‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 30 sur 33 · Hirtler. Deustche klinik, 1869, n0 59). — Voir (V · texte numérisé non relu

Hirtler. Deustche klinik, 1869, n0 59). — Voir (V

5. — (Duncan. Edimburg. med journal, 1872, p. 904), — H. Paupière inférieure. — Anévrysme cirsoïde gros comme un œuf de pigeon. Fortes pulsations. — Electrolvse. Après une seule séance, la tumeur est transformée en un nodule dur, non pulsatil, — Guérison.

6. — (Duncan. Edimburg. med. journal, 1872). H. Tête. Anévrysme cirsoïde de la tête, qui avait acquis un tel développement que Syme refuse toute opération. — Quelques séances d’électrolyse, amènent la guérison.

7. — (Duncan. Edimburg. med. journal, 1872). — H. Région occipitale. — Anévrysme cirsoïde étalé de la région occipitale. Tout traitément est resté jusqu'ici impuissant. — Après quelques séances délectrolyse, la pulsation

disparait, la tumeur devient dure et s’affaisse. Le patient s’en va ainsi Un an après, la tumeur augmente de volume, pas de pulsations. Après 8-9 séances, la tumeur est ramenée à son volume primitif, — Guérison ?

8. — (Hulke. — Medicat. Times and Gaz., juin 1877, p. 612). -- K. Depuis 6 ans, il existe une petite tumeur au niveau du sourcil. Elle est grosse comme une petite noix. pulsatile, se laissant déprimer. Les branches de Part. temp. superf., sont très-dilatées. Larges anastomoses avec l’art. sus-orbitaire. La compr. des art. temp. et sus-orbit. arrête les pulsations. Souffle, On essaye ex vain la compression. Galvanopunctlure aidée de compr. des art., répétée à intervalle de 14 jours. La tum. devient dure et solide. Rétraction complète. Les art. dilatées reviennent à leur état normal. Guérison.

9. — (Hulke. — Med. Times and Gaz., 1877, p. 618). — H., 20 ans. Région occipitale. Tuméfact. pulsatile dans la région occipitale, s’anastomosant en avant avec les art. temp. dilatées. Les deux occipit. sont fortement dilatées ; leur compr. arrête les pulsations. Souffle. Céphalalgïie et tension de la tumeur à la suite d’un effort. — Vessie de glace et compression, n’amènent aucun résultat. La galvanopunclure, détermine la thrombose et l’oblitération des vaisseaux. Les eschares qui s'étaient formés autour des aiguilles, tombent sans entraîner d’hémorrhagie. La tumeur est en pleine voie de guérison. Le stupide patient ne veut pas se soumettre à une 2e séance d’électro-

lyse 40. — (Wilms. Deutsche Zeitschrift für Chirurgie, t. XIIL, p. 27). — KF., 24 ans. — Oreille gauche. Etiologie incertaine : à 42 ans une froidure a peut-

être été le point de départ. Accroissement depuis la menstruation. — L’oreille gauche et les régions voisines, l’angle de la mâchoire, les régions auricul. post. et temporale, sont envahies par une tumeur molle, pulsatile, formée de vaisseaux dilatés. La compression de la carotide primitive détermine un léger affaissement de la tumeur, mais n’arrête pas les pulsations. Souffle, choc du cœur violent sans bruit anormal. — Klectrolyse. 9 séances. La tumeur durcit, Poreille gauche est devenue blanche cornme la droite, qu’elle dépasse à peine en volume. Les vaisseaux pulsatils sont oblitérés, rétractés. Les palpitations cardiaques et les battements exagérés des carotides persistent. 7 mois après, la guérison persiste.

Observation inédite.

La nommée H. M..., âgée de 17 ans, entre à l’hôpital Saint-Léon le 10 juin 4882. C’est une jeune fille de constitution assez délicate, de tempérament lympathique. Elle n’accuse aucun antécédent morbide héréditaire ou person-

nel. La menstruatian s’est établie chez elle à l’âge de 15 ans et a toujours été régulière depuis. -:

La malade est atteinte d’un anévrysme cirsoïde qui occupe l’oreille gauche et les parties avoisinantes. Le début de l'affection remonte à une époque éloignée. Dès sa naissance, cette jeune fille portait au-devant de l'oreille gauche une petite tumeur du volume d’un pois et de coloration rougeñtre. Cette tumeur s’accrut d’abord insensiblement, elle devint le siège de battements, puis à partir de l’année 1880, c’est-à-dire dès le moment de lPapparition des règles, son développement devint si rapide que la malade commença à concevoir des craintes et se décida à entrer à l'hôpital pour se faire traiter.

— Etat actuel. — Au premier abord on est frappé de l’asymétrie de la face, Il existe en effet au niveau des régions temporale, auriculaire, parotidienne et massétérine gauches, une tumeur de coloration rouge violacée, mesurant verticalement 13 centimètres et occupant l’espace compris entre la ligne courbe temporale et une ligne horizontale passant à deux centimètres environ au-dessous du lobule de l'oreille. — Dans le sens transversal la tumeur mesure à peu près 6 centimètres et s'étend depuis la convexité de la conque jusqu’à 3 centimètres en avant du tragus. Dans la région temporale et au pavillon de l’oreille les téguments présentent l’aspect du tissu éléphantiasique. Le tragus, la partie antérieure et supérieure de l’hélix et de l’anthélix, ainsi que la plus grande partie de la convexité de la conque sont envahis par le processus morbide. La partie moyenne et inférieure de Phélix, de l’anthélix et le lobule de l’oreille sont seuls restés indemnes. Les parties malades présentent des bosselures plus où moins volumineuses, et des paquets variqueux bien apparents. La tuméfaction atteint son maximum au niveau des régions temporale et parotidienne moyenne : elle est beaucoup moins accusée à la région massétérine et à la partie inférieure de la région parotidienne. Enfin à la périphérie de la tumeur les téguments présentént l’aspect de l’'angiôme cutanée diffus. Leur coloration est plus rosée, la teinte bleuâtre a disparu; dans les régions recouvertes par les cheveux, la peau a presque repris son aspect normal.

La température au niveau de la tumeur est plus élevée que dans les parties voisines.

Gette tumeur est animée de battements faciles à constater à la simple inspection. En appliquant la main à la surface, on perçoit nettement des mouveinents d'expansion suivis de retrait, isochrones aux pulsations cardiaques, Il existe de plus un thrill à peu près continu avec redoublement au moment de l’expansion de la tumeur. À l’auscultation, on perçoit également un souffle continu avec renforcement systoligne.

La compression de la carotide primitive détermine un affaissement léger de la tumeur, l’arrêt des battements et la disparition du souffle, Au contraire si on porte la compression sur la veine jugulaire externe vers la partie anté-

rieure et supérieure du sterno-mastoïdien, on remarque que la tumeur augmente considérablement de volume, et que le gonflement s’étend à la région carotidienne supérieure et à la région sous-maxillaire. Quand on cesse la compression la tumeur s’affaisse brusquement.

Si l’on cherche à se rendre compte de la structure de la tumeur, on constate que sa consistance est pâteuse, mollasse, mais qu’elle n’est pas uniforme partout. On y trouve par places des points plus résistants et plus durs. Aïlleurs des bosselures rappelant des paquets variqueux enfin çà et là des vaisseaux artériels dilatés et flexueux. Dans le pavillon de l’oreille notamment, on reconnaît une artériole de diamètre au moins égal à celui d’une radiale ; on perçoit de même au niveau de la région temporale plusieurs artères de calibre notablement augmenté. x

Les limites de la tumeur sont difficiles à déterminer, sauf dans la région temporale; de plus, à ce niveau il semble que le plan osseux sous-jacent présente par places des dépressions plus ou moins marquées. A côté de ces dépressions, on découvre deux crêtes osseuses à peu près verticales, un peu irrégulières dans leur trajet et divisant la tumeur en trois parties presque égales.

Les branches artérielles qui concourent à former la tumeur paraissent être Vauriculaire antérieure et la temporale superficielle. La carotide externe et même la carotide primitive sont malades également, elles sont dilatées, et les pulsations y sont plus énergiques qne dans les artères du côté opposé.

La malade ne présente d’ailleurs aucun trouble fonctionnel, sauf une sensation de bruissement continu dans l'oreille correspondante. Ce bruit augmente dans la position horizontale, et au dire de la malade, il s’exagérerait également aux époques menstruelles.

La percussion et l’auscultation du cœur ne révèlent rien d’anormal.

Le traitement est commencé le 22 juin.

On eut d’abord recours à l’électrolyse (pile de Stærher à 8 éléments). Six aiguilles en rapport avec le pôle positif furent enfoncées dans la tumeur, le pôle négatif étant simplement appliqué dans le voisinage. Simultanément les doigts d’un aide exerçaient une compression sur l’artère carotide primitive. La séance dura 20 à 25 minutes. Une légère hémorrhagie consécutive, dûe aux piqûres d’épingles, fut arrêtée facilement par un tampon d’amadou maintenu par un bandage compressif. Le résultat de cette première séance ne fut pas bien caractérisé.

Le 28 juin, on répéta la même opération, cette fois avec 10 éléments et sans compression de la carotide. Au bout de quelques minutes apparut au devant de loreiïlle un petit nodule dur indiquant la formation d’un thrombus. Ce nodule augmenta abord rapidement de volume, puis resta stationnaire.

Aucun changement dans le volume de la tumeur ne s'étant manifesté les jours suivants, M. le professeur Gross se décida à recourir à la ligature de l'artère carotide primitive pour aider à l’action de l’électrolyse. Cette opération fut pratiquée le 48 juillet 4882. La veine jugulaire interne qu’on rencontre d’abord est épaissie et semble animée de battements ; en la comprimant. on détermine un gonflement général et instantané de la tumeur. La carotide primilive est étreinte progressivement à l’aide dun fil de catgut. La ligature terminée, la tumeur s’affaisse immédiatement, les battements et le soufile disparaissent. On réunit alors la plaie par quelques points de suture, le fil de catgut formant drain à la partie déclive de la plaise. Celle-ci est ensuite pansée à l’iodoforme.

Le 19 juillet. le volume de la tumeur est resté le même; la malade se plaint d'une céphalalgie atroce. On ordonne des applications froides sur la tête et deux sangsues aux apophyses mastoïdes.

2 juillet. — La céphalalgie persiste, mais moins accentuée. La malade est très pâle et paraît très abattue. Dans la journée elle a pu prendre un peu de lait et de bouillon qu’elle a vomi ensuite. Nouvelle application de sangsues. Le 21 juillet, la journée est meilleure, la céphalalgie moins intense, les vomissements ont cessé; la plaie opératoire est un peu gonflée et douloureuse. Dans la nuit survient une assez grande agitation, sans que cependant l’état fébrile soit plus prononcé qu'auparavant (la température varie entre 380 et 399,5.)

Le 22 juillet. le méme état persiste. On continue les applications froides sur 1: tête et on applique un vésicatoire sur le cou et l1 nuque. En outre, comme la malade est constipée, on prescrit un lavement et à l’intérieur des paquets de calomel et de magnésie. Dans la soirée la céphalalgie s’atténue sensiblement.

33 juillet. Deux selles dans la nuit. La température oscille maintenant entre 370 et 38’. On fait encore une application de sangsues derrière chaque oreille. Les jours suivants, le mal de tête diminue de plus en plus.

26 juillet. Il semble à la palpation que la tumeur recommence à battre. Vauscultation au stéthoscope ne permet pas cependant d'entendre aucun souffle.

27 et 28 juillet. La céphalalgie n'existe plus. En découvrant la plaie opératoire, il s'échappe une cuillerée de pus, qui entraine avec lui le fil de catgut. Les jours suivants la plaie se cicatrise complètement et le 30 juillet on reprend à nouveau le traitement par l’électrolyse pour déterminer définitivement lVoblitération des canaux vasculaires. Cette séance dans laquelle on employa 6 aiguilles de platine et 8 à 12 éléments Stæhrer n’eul pas de résultat persistant.

Le 10 août, nouvelle application du courant. électrolytique, toujours avec 6 aiguilles de platine, mais cette fois avec 46-20 éléments de la pile Stæœhrer, La tumeur durcit notablement. Les vacances surviennent alors, et, pendant Pabsence de M. le professeur Gross, la malade rentre chez elle. Nous Îa revoyons fin novembre. À ce moment, la tumeur est beaucoup plus pâle et plus affaissée qu’à son départ ; on n’y perçoit ni battements, ni souffle. Cependant, comme la jeune fille dit sentir encore un léger bruissement dans l'oreille, surtout lorsqu’elle prend Ia position horizontale, on recourt une dernière fois à la galvanopuncture.

La tumeur durcit dans sa fotalité. Après quelques jours elle s’affaisse, et le coagulum formé semble se résorber. Cependant la malade perçoit encore un léger bruissement dans l’oreille, mais beaucoup plus faible. Elle se trouve tellement mieux, qu’elle demande à rester à l’hôpital en qualité d’'infirmière ; mais après quelques jours elle tombe malade et retourne chez elle, où nous apprenons qu’elle est atteinte de fièvre typhoïde. — Nous l'avons perdue de vue depuis ce moment. — Somme toute, cette malade, sans être complètement guérie, a éprouvé une amélioration considérable, et il est permis de | penser qu’on aurait pu obtenir un résultat plus heureux, si on avait pu la suivre plus longtemps et continuer les séances d’électrolyse.

VAE Le Président de la thèse, Nancy, le 19 juillet 1883.

GROSS. Vu et permis d'imprimer : :

Nancy, le 19 juillet 1883.

Le Recteur, M. MOURIN.

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