés. Vaste abcès gangréneux, contenant un pus grisâtre, infect sur la partie latérale de l’abdomen. Productions osseuses aux dépens du périoste autour de l’os sectionné,
Exp. V. — Chienne anémiée ; désarticulation de la cuisse.
Poids : 2t kilog.
21 mai. Saignée de 1000 et quelques grammes. Pas de bande d’Esmarch. Désarticulation de la cuisse gauche. Pendant qu’on fait le pansement l’animal respire bruyamment. Il fait brusquement de grandes inspirations. A chaque expiration les joues sont soulevées.
Avant que le pansement soit terminé, il cesse de respirer. On lui met en vain la tête en bas, pendant qu’on pratique la respiration artificielle; l’animal ne revient pas â lui.
Autopsie. — Rate assez anémiée. Foie complètement anémié . Rein assez anémié. Poumon très anémié.
Cœur mou, en diastole. Pas de sang dans les cavités gauches.
Un petit caillot dans le ventricule droit. Les veines caves et azygos contiennent une petite quantité de sang.
Exp. YI. — Chien anémié ; désarticulation de la cuisse.
Poids : 23 kilog.
Le 22. Saignée de 700 grammes. Bande d’Esmarch. Désarticulation de la cuisse. A la tin de l’opération 'respirations précipitées, pupilles dilatées; le chien cesse de crier, n’oppose aucune résistance. On lui met la tête en bas, il se laisse glisser sur la planche où il est attaché. On le détache, on le met à terre, il revient à lui, et l’on achève le pansement.
Dix minutes après l’opération, le chien est haletant (60 resp. par minute). Il est bien éveillé et répond quand on l’appelle. La perte de sang pendant l’opération peut être évaluée à 100 gr.
Le 26. On refait le pansement; suppuration assez abondante; la plaie est en bon état mais encore incomplètement détergée.
Le 28. Le chien va bien, commence à manger; un pus jauneverdâtre, très fluide, s’écoule à travers les pièces de son pansement.
Le 2'.». Diarrhée profuse. Le chien est très faible, ne mange pas.
4 juin. Va très bien; la plaie avance rapidement vers la cicatrisation.
Exp. VII. — Désarticulation de la cuisse ; hémorrhagies successives.
Poids : 17 kilog.
22 mai. Désarticulation de la cuisse droite. Pendant l’opération on ouvre une artère qui donne un jet de sang considérable. On la lie en masse avec les tissus environnants. Perte de sang, environ ISO grammes.
Le 23. Suintement sanguin à travers le pansement
Le 24. La plaie ne suinte plus; le chien est moins abattu.
Le 23. Hémorrhagie artérielle secondaire, assez abondante.
Le 26. On refait le pansement. La plaie est grise; à la surface mince couche de sphacèle. Un point rouge noirâtre indique évidemment l’endroit où s’est faite l’hémorrhagie.
Le 27. Le pansement est teint de sang.
Les 28-29. L’hémorrhagie continue. L’animal meurt dans la : nuit du 29 au 30.
Autopsie. — Détritus gangréneux et caillots dans la plaie. Rien i dans le péritoine ni dans la plèvre; à la surface du foie semis de ; petits points jaunes pénétrant un peu dans le tissu hépatique. Il a. s’écoule très peu de sang à la section des viscères. Dans le cœur
Isang et caillots fibrineux.
Exp. VIII. — Chien anémié; amputation de la cuisse; injections septiques. Poids : 13,5 kilogr.
27 mai. Avant toute opération, on trouve 4,640,000 globules rouges et 5,416 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 857 rouges.
Saignée de 500 gr. Bande d’Esmarch, Amputation à la partie inférieure de la cuisse. Après l’opération le chien est haletant.
Le 29. Suppuration très abondante.
L’examen ou sang montre des leucocytes nombreux et des hématies fusiformes.
On injecte 8 gr. de liquide septique dans le canal médullaire.
Le 31. L’examen du sang montre une grande abondance de leucocytes, quelques globulins. On trouve 2,737,600 globules rouges et 1 1,600 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 236 rouges.
Saignée de 300 gr. ; sang fluide, se coagulant lentement. Injection de 8gr.de liquide septique dans le canal médullaire.
1 juin. L’examen du sang montre une grande abondance de leucocytes et quelques globulins. La plaie a l’aspect noirâtre et gangréneux; un pus ichoreux s’en écoule en grande quantité. Œdème du moignon. On injecte, en quatre points du tissu cellulaire de l’abdomen, 16 gr. de liquide septique.
Le 2. On prend du pus de la chienne (Exp. III) morte de septicémie (ce pus contient des bactéries); on l’étend d’eau et l’on injecte 24 gr. du liquide obtenu dans le tissu cellulaire du moignon.
Le 3. L’examen du sang montre une grande abondance de leucocytes. On trouve 2,389,600 globules rouges et 14,693 globules blancs; c’est-à-dire 1 globule blanc pour 163 rouges. Abcès au niveau des piqûres.
Mort dans la nuit du 3 au 4 juin.
Autopsie. — Suppuration au niveau des piqûres. Suppuration et il hémorrhagie au niveau de la plaie de la saignée. Suppuration du n moignon. Os nécrosé.
Le poumon est pâle dans la plus grande partie de son étendue; la base est congestionnée.
Caillots fibrineux dans le ventricule droit. Foie volumineux.
Exp. IX. — Chienne non anémiée ; amputation de la cuisse ; injections t septiques. Poids : 12,3 kilogr.
27 mai. Amputation à la partie inférieure de la cuisse. Perte de sang insignifiante. Aussitôt après l’opération l’animal court dans la salle.
Le 29. L’examen du sang montre une abondance de leucocytes. Absence complète de suppuration. Par la pression on fait sourdre du moignon un peu de sang veineux retenu dans la profondeur de la plaie. On injecte K gr. de liquide septique dans le canal médullaire.
Le 30. Suppuration abondante, frissons.
Le 31. L’examen du sang semble montrer une diminution du ' nombre des leucocytes depuis le 29. On trouve 3,135,200 globules rouges et 3,410 globules blancs, c’est-à-dire -1 globule blanc pour 382 rouges. On injecte 8 gr. de liquide septique dans les bourgeons charnus de la plaie.
1er juin. L’examen du sang donne le même résultat que la veille. On injecte, en quatre points du tissu cellulaire de l’abdomen,
16 grammes du liquide septique.
Le 2. A avorté. On prend du pus de la chienne (Exp. III), morte de septicémie, on l’étend d’eauetl’on injecte24 grammes du liquide obienu dans le tissu cellulaire du moignon.
Le 3. L’examen du sang semble montrer une diminution du nombre des globules blancs depuis le Ier juin. On trouve 2,608,000 globules rouges et 6,640 globules blancs, c’est-à-dire 1 globule blanc pour 575 rouges.
Le 6. L’animal est agonisant, nejpeut se tenir sur les pattes. Il meurt dans la nuit.
Autopsie. Abcès gangréneux très vastes au niveau des piqûres. Le moignon est disséqué par le pus qui pénètre aussi dans le canal
médullaire de l’os. Au niveau de la rate péritonite suppurée, causée par la propagation d’un large abcès gangréneux développé au niveau d’une piqûre.
Exp. X. — Jeune chien ; hémorrhagie abondante; mort par syncope.
Poids : 13, R kilogr.
Saignée de 600 grammes par l’artère fémorale (1/22 du poids de j l’animal). Respiration normale pendant toute la durée de la sair gnée. Mort subiie après l'opération sans convulsions.
Autopsie. Anémie de tous les organes. Aucune lésion viscérale.
? Exp. XI. — Chien anémié ; amputation de cuisse ; injections septiques.
Poids : 11,5 kilogr.
28 mai. Saignée; vers 300 grammes, légers mouvements coni vulsifs; larges et profondes inspirations. On s’arrête à 350 grammes; l’animal fait Jde grandes inspirations, puis devient haletant;
! respirations courtes et superficielles (108 respirations par minutes, i Les joues se gonflent à l’expiration. Au bout d'un quart d’heure i la respiration redevient normale. La température, qui était de 39°
■ avant la saignée, est maintenant de 38°, 5.
Amputation à la partie inférieure de la cuisse. Perte de sang nulle.
Mis à terre, j’animai se laisse tomber sur le sol. 20 minutes après l’amputation, la température est descendue à 36°, 9. Le chien boit avec avidité.
Le 30. A retiré son pansement, on ne le renouvelle pas.
1er juin. Saignée de250 grammes. Sang peu coloré, très fluide, se coagulant lentement. Immédiatement après, injection de 16 grammes de liquide septique dans le tissu cellulaire; l’animal détaché reste couçhésur le flanc; respirations rares, profondes; pandiculations.Mort au bout de quelques minutes.
Exp. XII. — Chien anémié ; amputation de la jambe. Poids : 15 kilogr .
lCrjuin. Saignée de 500 grammes. Amputation de la jambe à la partie supérieure. Réunion par 6 points de suture.
Le 5. La plaie suppure assez abondamment; deux points de Kirmisson. 9
suture ont coupé la peau; la réunion a manqué dans la plus grande partie de la plaie. La plaie de la saignée est complètement désunie et suppure en grande abondance.
Le 13. La plaie est en partie réunie; un seul point suppure encore.
Le 15. La plaie est réunie dans sa plus grande étendue. Très peu de suppuration.
Exr. XIII. — Chien non anémié; amputation de la jambe.
Poids : 20 kilogr.
1er juin. Amputation de la jambe à la partie supérieure; réunion de la peau par six points de suture.1
Le 5. La plaie d’amputation est complètement réunie par première intention, sauf dans l’angle postérieur où un pointa été Jaissé ouvert pour l’écoulement des liquides.
Le 7. La plaie s’est désunie. Le chien est en rut.
Le 13. Cicatrisation presque complète. Pas la moindre suppuration.
Le 15. Plaie linéaire. Absence de suppuration.
Exp. XIV. — Chienne non anémiée; amputation de la jambe.
Poids : 17 kilogr.
5 juin. Bande d’Esmarch. Amputationjde la jambe à la partie supérieure. Réunion par sept points de suture.
Le 8. A un peu saigné. Suppure à peine.
Le 13. Plaie en grande partie réunie, sauf deux points qui ont manqué.
Exp. XV. — Chien anémié ; amputation de la jambe.
Poids : 24 kilogr.
6 juin. Saignée de 800 grammes. Amputation de la jambe à la partie supérieure. Réunion par neuf points de suture.
Le 8. Très déprimé ; ne sort pas de sa niche; suppure beaucoup.
Iæ 13. Suppure toujours énormément; absence complète de réunion.
Tableau de la numération des globules dans les 4 dernières expériences.
Exp. XII. — Chien anémié ; amputation de la jambe. Poids : 15 kilogr. Saignée : 500 gr. Rapport au poids du corps 1 : 30.
Jours.
Nombre de globules
Nombre de globules
Rapport des deux.
Examen du sang.
rouges.
blancs.
Légère abondance de leucocytes.
Abondance de leucocytes.
Id.
Id.
Légère abondance de leuco-
cvtes.
Peu de leucocytes.
IIe...
Exp. XIII. -
— Chien non anémié ; amputation de la jambe. Poids : 20 kilogr.
Jours.
Nombre de globules
Nombre de globules
Rapport des deux .
Examen du sang.
rouges.
blancs.
Abondance de leucocytes.
Id.
Id.
Grande abondance do leucocytes.
Légère abondance de leuco-
cytes.
Exp. XIV. — Chienne non anémiée; amputation de la jambe. Poids : 17 kilogr.
Jours.
Nombre de globules, rouges.
Nombre de globules blancs.
Rapport des deux.
Examen du sang.
Légère augmentation de leucocytes.
Augmentation des leucocyte'.
Abondance de leucocytes.
Nombreux leucocytes de Semât er.
Exp. XV. — Chien anémié ; Saignée : 800 grammes
amputation de la jambe. Poids : 24 kilogr. . Rapport au poids du corps : 1 : 30.
Jours.
Nombre de globules trouges.
Nombre de globubes blancs.
R*p . rt
des deux.
Examen du sang.
Augmentation du nombre des leucocytes.
Grande abondance de leucocytes.
Le 22 juin, les plaies des animaux des 4 dernières expériences sont presque entièrement cicatrisées; il n’y a pas de différence sous ce rapport entre les chiens anémiés et ceux qui ne l’ont pas été; toute la différence a donc consisté dans l’absence de réunion immédiate et la supouration plus abondante chez les animaux anémiés.
Dans toutes ces expériences les énumérations ont été faites avec l’appareil Malassez : les préparations de sang par le procédé Pouchet:
On recueille la goutte de sang qui s’écoule d’une piqûre faite cà l’oreille d’nn chien, dans un verre de montre; on ajoute immédiatement de l'acide osinique et, l’on agite de manière à bien mélanger. Au bout de \ imd à vingt-cinq minutes de séjour dans la chambre humide, le sang est lixé et est déposé au fond du verre démontré sous forme d’une poussière brune. On aspire avec une pipette l’acide osmique et on lave le sang déposé à l’eau distillée, de façon à enlever la totalité de l’acide osmique qui, si on le laissait, précipiterait le carmin lorsqu’on colorerait la préparation. Il suffit alors de prendre avec une pipette la poussière brune et d’en faire des préparations qu’on colore par le carmin et qu’on conserve dans une glycérine un peu acide (la glycérine alcaline altérant les globules).
Les injections septiques ont été faites avec du sang putréfié.
Nous recevons à la dernière heure les résultats d’expériences que M. Toussaint, professeur à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, a bien voulu entreprendre à notre intention. Nous le prions d’agréer nos sincères remer ciments.
Deux séries d’expériences ont été instituées sur des chiens pour étudier l’influence de l'anémie sur la marche des blessures. Quatre chiens formant deux lots ont subi : les deux premiers une forte brûlure, les autres
une fracture du radius. Dans chacun des lots, l’un des chiens a été saigné a deux reprises différentes, en tenant compte du poids du coprs et de la quantité totale du sang. La proportion du sang extrait par rapport à la masse sanguine était la même dans les deux cas. L’autre chien restait comme témoin.
Expérience I.
14 juin. Chien d’arrêt âgé d’environ 15 mois et pesant 16 kilog. Sa quantité totale de sang, évaluée d’après la proportion établie parM. Colin, est de 941 grammes.
La numération donne 4,571,900 globules rouges.
200 centimètres cubes de sang (environ un quart de la masse totale) sont extraits par la jugulaire.
Sur l’animal ainsi préparé est faite, à la face externe de la cuisse gauche avec le thermo-cautère chauffé à blanc, une plaie me surant 12 à 15 centimètres de longueur. La peau est divisée et les muscles sous-jacents légèrement entamés. Enfin le cautère est promené sur la peau qui borde la solution de continuité, afin de produire une brûlure.
Le 15, matin. Une plaie de même étendue est faite par le même procédé sur la face externe de la cuisse gauche d’un chien de montagne âgé d’un an et de la taille du précédent.
Le 15 juin, soir, la numération des globules donne :
four le n° 1 (chien saigné), 3,635,400; pour le n° 2, 5,055,400.
La brûlure produite par le thermo-cautère étant jugée insuffisante, on fait sur les deux chiens, à l’aide d’une lampe à alcool, une nouvelle brûlure, autant que possible de même degré, et mesurant la largeur de la main.
Le 16. Le chien saigné a 4,322,800 globules rouges. On voit que la régénération s’effectue.
Le 17. N° 1. L’eschare commence à se détacher; elle est sou-
levée par le pus en plusieurs points ; un lambeau d’eschare est déjà tombé.
N° 2. Brûlure moins avancée; aucun lambeau d’eschare n’est encore tout à fait détaché. Mais la réaction de la plaie est plus énergique que sur le n° 1. Sur le chien n° 2, en effet, une zone inflammatoire circonscrit la brûlure et forme un bourrelet rosé et saillant qui manque chez le n° I.
La numération des globules faite à dix heures du matin, donne, pour le n° 1, 4,446,800.
Ce chien a donc régénéré son sang.
A 11 heures dumatin, on lui fait une nouvelle saignée de 400 gr. (environ 1/2 de la masse totale de son sang) par la jugulaire déjà ouverte. Un affaissement marqué accompagne cette saignée.
A 6 heures du soir, la numération des globules donne :
Pour le n° 1, 3,232,000; pour le n° 2, 4,942,253.
Température rectale, n° 1, 39,4; n° 2, 39,2.
Le 18, matin. Température rectale :
N° 1. L’eschare est tombée sur presque tout le pourtour de la plaie. La surface mise à nu est grisâtre.
N° 2. Le pus soulève l’eschare en plusieurs points. Le bourrelet inflammatoire se sépare plus nettement de la partie morte, et le sillon disjoncteur est déjà très apparent en certains endroits.
Le 18, soir. La numération donne pour le n° 1, 3,265,300 globules.
Température rectale, n° 1, 39,3 ; n° 2, 38,4.
Le 19, matin. Température, n° 1, 41,3; n° 2. 38,4.
N° 1, La chute de l’eschare est complète,
La plaie qui lui succède est atone, grisâtre.
La surface est sèche et recouverte par une membrane parcheminée au-dessous de laquelle existe du pus en plusieurs points. La réaction locale est donc nulle.
L’animal est très affaissé ; sa respiration profonde.
N° 2. La chute de l’eschare s’est produite sur la moitié inférieure de la brûlure. La plaie, d’une belle couleur rosée, végète avec vigueur.
Le 19, soir. N° 1. Prostration plus marquée.
La numération donne :
N° 1, 3,312,800 globules; n° 2, 4,852,190.
Température. N° I, 40,05 ; n° 2, 39,2.
Le 20, matin. Température : n° 1, 40,3; n° 2, 39,2.
N° 1. Prostration très marquée. La surface de la plaie est toujours sèche. La respiration profonde. Tremblements généraux.
N° 2. La chute de l’eschare continue ; le sillon disjoncteur est très apparent sur tout le. pourtour de la brûlure. La plaie conserve son bon aspect et la végétation marche rapidement.
Le 20, soir. Numération : n° 1, 3,252,200; n° 2, 5,030,000.
Température : n° 1 , 39,45; n 240,3.
Le 21. Le chien n° 1 est mort pendant la nuit.
Aulopsie. — Le poumon seul présente des lésions. Plusieurs des divisions de l’artère pulmonaire sont le siège d’endartérite vermineuse ancienne; sur d’autres, la lésion est récente. Enfin, le tronc de l’artère pulmonaire est à peu près complètement- obstrué par des paquets de strongylus vasorum. La mort est survenue par asphyxie résultant de l’impossibilité de la circulation pulmonaire.
N° 2. Température: 39,2. La chute de l’eschare est à peu près complète, et la plaie est presque nivelée.
En résumé, la régénération du sang n’a pas eu lieu après la deuxième saignée.
La chute de l’eschare a été plus rapide sur le chien anémique que sur l’autre. La plaie qui lui a succédé était atone, et sa surface desséchée.
Enfin, la température a été plus élevée chez le chien anémié.
Expérience II.
Le 14 juin. N° 3. Chien loulou, âgé d’environ 4 mois, et pesant 4 kd. 500.
Quantité totale de sang : 265 gr.
Numération des globules : 4,483,200.
Saignée de 50 cent, cubes par la jugulaire. Fracture de l'avantbras à la paitie moyenne.
No 4. Chien d’arrêt, d’environ 5 mois, pesant 0 kil. 500 gr. 4.713.400 globules.
Fracture de l'extrémité inférieure du radius droit.
Le 15. n°3, 3,491,600 globules.
Le 16, n° 3 : 4,040,000 ; n° 4 : 4,787,400.
N° 3. Bourrelet circulaire au niveau de la fracture indiquant le travail de formation du cal.
N° 4. Tuméfaction plus considérable s’atténuant vers le haut.
Le 17. L’a/iimal a refait sou sang; il a 4, 54), 000 globules. Nouvelle saignée de 100 cent, cubes par la jugulaire déji ouverte, suivie d’un affaissement très marqué.
Numération après la saignée : 2,888,600.
Température : 40,2; n° 4, 39,13.
Le 18 matin, n° 3, température : 40,13; n° 4, 38,4. Le soir, numération : n° 3, 2.989.600; n° 4, 4,504,600; température : n" 3, 39,3; n° 4, 39,1.
Le 19, matin. Température : n° 3, 39,3; n° 4, 38,4. Soir, n0 3, numération : 3130200.
Le 20, matin. Température ; n°3, 39,23; n° 4, 39,1. Soir, numération : n° 3, 3,838,000; n° 4, 4,848,000: température : n° 3, 40,2; n» 4. 39,2.
Le 21, matin; n° 3, température : 39,6. Numération : 4,284,000.
Le chien a donc à peu près refait son sang. Les deux animaux sont sacrifiés pour examiner l’état de la fracture.
Autopsie. — N° 3. Fracture des deux os de l’avant-bras ; union des deux segments osseux par une virole très mince.
N° 4. Fracture de la partie inférieure du radius. Les mouvements delà patte ont empêché la soudure en dedans où l’os n’est pas soutenu par le cubitus.
En résumé, l’anémie ne paraît pas avoir ralenti la formation du cal. La régénération du sang a eu lieu après deux saignées.
Ici encore, la température a été plus élevée chez l’animal anémié.
On comprend quel prix nous attachons à ces expériences que nous ne connaissions pas ail moment où nous avons rédigé noire thèse. Les résultats en sont tout à fait d’accord avec les nôtres.
Dans la première expérience, après ht p-emièrj - a:-
gnée qui représentait Ij80 du poids du corps l’animal a pu vite réparer ses globules ; après la seconde, représentant 1 [40 du poids du corps, compliquée d’une brûlure grave, la réparation n’a pas eu lieu.
Dans la deuxième expérience, la réparation a eu lieu après deux saignées successives; mais la première ne représentait que lql30 du poids du corps; la seconde lj65, de plus la fracture était loin d’offrir la même gravité que la brûlure du cas précédent.
En un mot, ces résultats nous permettent encore une fois de conclure que, dans l’anémie traumatique, la réparation du sang dépend :
1° Du rapport de la perte de sang au poids du corps;
2° Delà gravité de la blessure surajoutée à l’hémorrhagie.
Au point de vue de l’influence de l’anémie sur la marche des blessures, nous voyons ici encore la fièvre traumatique et la suppuration être plus marquées chez l’animal qui a perdu du sang ; en même temps que chez lui la réparation de la plaie se fait plus lentement.
-j- avant l’opération.
+ + après l’opération.
Exp. II. — Amputation de la cuisse; chien non anémié.
JOURS
-{- avant l’opération.
+ + après l’opération.'
Exp. VI. — Désarticulalion de la cuisse; chien anémie.
jours.
+ avant l’opération.
+ + après l’opération.
Exp. Vil. — Désarticulation de la cuisse ; hémorrhagies successives.
JOURS
(1) avant l’operation. — (2) apres l’opération. — (3) hémorrhagie. — (4) Nouvelle hémorrhagie qui continua jusqu’à la mort.
Exp. XII. — Amputation£(le la jambe ; chien anémié.
JOURS
+ après l’opération.
Exp. XIII. — Amputation de la jambe; chien non anémié.
■TOUliS.
+ apres l’opération.
Exp . XIV. — Amputation de la jambe ; chienne non anémiée.
Jours.
+ ayant l’opération.
Exp. XV. — Amputation de la jambe ; chien anémié.
JOURS
-j- avant l’opération.