CHAPITRE PREMIER
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Vidus Vidius, médecin de François I‘, est le premier qui ait fait mention de l’anévrysme cirsoïde, ainsi qu’il résulte du passage suivant de ses écrits (1) : « Zntumescunt interdum artericæ ; et fiunt in illis veluti varices, quod tamen raro accidit, nam ob duplicem tunicam, quam duriorem habent et crassiorem, el ob sanguinem lenuem, quem continent, relinuntur et non tia facile dilatantur » — « Vidimus tamen Alexandrum Boscollum, civem Florentinum, cui arteriæ capitis a vertice ad occipilium, adeo tumidae erant, ut viderentur varices ingentes, pulsabant autem vehementer, cum tangebantur. Venit huc Pisas ut curaretur a (rabriele Fallopio, qui magno cum apparatlu sectionem pollicitus, cum manum jam inciperet admovere, perterritus magnitudine lumoris, curalione supersedit, ne homo vitam cum sanguine funderet ; 1lle autem cuin ejusmodt ajffectu diuiius viæil. »
Dans son Traité des maladies chirurgicales, J.-L. Petit (2) rapporte une observation de tumeur vasculaire traitée avec succès par la ligature en masse (VIT, 15). Ce fait et celui de M. A. Petit (3) (VIL 16) cités par les auteurs comme varices
(1) Vidi Vidii, Florentini artis medicinalis. Venetïis, 1611. Freind, Histoire de la médecine; Paris 1728.
(2) Tome I, p. 200 ; Paris 1783.
(3) Collect. d'observ. cliniques, publiées par Lusterbourg. Lyon 1815, p. 305.
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artérielles, sont des plus contestables. Le même reproche ne peut être adressé aux deux cas de Pelletan (1) A, 1 — VE, 9) dont l’un reçut le contrôle de l’autopsie faite par Dupuytren lui-même (VI, 5).
Sous le nom d’anévrysme par anastomose, dénomination due à John Bell (2), Hodgson (3) décrit une affection « formée par un amas de petites cellules dans lesquelles des artères versent du sang, qui est ensuite reçu par des veines ou dautres artères, en sorte que sa structure est semblable à celle du pénis, du placenta ou de la rate ; elle est, en général, accompagnée de pulsations ; » l'écrivain anglais y rattache les cas de Pelletan dans lesquels la dilatation des troncs artériels et veineux est considérable. Comme étiologie, il invoque le traumatisme ou une « Marque rouge » congénitale. À son avis, le traitement rationnel consiste dans l’extirpation de la tumeur ; ou, quand l’étendue en est trop considérable, c’est à la ligature de l’artère qui alimente qu’il convient d’avoir recours.
On le voit, pour ce chirurgien, tumeur érectile et varice artérielle ne sont pas encore affections distinctes, et il faut arriver jusqu’au mémoire de Breschet sur les anévrysmes (4) pour voir décrire comme type morbide bien déterminéla maladie à laquelle cet auteur donne le nom d’anévrysme cirsoïde.
Nousdevons cependantremarquer que, quelques années auparavant, Dupuytren (5), dans un mémoire iu à l’Académie des
(1) Clinique chirurgicale, t. IT, p. 59 et 66. Paris 1810.
(2) Lond. 1815. Principles of surgery, t. I, p. 456, et t. LIL, p. 255.
(3) Traité des maladies des artères et des veines (traduit de l'anglais par G. Breschet), t. II, p. 289. Paris 1819.
(4) Mém. de PAcad. de méd., 1833, t. IIT, p. 101.
(5) Répert. gén. d'anat. et phys. path., t. VI, p. 231.
sciences, avaitrapporté un fait où il est question de la dilatation des artères de la tête, dilatation qu’il dénomma plus tard varice artérielle. Déjà il avait donné le nom de wmeur érectile à la dilatation des capillaires.
Sous le titre d’anéourysme cirsoïde, Breschet désigne « une dilatation d'un vaisseau dans une plus ou moins grande partie de son étendue, souvent dans toute la longueur du tronc vasculaire et de ses principales branches.Outre cette dilatation transversale, il y a un allongement du même vaisseau qui devient flezueux, et décrit des circuits plus ou moins nombreuæ et considérables. Parfois, indépendamment de ces lésions de tout le tube artiriel, on voit sur quelques points des nodosités, ou de petites tumeurs anivrysmales circonscrites, qui sont des anévrysmes vrais, sacciformes, et parfois des anévrysmes miales.
Le plus souvent, les parois sont amincies, molles. Divisees, elles s’affaissent comme celles des veines variqueuses. » (1)
Il s'applique ensuite à le différencier de l’anévrysme cylindroide (dilatation artérielle serpentine des auteurs modernes), constitué également par la dilatation et l’allongement d’un vaisseau ; mais ici l’expansion est uniforme et régulière; on n’y voit ni les flexuosités dépendantes d’un allongement considérable, ni les nodosités résultant d’une dilatation irrégulière ; de plus, les parois sont ordinairement hypertrophiées. Peut-être n’y a-t-il là qu’un premier degré de la varice artérielle. Ajoutons, en outre, qu’il confond avec cette dernière affection la tumeur érectile de Dupuytren et la éélangiectasie de Graefe, dans lesquelles il reconnaît uniquement des anévrysmes cylindroïdes des petites artères, anévrysmes qui peu-
(1) Breschet, loc. cit. p. 136.