‹ De l'AngleterreChapitre 28 sur 60 · MIRANDA · texte numérisé non relu

MIRANDA

— LA TEMPÊTE — (Acte III, scène 4'«)

Ferdinand. — Pourquoi pleurez- vous?

MiRANDA. — A cause de mon peu de mérite, qui n'ose offrir ce que je désire donner, et qui ose encore moins accepter ce dont la privation me ferait mourir. Mais ce sont là des niaiseries; et plus mon amour cherche à se cacher, plus il s'accroît et devient apparent. Loin de moi, timides artifices! inspire-moi, franche et sainte Innocence ! Je suis votre femme si vous voulez m'épouser; sinon, je mourrai fille et le'cœur à vous. Vous pouvez me re-

fuser pour compagne; mais, que vous le vouliez ou non, je serai votre servante.

Ferdinand. — Ma maîtresse, ma bien -aimée! et moi, toujours ainsi à vos pieds.

MiRANDA. — Vous serez donc mon mari?

Ferdinand. — Oui, et d'un cœur aussi désireux que l'esclave l'est de la liberté. Voilà ma main.

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