BOULEVARD SAINT-GERMAIN
Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.
https://archive.org/details/delanimallenfantOOhach
La psychologie animale a été considérée pendant de longues années comme la partie la moins sérieuse des traités de zoologie. Elle n'offrait d'ailleurs aucune précision. Les rares renseignements que l'on possédait sur les sens des animaux, sur la plasticité relative de leurs instincts et l'étendue de leur intelligence proprement dite étaient vagues et ne reposaient que sur des anecdotes ou des enquêtes ne présentant aucune garantie d'exactitude. Au point de vue expérimental, seules les études de physiologie comparée du système nerveux trouvaient grâce devant les savants. Et cependant la méthode de détermination des «centres nerveux » manquait, elle aussi, de base.... ; telle qu'on la concevait, elle ne pouvait conduire à aucune conclusion psychologique. On admire souvent de confiance la phrase que Descartes écrivait à Mersenne : « J'anatomise les têtes de divers animaux jpour çxpliqueren quoi consistent l'imagination, la mémoire... » Hagiiet-Soltlet. 1
INTRODUCTION
Or le principe est excellent, mais à condition de n'être pas employé seul. Car comment l'anatomiste pourrait-il affirmer que tels organes, telles parties d'organe correspondent à telles « facultés », ou plutôt que tel phénomène se passe dans tels éléments organiques, s'il n'a pas auparavant constaté l'existence de ce phénomène chez l'animal, en interprétant ses actes ? A défaut de cette observation objective d'actes psychiques, il n'est possible de discerner dans un cerveau, que des cellules nerveuses et leurs cylindresaxes. On n'y découvre ni l'imagination, ni la mémoire ; et, avant d'anatomiser, il faut donc observer les réactions des êtres vivants et, au besoin, les provoquer expérimentalement.
C'est là que semblait être la principale difficulté, surtout quand il s'agissait d'animaux supposés dangereux ou indociles ; et c'est sur ce point que se concentrèrent les efforts de l'Institut de psychologie zoologique fondé il y a quelque douze ans (1). Son programme comprenait l'application de plusieurs méthodes expérimentales se complétant l'une l'autre, permettant l'exploration des sens, des instincts, de l'intelligence proprement dite et offrant ce caractère commun de livrer l'animal à la complète disposition de l'expérimentateur parce que toutes s'aidaient plus ou moins du dressage. Les unes l'employaient seulement comme moyen d'assouplissement, de mise en
(1) V Institut de psychologie zoologique a été la première société fondée pour 1 étude expérimentale des animaux.
INTRODUCTION
main (nous verrons des applications de ce procédé dans l'étude des sensations) ; les autres consistaient à étudier les phénomènes mêmes que mettent en lumière les différents modes de dressage.
Dans ce second cas, mes collègues et moi-même paraissions aux yeux de ceux qui jugent superficiellement — soit qu'ils manquent de pénétration, soit qu'ils aient quelque intérêt à s'en tenir aux apparences — nous rapprocher des dresseurs professionnels ; et Ton n'a pas manqué de nous le reprocher avec autant d'aigreur que d'injustice.
Assurément, c'est de préférence en l'instruisant que nous observons l'animal ; nous n'avons cependant en vue ni la difficulté, ni le brillant de ses exercices ! Un sujet peut exécuter un mouvement difficile ou non, soit parce qu'il a compris ce qu'il avait à faire, soit simplement parce qu'il y est contraint ; et aucun caractère de ce mouvement ne révélera cette distinction, tandis que le fait d'avoir pu enseigner l'acte le plus simple par des moyens qui excluent les possibilités d'association inconsciente, par des moyens qui s'adressent manifestement à l'intelligence, peut assurément servir à discerner l'existence de cette « faculté » . C'est donc le mode d'éducabilité et non la qualité des exercices des animaux dressés qu'il est intéressant de considérer. On peut faire un raisonnement analogue à propos de l'enfant : ce ne sont pas les succès scolaires qui sont nécessairement la marque de l'intelligence, mais bien l'aptitude à apprendre en raisonnant. C'est pourquoi tant d'élèves couronnés ne font que des
hommes médiocres. MM. Binet et Simon, qui ont tenté de classer les intelligences individuelles de nombreux écoliers ont parfaitement compris ce principe et se sont basés, comme nous l'avions fait en classant des animaux(l), sur la plus ou moins grande aptitude à recevoir l'éducation.
Nous envisagions donc la psychologie zooiogique sous un angle tout autre que celui des dresseurs professionnels du cirque... Nous regardions les phénomènes du côté où la trame psychique se tisse, tandis que le dresseur ordinaire ne s'inquiète que de l'effet à produire et dissimule soigneusement les moyens ( souvent très simples) qu'il emploie pour les obtenir. Lui aussi s'appuie assurément sur des phénomènes parfaitement naturels (comment échapperait-il aux lois de la nature ? ) ; mais il change intentionnellement leur a aspect )) en cachant les véritables ressorts des actes de ses élèves ; il crée une illusion en ne livrant pas ses « secrets ». Le même reproche peut être adressé aux dresseurs amateurs de l'école de M. Van Osten (1904) *qui firent tant de bruit en Allemagne et piquèrent la curiosité par de savantes dissimulations. En présentant leurs animaux comme des « merveilles », comme des créatures géniales (capables, par exemple, d'extraire des racines cubiques), en niant contre l'évidence et malgré la belle démonstration de Pfungst, l'existence d'un simple « truc », ils ont agi de la façon la plus capable de discréditer les études de dressage scientifique.
(1) Le Dressage des animaux (1895).
INTRODUCTION
C'est, au contraire, répétons-le, l'analyse constante des moyens efficaces d'éducation qui devait fixer notre attention. Cette distinction, à la quelle nous tenons essentiellement, n'a pas toujours été faite, et nous protestons vivement à ce sujet contre la façon, un peu tendancieuse, dont certains auteurs ont présenté nos travaux. Nous avons cependant souvent rappelé, au cours de nos conférences, une image qui nous paraît exprimer assez nettement nos idées sur ce point. La voici : Une fleur en papier coloré, vue de loin, est à coup sûr trompeuse ; elle crée une illusion, parce qu'elle se révèle incomplètement à nous ; mais prenons cette fleur fausse, procédons à son analyse chimique, elle va devenir scientifiquement intéressante, non pas comme fleur, mais comme papier et teinture ! Le dressage trompeur du cirque est, lui aussi, très instructif, très digne d'être analysé ; mais il faut commencer par détruire l'illusion que les montreurs de bêtes ont intérêt à créer. Ainsi, prenez un chien « calculateur », étudiez son dressage ; vous découvrirez, d'abord, qu'il ne calcule pas le moins du monde ; vous pourrez, ensuite, en l'observant, trouver de nouvelles lois des associations simples. C'est du reste ainsi que nous avons pu discerner la loi de récurrence associative dont il sera longuement parlé dans ce livre. Voilà le point de vue scientifique duquel on doit, selon nous, envisager le dressage ; et c'est ce principe qui, au moment de la fondation de Y Institut de psychologie zoologique (1901) avait tout particulièrement séduit des philosophes et des savants comme MM. Bar-
rier, le docteur Bérillon, Ed. Claparède, E. Haeckel, E. Marey (qui fut notre premier président), Ed. Perrier, Th. Ribot, le docteur Toulouse, H. de Varigny, etc., qui consentirent à faire partie de notre comité de fondation et, plus tard MM. Y. Delage et A. Giard qui se rallièrent à nos idées.
En dehors du « dressage scientifique », les programmes du nouvel Institut comprenaient tout un plan expérimental ; et les méthodes que l'on comptait pouvoir appliquer largement à la ménagerie du Muséum auraient permis de récolter un grand nombre de faits psychiques, de pratiquer des investigations dans tous les départements de la « psychologie zoologique (1) » (c'est d'ailleurs à cette époque que l'expression fut créée). Malheureusement le grand mouvement qui se préparait en 1901 en faveur de l'étude expérimentale des animaux supérieurs fut extrêmement ralenti du jour où Ton se heurta à la difficulté, plus apparente que réelle, de concilier d'une part les droits incontes-
(1) Dans son ouvrage sur la Nouvelle Psychologie animale M. G. Bohn n'a pas précisé les dates d'apparition des procédés maintenant en usage en psychologie animale. L'ordre de ses chapitres laisse supposer que nous avons suivi M. Thorndikeet M. G. Bohn lui-même. Pour lui. nous avons publié nos premiers travaux de psychologie animale « Il y a environ dix ans ». Son ouvrage ayant paru en 1911, il aurait dû écrire: « Il y a quinze ans » (1896) et non « dix ans ». La publication des remarquables travaux de M. Thorndike date de 1898. Quant aux premières publications psychologiques de M. G. Bohn, elles ont suivi la fondation d'un groupe d'étude de psychologie zoologique à Y Institut général psychologique et celle-ci remonte à 1902,
INTRODUCTION
tables du professeur-administrateur de la ménagerie (à peu près complètement étranger à la psychologie depuis Fréd. Cuvier) et, d'autre part, le désir d'utiliser scientifiquement cette même ménagerie, qui animait les organisateurs de notre Institut. Les recherches expérimentales devinrent dès lors de plus en plus difficiles au Jardin des Plantes. Ainsi, l'idée de ces recherches était lancée ; et, précisément au moment où elle obtenait les encouragements des philosophes et savants français et étrangers, au moment où elle était accueillie avec la plus grande sympathie par Je public et avec un véritable enthousiasme par la presse mondiale, les éléments de travail nous étaient brusquement retirés! On a pu dire que le succès de ce projet parut être le principal obstacle à sa réalisation... (1).
C'est alors que furent créés, d'une part, le petit laboratoire de notre Institut, où Ton réunit quelques animaux, et, d'autre part, une section de psychologie animale à VInslitut général psychologique, où l'on s'occupa de déterminer des arrangements avec les directeurs des laboratoires maritimes. Les savants qui s'orientèrent de ce second côté, entre autres M. Bohn, étaient eux aussi, forcément très limités, puisqu'ils n'avaient à leur disposition que les animaux marins littoraux .
(I) De nouveaux projet* comportant l'installation d'un Laboratoire dans les annexes du Muséum, à Vincenncs, et pour lesquels les capitaux nécessaires sont trouvés depuis longtemps, ont été acceptés en principe par l'administration du Muséum : mais leur réalisation demandera encore un assez long délai
AT Institut de psychologie zoologique, on s'est attaché surtout aux questions suivantes : Les tropismes et la sensibilité différentielle (1), les sens chez les animaux (2), les lois de l'association des sensations (3\ V Instinct du retour chez le pigeon voyageur (4), la domestication nouvelle (S) et la comparaison des facultés supérieures des mammifères et des oiseaux avec le psychisme du jeune enfant. Seule cette dernière étude nous occupera dans ce petit livre.
Depuis quelques années, plusieurs pédagogistes distingués se sont associés plus ou moins étroitement à nos recherches, entre autres, M. Albert Coutaud, auteur de la Pédagogie de Rabelais, et président pendant dix ans de la Société protectrice des animaux; le docteur Fauveau de Courmelles, à qui l'on doit d'intéressants travaux sur les enfants et un important ouvrage consacré à l'intelligence animale ; M. Mau-
(1) Voir la Psycho-physique et la notion de Iropisme, notre mémoire soumis au Congrès de Rome et surtout la Genèse des instincts (Bib. de philosophie scientifique).
Nous avons vivement combattu la théorie du tropisme au sens de Lœb et celle de la sensibilité différentielle au sens de M. G. Bonn. Nous avons donné le compte rendu de nombreuses expériences dont les résultats sont incompatibles avec ces notions.
(2) Voir les Actes-signaux (Institut général psychologique).
(3) Comptes rendus de F Académie des sciences (U mars 1910). La Genèse des instincts, la Théorie du dressage (Congrès de psychologie de Genève), etc.
(4) L'Instinct du retour chez le pigeon voyageur, par P. IIachet-Souplet, Revue scientifique du 25 février 1911.
(5) Les bases psychologiques de la domestication, par P. IIachet-Souplet, Revue scientifique du 7 septembre 1912.
INTRODUCTION
rice Wolff, qui fut l'un des premiers vulgarisateurs des idées de Frœbel en France, et M. Paul Mendousse, Fauteur de l'Ame de l'Adolescent (1), qui, dans une thèse de doctorat et dans une œuvre récente, Du dressage à V Éducation (2), s'est appuyé sur nos expériences pour démontrer que le professeur a grand bénéfice à connaître et à interpréter certains procédés de dressage.
Pendant la rédaction de cet ouvrage, nous recevons de M. le professeur Ed. Claparède, de Genève, qui fut Fun des premiers membres de notre comité, une notice intitulée : Un Institut des Sciences de l'Éducation, dans laquelle il décrit le programme du nouvel établissement fondé tout dernièrement à Genève (FInstitut Jean- Jacques Rousseau), nous en extrayons ceci : « Pour être complète, une école des sciences de Féducation devrait posséder un service annexe..., je veux parler d'un laboratoire de psychologie animale... L'étude des phénomènes d'acquisition d'une habitude par Fanimal ou du dressage d'un animal donne parfois des résultats bien suggestifs pour Féducateur... » Nous ne pouvons que former les vœux les plus sincères pour que l'idée française d'étudier scientifiquement le dressage se développe à l'étranger comme en France... M. Claparède et les savants distingués qui Fentourent ont tout ce qu'il faut pour donner à ces études la rigueur scientifique et Fampleur qu'elles
(1) Paris, F. Alcan.
(2) Ibid.
Hachet-Souplet. 1.
comportent ; nous avons été heureux de pouvoir établir des relations entre l'Institut de Genève et le nôtre.
La ressemblance entre la psychologie de l'enfant et celle de l'animal supérieur, si souvent invoquée depuis Lamarck et Darwin, est-elle profonde, indéniable ?
H faut avouër— xplaux^ négations a priori des spiritualistes, les philosophes évolutionnisteis n^ont opposé jjusqujLci que de rares analogjes entre quelques manifestations ps^clii^ue^derenfant et certaines particularités présentées par les grands ^iing^^(^Uiliides, Mouvements sin^ïïllérs^ peur de l'inconnu, instinct de rapine, etc.j ; or ce~rTest pas, semble-t-il, de ce côt?qïïe^" t r u u v e- la voie où la recherche pourra s'engager systématiquement et marcher de découverte en découverte. Ces rapprochements, portant sur de minces détails, sont assurément curieux, quelques-uns sont très frappants ; mais ils perdent beaucoup de leur importance si on considère qu'à la tendance manifeste des êtres jeunes à reproduire les débuts de l'histoire de leur espèce (loi biogénétique fondamentale), s'opposent les adaptations, réalisées pendant l'enfance même des individus, au cours des générations, les « adaptations larvaires », qui ont nécessairement effacé ou dénaturé nombre de réminiscences ataviques et sont de nature à créer, pour l'observateur, les illusions les plus trompeuses.
Seule la méthode expérimentale peut, ici comme
INTRODUCTION
dans toutes les branches de la science, éclairer largement la route ; et ce ne sont pas d'infimes détails psychologiques, c'est le fonctionnement des grands rouages de la mentalité animale qu'il faut tout d'abord s'efforcer de connaître en les faisant fonctionner longuement dans le laboratoire (1). Ceux-ci ne deviennent pour ainsi dire « visibl^)i c|T^^ij^nd l'être vivant
nouvelles ; il faut donc l'observer dans sa manière d'évoluer et de progresser, en un mot d'apprendre.
Alors, l'analogie, l'identité plutôt entreJjL psychologie.
du jeune enfant et"celle de ranimai supérieur se révèle d'éclatante façon. Et l'on constate chez F un et l'autre, Inexistence d'une « forme psychique » ayant ui^caractère parfaitement délini, un câïâctere^ui disparaîtra presque complètement de la psychologie de l'homme fait.
Le but de cet ouvrage est précisément de représenter l'animal au moment où jj apprend, et quelquefois où il « comprend » ; — ce qui est une façon supérieure d'apprendre, — puis de le comparer à l'enfant.
Nous n'aurons jamais en vue que le jeune enfant. Dès sept ans, l'intelligence humaine se développe si prodigieusement qu'elle apparaît dans la nature, sinon « comme un empire dans un empire » , du moins comme une grande merveille. Le psychologue qui fait une
(1) Le laboratoire du psycho-zoologisie doit comprendre de vastes espaces découverts, c'est-à-dire permettre l'emploi d'un milieu naturel, où, cependant, des phénomènes sont intentionnellement provoqués,
étude comparée cesse alors d'identifier. De telles différences quantitatives se révèlent, qu'il faut se contenter de faire ressortir les liens qualitatifs qui, malgré tout, subsistent. L'étude de la genèse des premières abstractions, des premiers raisonnements permet encore des rapprochements, mais ce tissu de pensées s'enrichit bientôt si magnifiquement, que le plus hautain orgueil humain peut se déclarer satisfait.
La façon dont l'animal apprend montre comment! le psychisme de son espèce a dû se constituer peu à peu à travers le temps; elle indique aussi des moyens pédagogiques nouveaux applicables au très jeune enfant.
Pendant de longs siècles, la pédagogie a été purement idéologique : on la faisait reposer sur la métaphysique ou sur le sentiment. Sévère à l'excès pour l'homme-enfant que l'on supposait flétri par le stigmate du péché, puis débordante de tendresse avec Rousseau et ses continuateurs, elle a longtemps flotté au gré des théoriciens et des maîtres enseignants. Sans doute, grâce à ses tâtonnements, à ses observations personnelles, le pédagogue est parfois tombé juste; mais étant données la diversité, la contradiction des systèmes, il a fallu l'admirable plasticité du psychisme humain pour résister à de si furieux assauts... !
Les règles de l'art d'enseigner ne peuvent être déduites que des lois générales qui gouvernent la sensibilité et la pensée. L'œuvre d'éducation n'est pas une pure création de l'esprit; elle ne consiste pas à créer des influences particulières pour façonner l'enfant; mais à connaître les forces naturelles qui, déjà, oui
INTRODUCTION
formé et modifient constamment la mentalité de tous les êtres vivants, à capter, pour ainsi dire, leur source et à placer l'enfant dans ce champ énergétique.
Une foule de philosophes, et surtoutceux qui se révèlent comme des « amis de l'enfant », de Montaigne au bon Pestalozzi, en passant par Locke et Rousseau, ont demandé que l'on s'inspirât, en pédagogie, des grandes lois psychologiques, qui gouvernent l'être sauvage aussi bien que l'être civilisé; ce n'est cependant que d'hier seulement qu'on applique systématiquement la psychologie à l'éducation. La géniale tentative de Herbart échoua pour deux raisons principales qu'a bien dégagées M. Claparède. Sa psychologie n'était pas celle de l'enfant , mais une psychologie générale, d'ailleurs imprécise et ne reposant pas sur l'expérience. H. Spencer a introduit l'idée d'évolution dans ce domaine; mais sans découvrir le moyen de dépasser, grâce à ce fil conducteur, J.-J. Rousseau, qui, lui, croyait à la création du monde dans sa forme définitive, tel qu'il se révèle actuellement à nos sens. Le premier, M. le docteur Le Bon a montré la valeur pédagogique d'un principe de psychologie générale, celui de la transformation de l'acte intelligent en instinct secondaire, ou du passage du conscient à l'inconscient. Nous essaierons, pour notre part, de dégager les principales applications possibles de la psychologie animale à la pédagogie.