‹ De L'Anémie Pernicieuse De La Grossesse Et De Son Amélioration PossibleChapitre 12 sur 23 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La maladie apparaît souvent dès les premiers mois de la grossesse. Une femme enceinte ayant eu déjà plusieurs grossesses, appartenant en général à la classe pauvre, entre à l'hôpital vers le cinquième ou sixième mois de sa grossesse. Elle se plaint d’une fatigue excessive qu'elle n'avait Jamais ressentie lors de ses précédentes grossesses.

Ce qui frappe tout d'abord, c'est la pâleur du teint. On soupçonne une albuminurie gravidique, et on examine les urines; on ne trouve pas d’albumine. On songe alors à une affection cardiaque, mais on ne trouve aucune lésion susceptible d’exphiquer l'affaiblissement de la malade. On institue alors un régime reconstituant. Mais il ne se produit aucune amélioration. L’affaiblissement progresse. La décoloration s'accentue, s'étend aux lèvres, à la muqueuse buccale, aux gencives, aux oreilles, aux tempes. C'est une pâleur spéciale. A l’auscultation du cœur, on entend des souffles anémiques. Le doigt, appliqué sur les vaisseaux du cou, perçoit un frémissement assez net; le souffle systolique n'a rien de précis; tantôt c'est à la pointe du cœur, tantôt dans toute l'étendue cardiaque, tantôt, et c'est la règle, il existe à

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la base du cœur. Si la maladie s'aggrave, les bruits deviennent sourds, la dyspnée augmente, et on voit apparaître des troubles dans la vue (souffles oculaires), tandis que la pupille se décolore et devient très pâle.

Malgré cet affaiblissement progressif, l'appétit est en général conservé. L'embonpoint ne diminue pas, même si les troubles digestifs se manifestent. À un certain moment, la femme est affaiblie au point qu’elle ne peut plus quitter son lit; des vomissements et de la diarrhée apparaissent. Cette diarrhée est signalée dans presque toutes les observations. C'est Tarnier qui, le premier, attira l'attention sur elle. Pendant toute cette période, la malade peut être apyrétique; dans les derniers temps, apparaît une fièvre à type irrégulier, mais ce fait n’est pas constant, et Lépine a vu parfois la température descendre à ce moment au-dessous de la normale.

En général, les œædèmes sont peu prononcés, mais existent néanmoins surtout aux membres inférieurs. Les hémorragies sont peu abondantes; ce sont surtout des

épistaxis légères, et des hémorragies rétiniennes. Les

hémorragies, cependant, paraissent plus rares dans

l’'anémie pernicieuse des femmes enceintes que dans les cas où cette affection se présente en dehors de la grossesse. Des crises névralgiques se mamifestent souvent par de la névralgie faciale; la femme est incapable de se remuer dans son lit; les syncopes sont fréquentes et peuvent être mortelles. Puis, entre le septième et le huitième mois de la grossesse, le fœtus meurt et, quelques jours après sa mort, deux jours en moyenne, la femme accouche sans douleurs.

L'accouchement prématuré est beaucoup plus fré-

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quent que l'avortement. On a vu quelquefois le fœtus naître vivant. Le travail est en général facile; l'expulsion est rapide, et la délivrance a lieu sans hémorragie; malgré cette absence d’hémorragie, après une marche régulière et progressive de la maladie, le décès survient très souvent. La malade meurt dans le collapsus, plus rarement dans la syncope. Sa mort survient tantôt peu après l'accouchement, tantôt de un à cinq mois après ce dernier. La malade dont nous relevons l'observation n'ayant accouché que depuis le 29 mars 1907, nous sommes donc autorisés, malgré l'amélioration de son état, à faire des réserves.

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