MINES DE HOUILLE OU A RÉGNÉ L*ANÉMIE
MINES DK HOUILLE, FOSSES, VEINES, CHASSES OU A RÉGNÉ l'anémie, AVEC INDICATION DE LA NATURE MINÉRALOOIQUE DE LA HOUILLE QU'ON EN RETIRAIT.
— Etablissons d'abord quels sont les foyers de la maladie.
Les symptômes de l'anémie des mineurs n'ont jamais été observés que chez les ouvriers des mines de houille, et non des mines de métaux ou d'autres substances ; nous avons en effet démontré que l'état anémique des mineurs de métaux toxiques était lié à une intoxication métallique chronique.
D'autre part, cette anémie a sévi sur un grand nombre de houillères, dans le bassin du Nord Franco- Belge : mines de la Compagnie d'Ânzin, de Fresnes- Midi, de Douchy (i), d'Aniche, de l'Escarpelle, de Billy (1), de Lens, charbonnages de Mons, Charleroi, Liège, et dans d'autres bassins, en France : mines de l'Allier, de la Loire, de Decize (Nièvre), de Graissessac (Hérault), et en Suède.
Nous devons dès lors plus justement nommer cette maladie anémie des houilleurs.
(1) Les 12 mineurs atteints de nystagmus, tous avec ané* mie à divers degrés, signalés récemment par Dransart, médecin de la Compagnie d'Anzin, appartenaient, 19 aux mines d'Anzin : Saint-Louis, Saint-Vaast, Sentinelle, Trith, Haveluy, Escaudain, Abscon, Somain, Erre, et les 2 autres aux mines de Lourches (Société de Douchy) et de Billy-Montigny (Annales d'Oculistique, sept.-oct. 1877).
Ce praticien, ayant examiné au point de vue de Tanémie, une centaine de mineurs pris indistinctement, a trouvé chez trois d'entre eux du souffle dans les vaisseaux du cou.
Dans le BASSIN HOUILLER DU NORD DE LA FRANCE, Tanémie a continuellement régné endémiquement et parfois épidémiquement, V Dans les mines de houille maigre :
A Fresnes (concessions de la Compagnie d'Anzin et de la Société de Fresnes-Midi) — A la fosse du Vivier, Grande-veine, chasse du Couchant (épidémie de 1803-1804), Petite-veine et veine Toussaint (entre 1804 et 1810) ; à la fosse des Rameaux (1810), et Grande- veine, chasse du Levant (épidémie de 1820) ; à la fosse Soult (épidémie de 1840) ; et dernièrement, à rétat sporadique, aux fosses Bonnepart, Soult et n^ 2. Nous ne savons pas dans quelles fosses de la Compagnie d'Anzin avaient travaillé les houilleurs anémiques observés par Chomel (1833) et Tanquerel (1843), mais tout porte à croire que le mineur de Chomel venait de la Grosse-Fosse ou du Chaufour (Anzin) ;
A VieuX'Condé (concession de la Compagnie d'Anzin) — Fosse Saint-Jean seulement, un peu avant 1810;
2"* Dans les mines de houille demi-grasse :
A Aniche — Fosses Daoust, Fénélon, L'Archevêque ;
A Somain — Fosses Saint-Louis et de la Renaissance, de 1834 à 1866 (concession de la Société des mines d' Aniche) ;
A Dorignies — Fosse N"* 4 (concession de la Société de TEscarpelle) ;
3° Dans les mines de houille grasse :
A Anzin — Grosse-Fosse et Chaufour (1810-1830), et fosse Saint-Pierre (1837-1841) ;
A Denain — Fosse Villars (1844) ;
A Abscon — Fosse la Pensée (1825-1827 à 1859) ;
A Aniche — Fosses Sainte-Thérèse , Sainte-Hyacinthe, Sainte-Barbe, Sainte-Catherine, etc.;
A Aiiberchicourt — Fosse de l'Espérance, de 1827 à 1834 (concession de la Société d' Aniche) ;
A Lens (Pas-de-Calais) — Fosse du Grand-Condé, vers 1871.
Nous ne pouvons étendre notre observation avec toute la rigueur désirable aux charbonnages de la Loire et de F Allier et de Graissessac (Hérault), ni à ceux de la Belgique et de Decize (Nièvre), vu Tinsufflsance des renseignements fournis à ce sujet par les médecins. D'après Riembault, l'anémie régnerait surtout dans les mines de l'Allier, où dominent les charbons maigres. Dans celles de Saint-Etienne, dont la houille est généralement grasse, il semble que les ouvriers soient moins sujets qu'ailleurs à l'anémie ; ils en sont cependant parfois atteints. L'auteur rapporte en effet l'observation d'un malade de la fosse de Méons, près Saint-Etienne.
D'après ce que nous savons sur la Belgique, la maladie a sévi sur les mineurs de charbon gras (mines de Quaregnon), demi-gras (fosses n** 2 et n"* 4 des Vanneaux, à Wasmes), et maigre (fosse Saint-Florent, au Midi-du-Flénu).