‹ De l'Antechrist, recherches et considérations sur sa personne, son règne, l'époque de son arrivée et les annonces qu'en font les événements actuelsChapitre 35 sur 66 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

IVous Hommes aetuellement vers la Un du sixième âge de l’Eglise.

La plupart des commentateurs de l’Ecriture sainte, 's’appuyant sur les prophéties qu’elle renferme, divisent l’histoire de l’Eglise en sept âges ou époques. Il suffira de citer ici ceux d’entre ces auteurs qui se sont principalement appliqués à l’explication des textes relatifs au sort futur de l’Eglise, comme Cornélius a Lapide, l’abbé de Lachétardie, les éditeurs de la Èible de Vence, le vénérable Holzhauser. Bien qu’ils diflFèrent sur le temps précis auquel ont élû commencer quelques-uns de ces âges, ils s’accordent néanmoins tous sur l’époque du quatrième e^du cinquième : ce qui est très-important pour nous aider à déterminer les commencements du sixième.

Le premier, âge commence à la naissance de Notre-Seigneur, et finit au martyre de saint Pierre et de saint Paul, sous l’empereur Néron.

Il est appelé eommunément l’âge de l’ensemencement, œtas seminativa; parce que c’est alors que fut semé l’admirable grain de sénevé dont . parle l’Evangile, que la vivifiante parole de Dieu fut prêchée au monde, que s’opéra la grande œuvre de la régénération humaine, que le Démon fut vaincu dans les idoles, que Jésus, le céleste vigneron, commença de planter sa vigne spirituelle, et qu’enfin l’Eglise catholique naquit et remplaça dans ses privilèges l’antfque synagogue.

Le second âge comprend le temps des dix ' grandes persécutions de l’Eglise. Il dura depuis l’élection de saint Lin au souverain pontificat jusqu’au martyre du pape saint Marcellin, vers la fin de la persécution de l’empereur Dioclétien. On l’appelle l’âge d’irrigation, œtas irrigativa; parce que ce fut alors que l’Eglise de Dieu, cette terre qui produit les âmes saintes, fut arrosée par le sang des martyrs, qu’elle reçut le don d’une fécondité merveilleuse, que la croix fut arborée de toute part, et que la sotpence de la doctrine divine, ayant fermenté et pris racine, s’accrut et se multiplia par tout l’univers.

Le troisième commence à l’exaltation de saint Sylvestre sur la chaire apostolique et finit sous

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FIN DU SIXIÈME AGE DE l’ÉGLISE

le pape Léon III, en l’année du couronnement de Charlemagne, comme empereur d’Occident. On le nomme l’âge de rilluminalion, œtas illuminativa; parce que c’est alors que, l’empereur Constantin s’étant converti au Christianisme, cette auguste religion répandit bientôt sa lumière sur tous les peuples ; que se firent dans de célèbres conciles l’explication et la proclamation des principaux dogmes de la foi cathobque, tels que ceux de la très-sainte Trinité, de la divinité de Jésus-Christ, des prérogatives de son humanité, de la maternité divine de Marie, de la procession du Saint-Esprit, des opérations de la grâce, etc. ; que, pour éclairer et, diriger sa chère Eglise, Dieu lui donna les docteurs les plus saints et les plus savants, tels que saint Ambroise, saint Augustin, saint Léon le Grand, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire le Grand, saint Basile, et plusieurs autres Pères grecs et latins.

Le quatrième comprend tout ce long intervalle qui va du rétablissement de l’empire d’Occident par Léon III et Charlemagne, jusqu’au pape' Léon X, vers le commencement du xvi® siècle. On le surnomme l’àge pacifique, œtas pacifica. C’est durant celte longue période de

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six ou sept siècles que l’Eglise jouit de la paix la plus profonde, et devint l’objet du respect de tous les peuples; que fleurirent plusieurs grands saints parmi les rois et les empereurs, les évêques et les papes, les prêtres et les laïques ; que les plus célèbres ordres religieux prirent naissance, que l’hérésie n’osa point lever la tête pendant un espace de plus de deux cents ans ; et que l’Eglise, profitant du repos qui lui était fait, bâtit les plus beaux temples, établit les plus augustes cérémonies, et s’embellit par l’effusion de la plus pure science théologique comme par la bonne odeur des plus éminentes vertus.

Le cinquième a commencé sous le pontificat de Léon X, vers l’an 1520, et a dû finir après les mauvais jours de la Révolution française, quand le pape Pie VII, de glorieuse mémoire, prit en main le gouvernail de l’Eglise, et Napoléon Bonaparte celui delà France vers 1800. On l’a nommé l’âge de l’épuration et delà pauvreté, œtas purgativa. C’est, en effet, dans cet âge que Notre-Seigneur s’est plu à éprouver et épurer l’Eglise catholique, qui est la mère de ses élus, par toutes sortes de calamités; par la défection d’un grand nombre de peuples qui se sont jetés dans l’hérésie de Luther et de Calvin, par une

FIN DD SIXIÈME AGE DE l’ÉGLISE

foule de guerres désastreuses, par la spoliation de , la plupart des biens ecclésiastiques, par la suppression violente des évêchés, par la décadence ou la destruction des monastères, les persécutions des princes hérétiques, les mépris et les affronts des gouvernements soi-disant catholiques, par l’affaiblissement de la foi, l’audace de l’impiété, les blasphèmes toujours croissants -contre Dieu et sa providence, contre Jésus-Christ €t ses saints.

Le sixième âge doit s’étendre depuis l’avénement de Pie Vil, le pontife saint, jusqu’à l’avénement de l’Antéchrist. On a cru pouvoir le nommer l’âge de consolation, œtas consolativa ; parce qu’alors Dieu consolera son Eglise des grandes tribulations qu’elle aura endurées pendant l’époque précédente. Beaucoup de préjugés contre elle tomberont ; le sacerdoce fleurira plus que jamais ; Dieu donnera de bons pasteurs aux peuples, une foule d’hérétiques reviendront à l’antique foi de leurs pères. Les Eglises parti culières s’attacheront plus fortement que jamais à l’Eglise romaine, leur mère et maîtresse; et l’Evangile sera prêché aux nations les plus loin; laines et jusqu’ici les plus enfoncées dans les ténèbres de la superstition et de l’idolâtrie.

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