ÉTAT DE LA FOSSE BONNEPART EN
TRAVAUX d'agrandissement ET AMÉLIORATION DE l'aÉRAGE ; LEURS CONSÉQUENCES HYGIÉNIQUES. —
Lorsqu'on 1874, nous avons, quoique étranger au service médical des mines, attiré Tattention de la Compagnie sur les cas d'anémie à Bonnepart, et signalé l'importance de la ventilation, déjà des travaux d'agrandissement étaient commencés depuis une année, en vue d'améliorer les courants d air de cette fosse.
L'année suivante, nous communiquions, sur sa demande, au directeur général, M. de Marsilly, les résultats de nos recherches sur la cause de la maladie et le moyen de la faire disparaître en augmentant la ventilation. Les travaux d'agrandissement des galeries ont été dès lors poussés avec activité ; et, bien qu'ils ne soient pas encore entièrement terminés, ils portent déjà sur une longueur totale de plus de 2^^ ; la section des galeries agrandies est de 4°^*, au lieu de 1°^, section minima des anciennes.
En plus du ventilateur du puits St-Rémy, on installa d'abord, le 1®' juin 1876, à la fosse d'Outre-Wez, voisine, en communication avec Bonnepart, un foyer d'appel qui a été remplacé, au mois de janvier 1877,
(1) On a dit que les chevaux séjournant au fond des mines n'avaient point de maladies spéciales. M. Farez, médecinvétérinaire distingué à la Compagnie d'Anzin, qui avait eu connaissance de nos recherches, a observé, en 1876, Tanémie chez un cheval de la fosse Bonnepart.
par un puissant ventilateur Guibal ; depuis que ce dernier fonctionne , Taérage a été sensiblement amélioré. La quantité d'air circulant par seconde dans les travaux était précédemment de 12°^3 environ ; elle est aujourd'hui de 20«^3. Mais quand les galeries de retour d'air auront été modifiées et qu'on aura supprimé leurs détours inutiles, l'effet du ventilateur sera beaucoup plus considérable ; on pourra alors compter sur S&^^ par seconde. Les ingénieurs des mines croient que dans ces conditions l'anémie sera définitivement vaincue.
Voici déjà les résultats hygiéniques officiellement constatés :
Nombre d'ouvriers traités pour anémie :
En 1875 5 malades,
En 1876 5 id.
En 1877 (jusqu'au 20 août). . . id.
L'avenir nous apprendra si les prévisions de la science doivent se trouver réalisées.
RÉSUMÉ
D'après les renseignements qui précèdent, il est permis de considérer l'anémie des mineurs de la Compagnie d'Anzin, non pas comme la rare manifestation d'une étrange maladie, limitée à l'épidémie de la fosse du Vivier en 1803, mais comme une maladie ayant régné constamment jusqu'en 1876, au moins sporadiquement, et parfois à l'état endémique et môme épidémique dans plusieurs autres fosses.
Telle est l'histoire de l'anémie des mineurs observée dans les mines de la Compagnie d'Ânzin.