SUITE DE LA CONVERSION DES JUIFS
On dirait qu’elles ont une espèce de sentiment de leur malheur, qui consiste à être obligées par la volonté divine, de servir l’homme coupable, et même de devenir,‘enlre ses mains, des instruments d’iniquité. Elles éprouvent les douleurs de l’enfantement ; car, de même que le travail de la réparation humaine se continué douloureusement depuis des milliers d’années, ainsi devons-nous croire qu’il en est de leur délivrance entière de la corruption, à laquelle elles furent autrefois assujéties. Mais à la fin de ce siècle, elles participeront à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.
Vient ensuite la prophétie qui annonce le complément de la réparation pour le corps et l’âme de l’homme. Et en effet, non seulement la matière, la machine de ce monde matériel soupire après l’abolition de son esclavage ; mais nous aussi qui possédons les prémices de l’Esprit, qui sommes régénérés, quant à l’âme, qui sommes restaurés en partie quant à l’intelligence et à la volonté, nous soupirons, ou du moins nous devons soupirer en nous mêmes et attendre le résultat de V adoption divine, la rédemption de nos corps, la restauration complète et absolue de notre nature qui, alors, reprendra sa perfection primitive. Ce qui nous prouve que tel est
DE l’aNTECHRIST-
le sens des paroles de saint Paul^ c’est la/phrase suivante où il dit, que nous ne sommes encore sauvés qu’en espérance; spe salvi facli sumus ; phrase qui ne peut signifier rien autre chose sinon que, actuellement, bien que nous puissions tous obtenir le salut éternel par les mérites de Jésus-Chist, mort pour nous, néanmoins nous ne sommes encore réparés que partiellement, notre rédemption totale ne devant arriver que plus tard, à une époque et par un événement qui doivent faire l’objet de notre espérance (1).
Le lecteur désire-t-il une autre preuve de cette future époque de sainteté? nous la trouvons en , ce verset de saint Marc, où le divin Maître dit à ses disciples, après sa descente du mont Thabor. « Elie, en effet, doit venir et il restaurera toutes choses d’abord. Mais, comme le Fils de l’homme, il sera en butte aux mépris et aux persécutions. Elias, ciim veneril, restituet omnia, » etc. (2). Il existe une analogie frappante entre ces paroles et celles de l’antique prophétie de Lamech, relativement à son fils Noé. Ce patriarche devait soulager, en le facilitant, le travail de l’homme, c’est-à-dire, assister au com-
(1) Soirées de Chaseron, tome II, p. 156 et 157;
(2) Evang. scion saint Marc, ch. ix, v. M.
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mencement de la Réhabilitation qui consistait dans une plus grande fertilité rendue à la terre par le déluge, au châtiment infligé aux impies par le terrible cataclysme, et à la rénovation sociale qui eut lieu à la sortie de l’arche.
Le prophète Elie, à la fin des temps actuels, restaurera tout, restituet omnia, c’est-àdire qu’il sera l’intrépide promoteur du perfectionnement chrétien de l’humanité, qui consistera en une plus parfaite application à l’homme, des fruits divins de la rédemption, comme il est permis de l’inférer de ces expressions de Noire- Seigneur, annonçant à ses Apôtres les événements des derniers jours : « Pour vous, levez alors vos têtes en haut, car votre rédemption est proche ; his fieri incipientibus, levate capita vesira-, quoniam appropinquat redemptio vcstra (1). » Elie souffrira; mais ses souffrances auront pour récompense immédiate, l’effusion d’un fleuve de bénédictions spirituelles et temporelles sur cette race humaine qu’il aura, au nom du vrai Rédempteur, courageusement conviée au salut par ses prédications et ses combats : plus heureux en cela que Noé, dont les charitables remontrances et les pieux exemples de soumission à
(1) Evatig. selon saint Luc, ch. xxi, v. 28.
Dieu, ne sèrvirent de rien à ses contemporainsendurcis.
Il se rencontre dans l’ancien Testament beaucoup de textes d’une force également probante relativement à la conversion de tous les peuples de la terre au vrai culte du Seigneur. Nous eu avons cité déjà quelques uns. Il serait trop long d'apporter ici tous les autres. Nous terminerons seulement par la prière prophétique, renfermée au chapitre trente-sixième de l’Ecclésiastique, qui les résume tous. Celte célèbre prophétie éclaircit et justifie tout ce que nous avons dit sur le retour des Juifs, et sur l’efficacité de leur zèle pour cette admirable conversion du monde, que chantaient d’avance leurs ancêtres dans le temple, en disant : « Les nations craindront votre nom, ô Séigneur! et tous les rois de la terre révéreront votre gloire ; timebunt gentes nomen tuum, Domine; et omnes reges terrœ gloriam tuam ( 1 ). » Et, d’ailleurs, comme elle est divisée en deux parties principales, celle qui a déjà été accomplie^ devient la preuve de celle dont nous attendons l’accomplissement.
En la récitant, nous nous unirons d’intention avec le saint prophète. Nous prierons comme
(1) Psaume ci, v. 16.