‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 3 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au moment où nous fûmes attaché comme chef de clinique au service de notre excellent maître M. le professeur Gross, se présenta à notre observation une jeune fille atteinte d’un anévrysme cirsoide de la tête alors en voie de guérison. Dans les recherches bibliographiques que nous avons faites à ce sujet, nous avons été frappé de l’obscurité qui règne encore sur quelques points de cette intéressante affection ; l’anatomie et la physiologie pathologiques notamment, faute d’examens cadavériques assez nombreux, sont à peine ébauchées. En outre, dans les ouvrages les plus récents publiés en France, à peine est-il fait mention d’un traitement qui, né cependant dans notre pays, tend à être adopté comme pratique générale par les cliniciens d’outre-Rhin : nous voulons parler de l’électrolyse employée comme moyen curatif des tumeurs cirsoides.

C’est en vue de combler, au moins partiellement, tant de regrettables lacunes que nous avons entrepris le présent travail. Sans prétendre avoir dit le dernier mot sur la matière, nous espérons toutefois, en tirant parti des documents jusqu’ici publiés, les soumettant autant que possible au contrôle d’un examen attentif, en y ajoutant un cas inédit et intéressant, avoir fait œuvre utile, surtout pour les chercheurs qui, à l'avenir, voudraient approfondir la question.

Avant d'entrer dans le sujet, nous croyons utile de nous expliquer sur ce que nous entendons par anévrysme cirsoïde. Avec Breschet et Terrier nous décrirons sous ce nom la dilatation avec allongement des troncs, des branches, des rameaux et des ramuscules d’un ou plusieurs départements artériels. » Bien d’autres auteurs ont aussi décrit la même maladie sous des termes divers ; c’est ainsi que Dupuytren lui donnait le nom de varices artérielles, J. Bell celui d’anévrysme par anastomose, Robin et Gosselin celui de tumeur cirsoide, Lancereaux celui d’artérite variqueuse. En Allemagne, ce sont les termes d’angioma arteriale racemosum, et plus récemment d’angiome plexiforme (Rankenangiom). Nous ne citerons que pour mémoire les dénominations de tumeur érectile pulsatile, télangiectasie, tumeur érectile artérielle, anévrysme des anastomoses, synonymes multiples à juste titre abandonnés.

Il est de notre devoir d'exprimer ici toute notre reconnaissance à M. le professeur Gross, qui nous a toujours témoigné tant de bienveillance.

À nos amis Schürrer, Brunschwig et Lacoste, nos plus sincères remerciements pour lempressement avec lequel ils ont mis à notre disposition leur connaissance des langues allemande et anglaise.

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