INTRODUCTION
Nous avons eu l'occasion d'observer à la Maternité de l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. le docteur Voron, un cas d'anémie dite pernicieuse progressive, chez une femme enceinte de huit mois. Vu la gravité de l’état de la malade, on avait décidé de la mettre en travail, mais l'accouchement spontané se produisit la veille du jour où l'on devait intervenir.
Peu de temps après, elle sortit de l'Hôtel-Dieu, sinen complètement guérie, tout au moins très améliorée. M. le docteur Voron nous proposa de rechercher les cas assez rares de grossesse pernicieuse gravidique ayant eu une aussi heureuse issue ; nous n'avons pu réunir que trois obsérvations, et encore pourra-t-on objecter qu'elles ne sont pas très concluantes, tout au moins celle ayant trait à la malade citée plus haut, vu le peu de temps écoulé depuis l'accouchement.
Néanmoins, nous avons revu dernièrement la malade ; l'amélioration s'est maintenue, et rien n'autorise à faire prévoir une rechute: malgré cela, nous ne sommes pas autorisés à affirmer la guérison; nous avons simplement voulu montrer que, dans l'anémie pernicieuse gravidique, le pronoslie ne devait pas toujours être considéré comme absolument fatal, et que l’accouchement spontané ou provoqué, pratiqué à temps, était susceptible de produire une amélioration non seulement
transitoire, mais peut-être même quelquefois définitive.