‹ De l'AngleterreChapitre 40 sur 60 · VIOLA · texte numérisé non relu

VIOLA

— IrA DOUZIEME NUIT —

(Acte II, scène 5«ie)

Viola. — ... Mon père avait une fille qui aimait un homme, comme il se pourrait par aventure que moi, si j'étais femme, j*aimasse Votre Altesse.

Le Duc. — Et quelle est son histoire?

Viola. — Une page blanche, seigneur. Jamais elle n'a déclaré son amour; mais elle a laissé sa passion, cachée comme le ver dans le bouton, dévorer les roses de ses joues: elle languissait dans ses pensées; et, pâle et mélancolique, elle était tranquille comme la patience sur un monument, souriant à la douleur. N'était-ce pas là véritablement de l'amour? Nous autres hommes, nous pouvons en dire davan*

tage, en jurer davantage : mais, en vérité, nos démonstrations vont plus loin que nos volontés; car toujours nous prouvons beaucoup par nos serments, et bien peu par notre amour.

Le Duc. — Mais ta sœur est-elle morte de son amour, mon enfant?

Viola. — Je suis tout ce qui reste de filles dans la maison de mon père, et de frères aussi...

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