ÉPIDÉMIE DE FRESNES-MIDI, 1840 A 1847 ( FOSSE
souLT). — A Fresnes-midi (charbon maigre 1/4 gras), de 1840 à 1847, alors que la première fosse, la fosse Soult existait seule, Taérage se faisait très-difflcilement et Tanémie sévit épidémiquement.
L'unique puits de cette fosse, devant tout à la fois servir à Taérage et à l'extraction, était nécessairement divisé en deux compartiments ou puits secondaires, de faibles dimensions ; l'un servait à la descente de l'air frais et à l'ascension des ouvriers par les échelles, tandis que l'autre était réservé au passage de l'air impur venant du fond et à l'ascension du charbon. Le cuvelage du pu'ts, en mauvais état, laissait filtrer le long des parois une grande quantité d'eau des terrains crétacés. Il en résultait que la chaleur produite par le foyer d'aérage était presque tout entière employée à transformer cette eau en vapeur, et que, devenant
ainsi latente, elle ne pouvait échauffer la colonne d'air du puits d'appel, dont la température n'était jamais que très-peu supérieure à celle de l'air extérieur. A ce médiocre échauflfement de la colonne d'air du puits d'appel correspondait forcément un faible tirage et une ventilation insuifisante. M. Boudousquié, ancien ingénieur des mines, de qui nous tenons ces détails, est parfois descendu au fond dans les paniers à charbon, parle compartiment servant à l'ascension de l'air impur ; il a pu constater que d'abondantes vapeurs d'eau obscurcissaient ce puits, et que l'on y était péniblement impressionné par l'odeur nauséabonde et sui generis de l'air, comme d'ailleurs cela s'observe généralement sur les retours d'air.
AMÉLIORATIONS SUCCESSIVES DE LA VENTILATION ; CAS SPORADIQUES DÉCROISSANTS (FOSSES SOULT ET N** 2).
— Cet état de choses dura jusqu'en 1847, époque à laquelle un ventilateur fut établi à la fosse Soult par le directeur des travaux, M. de Boisset. Nous ne savons pour quelles raisons ce ventilateur a cessé de fonctionner. Le fait est qu'aujourd'hui, un foyer, installé dans le puits d'extraction de la fosse Soult (354 «"j, appelle l'air qui descend par le puits de la fosse n"* 2 (300"»). Les modifications successivement apportées à l'aérage, spécialement par la communication des deux puits et l'agrandissement du foyer, amenèrent une amélioration de l'état sanitaire ; on observait encore néanmoins un certain nombre de malades au commencement de
Vers la fin de cette même année, les travaux en
(1) Communication orale du D' Nestor Castiau.
fonçage à Soult furent reliés à la fosse n® 2 par de nouvelles voies d'aérage, et le puits Soult fut exclusivement réservé à l'extraction et interdit à certains ouvriers, qui avaient continué d'y descendre et d'y remonter dans l'air en retour, vicié par les émanations des tailles et la fumée du foyer. Depuis cette époque, les cas sporadiques d'anémie sont plus rares et légers.