‹ De L'Anémie Pernicieuse De La Grossesse Et De Son Amélioration PossibleChapitre 6 sur 23 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Depuis les mémoires de Biermer, parus en 1868 et en 1872, un nombre considérable de travaux a été publié sur l’anémie pernicieuse progressive. Cet état morbide élait cependant connu avant Biermer. Andral en 1821, Piorry en 1840, le signalent. Addison, en 1855, décrit « une forme remarquable d'anémie se présentant sans cause déterminée ». Lebert, en 1858, découvre « une anémie essentielle » chez les femmes enceintes. Perroud, en 1865, dans le Lyon Médical, donne une description, sous le nom de polystéatose viscérale, « d'une variété d’anasarque cachectique, lié à une altération graisseuse du foie », et s'accompagnant d’un état anémique grave.

C'est alors que Biermer prononce pour la première fois, en 1868, le mot « d’anémie pernicieuse ». Puis il fait, en 1872, à la Société médicale du canton de Zurich, une communication sur une forme particulière d’anémie progressive qui s'accompagne d'habitude de dégénérescence graisseuse des voies circulatoires, et secondairement d'hémorragie de la peau, de la rétine, du cerveau, de ses membranes et d’autres séreuses.

En 1871, Gusserow avait publié les premières observalions sur l’anémie grave des femmes enceintes et accouchées. IT citait 5 cas qui s'étaient produits à l'hôpital

Sr de Zurich chez des femmes enceintes: les cinq malades avaient succombé. Depuis cette époque, cette maladie assez rare a été étudiée par plusieurs auteurs, et a été constatée, non seulement chez les femmes enceintes ou accouchées, mais encore en dehors de l’état puerpéral.

De 1872 à 1875, un grand nombre d'observations est publié, mais seulement en Allemagne; ce n’est que vers 1875 qu'apparaissent en France les premières observations d'anémie pernicieuse, des travaux de Labadie- Lagrave, de Trousseau, qui donne dans ses Cliniques (tome HIT), un tableau clinique complet de cette maladie.

Batut en signale une dizaine de cas. Ricklin et Lépine en 1877, Hayem en 1878, Chiara et Cazeaux en 1883, publièrent différents mémoires sur les cas d'anémie pernicieuse. |

On avait admis Jusqu'à cette époque que l'anémie pernicieuse était une maladie spéciale, essentielle, puis l'idée d'entité morbide est discutée. Jœller, dans sa thèse (1876); conclut que « l'anémie pernicieuse n'est pas une entité morbide ». Ricklin, en 1877, rejette l'expression d'anémie pernicieuse, qui implique une idée d'essentialité.

La même année, M. le professeur Lépine publie dans la Revue de médecine et de chirurgie, un travail, dans lequel il rejette l'unité de l'anémie essentielle: 11 n'y aurait pas, d’après lui, une anémie pernicieuse, mais un certain nombre d'états anémiques progressils relevant de causes diverses:

L'anémie progressive splénique et médullaire;

L'anémie progressive gastro-intestinale;

L'anémie progressive gravidique.

Page 1