CHAPITRE PREMIER
Considérations anatomiques sur la ligature isolée de l’artère et de la veine axillaire et sur leur ligature simultanée.
Les mots anévrysme de l'artère axillaire, anévrysme artérioso-veineux de l’artère et de la veine axillaire sont de très mauvaises dénominations. Nous préférons de beaucoup celle d’anévrysme artériel de l’aisselle, anévrysme artérioso-veineux de laisselle. I suffit de jeter un coup d'œil sur la planche d'un traité d'anatomie pour voir que dans leur trajet du bord inférieur de la clavicule au tendon du grand pectoral l'artère axillaire peut se diviser en trois portions, la veine en deux.
L'artère axillaire comporte une première portion répondant au creux sous-clavier, durant laquelle ne se détache aucune branche, si ce n’est tout à la fois les rameaux acromio-thoraciques, si bien que la ligature de l’axillaire à ce niveau est équivalente à une ligature de la sous-clavière en dehors des scalènes. Dans les deux cas on à pour le rétablissement de la
sde
circulation le cercle scapulaire et le cercle mammaire.
La deuxième portion de ce rameau répond à l'émergence des grosses branches scapulaire inférieure, cir-conflexes, mammaire externe, si bien que l’extirpation d’un anévrysme (et c'est à l’extirpation que nous arriverons nous aussi comme méthode thérapeutique, extirpation admise depuis Trélat et Delbet), l'extirpation d’un anévrysme, dis-je, la résection d’une portion d’'artère à ce niveau entraine avec elle le pôle inférieur du cercle scapulaire ou du cercle mammaire, quelquefois les deux en même temps. Il y à ici une disposition un peu analogue à celle de la poplitée dans sa portion inférieure, disposition sur laquelle personne avant nous n’a insisté. Dans son article du Dictionnaire Dechambre Léon Lefort fait bien remarquer la plus grande gravité de la ligature à la portion moyenne.
« Celle ligature, dit-il aux conclusions, est certainement plus difficile, et au point de vue de la vitalité du bras est peut-être même plus dangereuse que la ligature de la sous-clavière en dehors des scalènes. » Et dans le cours de l’article, au sujet de la ligature des deux bouts de l'artère dans la plaie, au niveau de la région moyenne, voici comment il s'explique :
« Toutes les fois qu’on est obligé pour trouver laxillaire au fond d'une plaie de sectionner largement la paroi antérieure de laisselle, on coupe presque à coup sûr des rameaux artériels peu importants au point de vue de l’hémorrhagie qu'occasionne leur section, très importants sous le rapport du rétablissnment de la circulation collatérale. »
Somme toute, Léon Lefort vise surtout le procédé
nt
opératoire (la voie antérieure trans-pectorale); mais nous croyons devoir faire remarquer que füt-elle pratiquée, l'extirpation d'un anévrysme de cette portion de l'artère sera toujours plus dangereuse. Nous nous appuierons tout à l'heure sur les observations de ligature de l’axillaire à ce niveau, rapportées par Léon Lefort. Enfin l'artère axillaire nous présente une troisième et dernière portion se continuant avec bas avec l'humérale.
Cette dernière portion présente toute analogie avec le tiers supérieur de l’humérale. Ces deux portions d’artères ne présentent aucune différence physiologique, que la ligature porte sur le premier ou le second de ces segments les voies de rétablissement de la circulation collatérale restent les mêmes. C’est en amont le cercle scapulaire, en aval les ramifications de l’humérale profonde.
De ces considérations anatomiques se dégagent deux points importants :
1° C’est que, par rapport à l’aisselle, les ligatures ou les résections artérielles doivent être soigneusement distinguées en trois catégories : a) au-dessus du petit pectoral, autrement dit au-dessus de l'émergence des branches de l’axillaire ; (b au niveau de émergence de cesbranches ; c) au-dessous de l'émergence de ces branches.
2 C’est que notre expérience touchant les ligatures de l'axillaire se trouveaugmentéé dansla premiere portion de tous les cas de ligatures de la sous-clavière en dehors des scalènes et dans la troisième portion de