‹ De l'anesthésie appliquée à l'art des accouchementsChapitre 9 sur 9 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

De tout ce qui précède je me crois autorisé à tirer les conclusions suivantes :

1° L’anesthésie peut atténuer, supprimer même les douleurs de l’accouchement, sans suspendre les contractions de la matrice ni celles des muscles abdominaux, quoiqu’elle affaiblisse la résistance musculaire du périnée.

2° Jusqu’à présent l’anesthésie n’a pas paru exercer d’influence fâcheuse sur la santé ou la vie de la mère, pas plus que sur celles de l’enfant.

3° Néanmoins, comme l’expérience a montré aux chirurgiens que les anesthésiques pouvaient , à raison de susceptibilités individuelles, amener de graves accidents et la mort, alors même qu’ils sont administrés à faible dose, je crois rationnel et prudent d’en réserver l’usage pour certains cas, dont quelques-uns peuvent être spécifiés d’avance et dont

quelques autres seront laissés au jugement, au tact et à l’intelligence de l’accoucheur.

li° L’anesthésie me paraît surtout indiquée dans les accouchements pénibles, laborieux et compliqués, ainsi que dans toutes les opérations obstétricales qui doivent ajouter à la douleur que la femme aurait éprouvée si elle était accouchée spontanément. Jl faut s’en abstenir dans les accouchements naturels, simples, qui ne sont accompagnés que d’une douleur modérée, supportable et efficace.

5° Les faits connus jusqu’à ce jour m’engagent à conseiller également l’anesthésie contre les convulsions puerpérales (éclampsie).

6° Je ne crois pas devoir en dire autant pour la rétraction spasmodique et tétanique de l’utérus : d’abord, parce que dans ces cas j’ai toujours vu l’anesthésie rester impuissante ; ensuite, parce que le degré avancé, nécessaire, d’après M. Simpson lui-même, pour obtenir l’effet qu’on se propose, est beaucoup trop dangereux, puisqu’il se trouve sur les limites de la vie et de la mort.

7° Afin d’éviter plus probablement les dangers, je serais disposé à me servir plus volontiers d’éthéro-chloroforme.

8° Les anesthésiques ne doivent être administrés que par les médecins.

9° Je repousse complètement le mode d’administration qui consiste à faire faire des inhalations brusques et à haute dose (a fnll dosé) dès le début.

10e Quand, pour un motif quelconque, la femme a dù absorber une grande quantité de chloroforme, il faut la surveiller attentivement pendant les heures qui suivent l’anesthésie, et se tenir en garde contre les syncopes consécutives.

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