LES DEUX GENTILSHOMMES DE VÉRONE
(Acte IV, scène ime)
SiLviE. — ... Tiens, mon bon ami, voici ma bourse ; je te la donne à cause de ton aimable maîtresse, parce que tu l'aimes bien; adieu t
Silrie sort.
Julie. — Et elle vous en remerciera, si jamais vous pouvez la connaître. Vertueuse Silvie ! qu'elle est douce et belle 1 J'espère que les feux de mon maître se refroidiront, puisqu'elle prend tant' d'intérêt au sort de ma maîtresse. Hélas t comme un cœur amoureux cherche lui-même à se faire illusion I Voici son portrait; que je le voie. Je crois que
ma figure, si j'étais parée aussi, serait tout aussi agréable que la sienne; et cependant le peintre l'a un peu flattée, à moins que je ne me flatte pas trop moi-même. Sa chevelure est cendrée, la mienne est blonde comme For ; si c'est là Tunique cause de son changement, je me procurerai des cheveux de la couleur des siens ; ses yeux sont gris comme le verre, les miens le sont aussi. Oui, mais elle a le front très-bas, le mien est très-élevé. Qu'y a-t-il doncqui plaise en elle, que je ne puisse trouver aussi aimable en moi?