L'ABBESSE
— LES MÉPRISES — - (Acte V, scène l»-©)
L'ÂBBESSE. — Et de là il est arrivé que cet homme est devenu fou : les clameurs envenimées d'une femme jalouse sont un poison plus mortel que la dent d'un chien enragé. Il paraît que son sommeil était interrompu par vos querelles; voilà ce qui a rendu sa tête légère. Vous dites que les repas étaient assaisonnés de vos reproches; les repas troublés font les mauvaises digestions, d'où naissent le feu et le délire de la fièvre. Et qu'est-ce que la fièvre, sinon un accès de folie? Vous dites que vos criailleries ont interrompu ses délassements; en privant l'homme d'une douce récréation, qu'arrive-t-il? La sombre et triste mélancolie qui tient de près au farouche et inconsolable désespoir; et, à sa suite, une
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troupe hideuse et empestée de pâles maladies, en- ' nemies de Texistence. Être troublé dans ses repas, dans ses délassements, dans le sommeilj qui conserve la vie, il y aurait de quoi rendre fous hommes et bétes. La conséquence est donc que ce sont vos accès de jalousie qui ont privé votre mari de l'usage de sa raison.